{"id":8330,"date":"2020-11-03T22:57:12","date_gmt":"2020-11-03T22:57:12","guid":{"rendered":"http:\/\/ppsmaroc.com\/fr\/?p=8330"},"modified":"2020-11-03T22:57:13","modified_gmt":"2020-11-03T22:57:13","slug":"le-projet-de-loi-de-finances-2021-la-magie-des-chiffres","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/pps.ma\/fr\/8330\/","title":{"rendered":"Le  Projet de loi de finances 2021 : la magie des chiffres"},"content":{"rendered":"\n<p id=\"E47\"><strong><span class=\"has-inline-color has-vivid-cyan-blue-color\">Par Abdeslam Seddiki<\/span><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p id=\"E49\">Le PLF 2021 est en discussion au sein de la Commission des Finances avant son examen en pl\u00e9ni\u00e8re. C\u2019est le projet de loi qui suscite le plus d\u2019int\u00e9r\u00eat et de d\u00e9bat. C\u2019est \u00e0 travers la loi de finances que le gouvernement affiche ses intentions et d\u00e9cide de ce qu\u2019il compte faire au cours de l\u2019ann\u00e9e budg\u00e9taire, voire au-del\u00e0 si on tient compte de la programmation triennale. Ce d\u00e9bat ne doit pas se limiter entre les parlementaires et le gouvernement ou entre parlementaires de la majorit\u00e9 et ceux de l\u2019opposition. Il gagnerait \u00e0 \u00eatre ouvert aux diff\u00e9rents participants en dehors de l\u2019enceinte parlementaire tant il est vrai que les questions soulev\u00e9es int\u00e9ressent notre v\u00e9cu quotidien. Certes, il faut \u00eatre un tant soit peu avis\u00e9 pour p\u00e9n\u00e9trer dans les d\u00e9dales des techniques fiscales et budg\u00e9taires, outill\u00e9 pour proc\u00e9der au questionnement des donn\u00e9es, \u00e0 leur interpr\u00e9tation, \u00e0 les faire parler en leur donnant un contenu concret. C\u2019est dans cet esprit que nous abordons dans le pr\u00e9sent article deux probl\u00e9matiques qui nous paraissent fondamentales \u00e0 savoir l\u2019investissement public et les postes budg\u00e9taires.<\/p>\n\n\n\n<p id=\"E78\">Concernant l\u2019investissement public, au sens large, il est estim\u00e9 \u00e0 un niveau jamais atteint auparavant \u00e0 savoir 230 MM DH, ce qui repr\u00e9sente 20% du PIB. Cet investissement est ventil\u00e9 comme suit&nbsp;: 85,1 MM DH proviennent du BGE et des CST, 45 MM DH du Fonds Mohamed VI pour l\u2019investissement, 81,1 des EEP et 18 MM DH des collectivit\u00e9s territoriales. Ces chiffres, pris dans l\u2019absolu et tels qu\u2019ils sont pr\u00e9sent\u00e9s, ne peuvent que susciter de l\u2019admiration. Qui oserait contester le fait que l\u2019Etat r\u00e9alise un tel effort d\u2019investissement qui \u00e9quivaudrait pratiquement le double de l\u2019investissement priv\u00e9 sachant que la moyenne de l\u2019investissement global (FBCF) oscille autour de 32%&nbsp;? Seuls les nostalgiques du lib\u00e9ralisme pur et dur crieraient au scandale&nbsp;!! Mais quand on analyse de pr\u00e8s les chiffres en les d\u00e9cortiquant, ils se r\u00e9duiraient \u00e0 des proportions plus mod\u00e9r\u00e9es. Tout d\u2019abord, il s\u2019agit de pr\u00e9visions, et comme telles, elles restent tributaires des incertitudes et des al\u00e9as. Les d\u00e9penses d\u00e9pendent des recettes g\u00e9n\u00e9r\u00e9es \u00e9t\u00e9 mobilis\u00e9es et celles-ci d\u00e9pendent \u00e0 leur tour d\u2019une s\u00e9rie de variable \u00e0 la fois endog\u00e8nes et exog\u00e8nes. Or, quand on sait qu\u2019en p\u00e9riode normale, le taux de r\u00e9alisation des investissements projet\u00e9s d\u00e9passe rarement 60%, que dire d\u2019une ann\u00e9e pleine d\u2019incertitudes et ouverte sur toutes les \u00e9ventualit\u00e9s. Sur cette base, et sans jouer \u00e0 Madame Soleil, l\u2019investissement public ne d\u00e9passerait pas 140 MM DH, soit \u00e0 peine 13% du PIB. Ensuite, m\u00eame en nous inscrivant dans une hypoth\u00e8se optimiste en retenant un taux de r\u00e9alisation le plus \u00e9lev\u00e9 qui soit, il faut observer que l\u2019ann\u00e9e 2021 est une ann\u00e9e de rattrapage des retards enregistr\u00e9s au cours de l\u2019ann\u00e9e 2020. L\u2019on sait en effet que la crise sanitaire et le confinement qui s\u2019en est suivi ont mis pratiquement \u00e0 l\u2019arr\u00eat une s\u00e9rie de chantiers publics. On devrait s\u2019attendre pour l\u2019ann\u00e9e en cours \u00e0 des r\u00e9sultats tr\u00e8s modestes notamment pour les EEP et les collectivit\u00e9s territoriales. Par ailleurs, en mettant de c\u00f4t\u00e9 le<\/p>\n\n\n\n<p>Fonds Mohamed VI pour l\u2019investissement, l\u2019investissement public se ram\u00e8nerait \u00e0 185 MM DH, soit un niveau proche de celui de 2020 (182 MM) et inf\u00e9rieur \u00e0 celui de 2019 (195 MM). A noter \u00e9galement que les d\u00e9penses d\u2019investissement inscrites au BGE, de l\u2019ordre de77,2 MM DH comportent 28,3 MM de charges communes dont une partie est transf\u00e9r\u00e9e au secteur priv\u00e9. De tels transferts ne feraient-ils pas l\u2019objet d\u2019un double comptage&nbsp;? La question