Le modèle marocain

Par Saoudi El Amalki

Récemment, notre pays aura, sans doute, vécu un tournant décisif de son histoire, à plus d’un titre.

La présentation solennelle du nouveau modèle de développement, sous les yeux du Souverain et la présence de l’élite nationale, aura, à coup sûr, scellé une transition ridante, sans pour autant, faire fi carrément des acquis antérieurs.

A maintes reprises, on aura décrié haut et fort, les limites de la désormais défunte expérience qui s’engouffre, depuis déjà de longues années, dans l’impasse morbide. Au fait, en dépit de certaines satisfactions en matière des grands chantiers qui, sans conteste, ont émaillé l’évolution du pays, de fébriles indicateurs ont en revanche, tiré la société marocaine vers le bas, au point de fragiliser le mode de vie de toute une nation qui se veut moderniste et démocratique, à toutes épreuves. Il a donc fallu s’atteler à se frayer une issue salvatrice aux multiples affres dont les tentacules rétrogrades étouffent l’émergence escomptée.

L’entame de cet ambitieux labeur national s’est fait sienne d’emblée, une approche inclusive, à partir de l’échange des réflexions menées, à brides abattues, par les diverses constituantes du génie national. Malgré la propagation de la pandémie qui sévit dans le royaume, la concertation sereine se poursuivait sans relâche, en parallèle avec d’autres actions non sans acuité sur le parcours du pays, en particulier l’échéancier électoral et le cours des péripéties qu’a connues, entre temps, notre intégrité territoriale.

La mutation fut alors si profonde que le modèle se devrait de diagnostiquer avec beaucoup d’audace et doigté, les innombrables dysfonctionnements qui entravent tous les compartiments de la vie sociétale, notamment les questions sociales de fond, demeurés toujours en suspens, malgré les tentatives de saupoudrage et en proposer les panacées palliatives radicales.

Certes, au sein de ce document collégial dont la durée de consommation s’étalerait jusqu’à l’an 2035, l’intérêt s’est surtout focalisé sur le Social au sujet duquel l’élément humain trône au cœur de l’ébauche transitoire, au niveau de l’égalité des chances, de l’équité de la répartition des ressources, de la justice sociale et spatiale, de la mise en place des outils de contrôle et de suivi…Bref, tout ce dont souffrent les franges de la société les plus démunies.

Pour ce faire, il n’en reste pas moins vrai que le triomphe de ce challenge, baptisé « le pacte national », réside en la volonté d’aller de l’avant, en phase de concrétisation, par le fortification du piédestal de démocratie réelle, le relèvement du champ politique, l’élargissement des marges de libertés et l’abolition de toutes les formes abjectes de la dépravation.

C’est à ce jeux que le nouveau modèle de développement aura servi à la partie et aux populations pour un nouveau Maroc fort, digne et prospère !