{"id":7173,"date":"2017-06-02T16:07:34","date_gmt":"2017-06-02T16:07:34","guid":{"rendered":"http:\/\/ppsmaroc.com\/fr\/?p=7173"},"modified":"2017-06-02T16:07:34","modified_gmt":"2017-06-02T16:07:34","slug":"mouvement-social","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/pps.ma\/fr\/7173\/","title":{"rendered":"Mouvement social"},"content":{"rendered":"<p><span style=\"color: #3366ff;\">Mohammed Bakrim<\/span><\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-6920 alignleft\" src=\"http:\/\/ppsmaroc.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2016\/01\/Mohammed-Bakrim.jpg\" alt=\"\" width=\"279\" height=\"228\" srcset=\"https:\/\/pps.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2016\/01\/Mohammed-Bakrim.jpg 601w, https:\/\/pps.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2016\/01\/Mohammed-Bakrim-300x246.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 279px) 100vw, 279px\" \/>Dans son livre-somme, La soci\u00e9t\u00e9 contre l\u2019Etat\u00a0: mouvements sociaux et strat\u00e9gie de la rue au Maroc, Abderrahmane Rachik, universitaire, sp\u00e9cialiste notamment de la g\u00e9ographie\u00a0 urbaine, rapporte des statistiques \u00e9difiantes\u00a0: en 2005, les actions collectives des diff\u00e9rents mouvements sociaux dans l\u2019espace public se sont traduites en 700 protestation, soit une moyenne de deux sit-in par jour. Ce chiffre passe de 5000 actions en 2008 \u00e0 6438 en 2009 pour atteindre 8600 en 2010 et plus de 18000 en 2016, soit\u00a0 50 protestations collectives par jour. Sous le gouvernement men\u00e9 par le Pjd, le nombre de protestation a \u00e9t\u00e9 multipli\u00e9 par 26 en l\u2019espace de dix ans (2005-2015). Il rel\u00e8ve aussi que le mouvement de protestation touche de plus en plus des r\u00e9gions enclav\u00e9es, des petites villes, loin de l\u2019axe littoral Casablanca-Rabat. La mobilisation sociale atteint en effet de plus en plus des zones in\u00e9dites comme Bouarfa, Sidi-Ifni, Zagora, Tata, Driouich et&#8230;Al-Hoceima.<\/p>\n<p>Le paysage social demeure ainsi marqu\u00e9 par une recrudescence des mouvements de protestation allant de gr\u00e8ves au sit-in, occupation de l\u2019espace, manifestations, marches publiques avec l\u2019entr\u00e9e en lice d\u2019autres cat\u00e9gories sociales appartenant \u00e0 diff\u00e9rents secteurs, en dehors des travailleurs du secteur public qui avaient marqu\u00e9 le mouvement social du milieu des ann\u00e9es 1970 et 1980. Une situation qui concerne \u00e9galement le priv\u00e9 m\u00eame s\u2019il b\u00e9n\u00e9ficie de moins de visibilit\u00e9. Comment interpr\u00e9ter cette effervescence sociale? Dans quelle grille de lecture il faut l\u2019inscrire ? Quelles le\u00e7ons peut-on en tirer pour affermir davantage le progr\u00e8s du pays et son ancrage dans la d\u00e9mocratie politique et sociale ? Une certaine vision largement reprise par les m\u00e9dias sociaux inscrit le mouvement de protestation actuel \u00e0 a Hoceima dans une surench\u00e8re r\u00e9gionaliste. D\u2019autres poussent ce raisonnement jusqu\u2019\u00e0 y voir une man\u0153uvre de manipulation impliquant des int\u00e9r\u00eats locaux et internationaux..<\/p>\n<p>Qu\u2019on nous permette de nous situer en dehors de ce cynisme en vogue dans les officines qui se nourrissent du machiav\u00e9lisme et chez les professionnels du sensationnalisme facile. Nous sommes respectueux de ce mouvement social et nous le comprenons dans ses multiples dimensions\u00a0: sociale, \u00e9conomique, culturelle et symbolique Il nous interpelle en tant que citoyens et d\u00e9mocrates \u00a0et nous invite \u00e0 approfondir notre r\u00e9flexion et \u00e0 affiner nos propositions. Nous refusons d\u2019enfermer ce mouvement dans la simple man\u0153uvre politicienne ou dans la seule manifestation d\u2019un r\u00e9gionalisme hypertrophi\u00e9. <strong><u>Nous comprenons ce mouvement profond dans ce qu\u2019il nous envoie comme signes \u00e0 d\u00e9crypter \u00e0 la fois comme d\u00e9sespoir et comme espoir. Il nous permet de rappeler que cette dynamique que certains tentent d\u2019envenimer par des interpr\u00e9tations surann\u00e9es fait honneur au pays et rassure sur sa nouvelle image de marque : un pays sans un mouvement social est un pays scl\u00e9ros\u00e9.<\/u><\/strong> On imagine facilement que cela n\u2019est pas fortuit, il est le fruit d\u2019une intelligence politique qui a permis au syst\u00e8me d\u2019acc\u00e9der \u00e0 une s\u00e9r\u00e9nit\u00e9 qui lui permet non seulement de vivre la contestation mais de la g\u00e9n\u00e9rer et de la nourrir. Une effervescence sociale, c\u2019est la traduction de la maturit\u00e9 du syst\u00e8me politique qui en a fini avec la logique du complot o\u00f9 chaque gr\u00e8ve renvoyait \u00e0 un sch\u00e9ma de\u00a0 confrontation finale; non, aujourd\u2019hui la gr\u00e8ve sociale est une\u00a0 composante du paysage social avec ce qu\u2019elle suppose comme r\u00e9glementation et n\u00e9gociation.<\/p>\n<p>C\u2019est aussi un indicateur sur ce que signifie un \u00e9difice d\u00e9mocratique. Celui-ci ne se r\u00e9duit pas \u00e0 un simple\u00a0 jeu institutionnel entre partis politiques. La d\u00e9mocratie est une construction permanente ;\u00a0 elle ne s\u2019ach\u00e8ve pas avec le bulletin ins\u00e9r\u00e9 dans l\u2019urne ; elle continue avec l\u2019action des diff\u00e9rents acteurs sociaux et leur action multiforme. Le plus grand danger pour la d\u00e9mocratie est justement d\u2019installer une coupure entre le social et le politique. C\u2019est une occasion aujourd\u2019hui de souligner que le social est une locomotive pour le politique. Le mouvement social est le carburant de l\u2019action politique. Il lui permet \u00e9galement de s\u2019enrichir et de se renouveler en termes de ressourcement en id\u00e9es et en personnel. Le renouvellement de la classe politique est tributaire de son articulation avec le mouvement social. C\u2019est la premi\u00e8re le\u00e7on d\u2019Al-Hoceima.<\/p>\n<p>C\u2019est pour dire que la dynamique actuelle m\u00e9rite une plus grande attention. Pour les d\u00e9mocrates, c\u2019est un environnement naturel, c\u2019est leur \u00e9cosyst\u00e8me en quelque sorte. Il leur pose aussi des responsabilit\u00e9s. Ils doivent \u00eatre d\u00e9j\u00e0 au c\u0153ur de ce mouvement en tant que militants appartenant aux forces se r\u00e9clamant de ce mot d\u2019ordre f\u00e9d\u00e9rateur \u00ab\u00a0libert\u00e9, \u00e9galit\u00e9 et dignit\u00e9\u00a0\u00bb. Leurs responsabilit\u00e9s est de prolonger ce mouvement dans une r\u00e9flexion d\u2019ensemble pour lui assurer les conditions de la pleine r\u00e9ussite. Pour le prot\u00e9ger aussi. Il y a en effet un grand risque. Tout mouvement social ouvert se trouve face \u00e0 de multiples d\u00e9rives : populiste et bureaucratique, notamment. L\u2019une use de la surench\u00e8re, l\u2019autre de la r\u00e9cup\u00e9ration. Toute l\u2019histoire r\u00e9cente du mouvement social international est marqu\u00e9e par ces deux tendances. Ils ne sont pas une fatalit\u00e9 si les principaux concern\u00e9s redoublent de vigilance et font preuve de lucidit\u00e9 en donnant \u00e0 leur col\u00e8re sociale une dimension politique en s\u2019engageant d\u2019une mani\u00e8re organis\u00e9e et permanente aux c\u00f4t\u00e9s de ceux qui sont en mesure d\u2019orienter efficacement l\u2019avenir de la soci\u00e9t\u00e9 pour entamer ensemble des r\u00e9flexions et \u00e9laborer des propositions inventives sur des questions que la manipulation m\u00e9diatique et politicienne occulte.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Mohammed Bakrim Dans son livre-somme, La soci\u00e9t\u00e9 contre l\u2019Etat\u00a0: mouvements sociaux et strat\u00e9gie de la rue au Maroc, Abderrahmane Rachik, universitaire, sp\u00e9cialiste notamment de la g\u00e9ographie\u00a0 urbaine, rapporte des statistiques \u00e9difiantes\u00a0: en 2005, les actions collectives des diff\u00e9rents mouvements sociaux dans l\u2019espace public se sont traduites en 700 protestation, soit une moyenne de deux sit-in [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":6920,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[18],"tags":[],"class_list":["post-7173","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-point-de-vue"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/pps.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7173","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/pps.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/pps.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/pps.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/pps.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=7173"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/pps.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7173\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":7174,"href":"https:\/\/pps.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7173\/revisions\/7174"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/pps.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/6920"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/pps.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=7173"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/pps.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=7173"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/pps.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=7173"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}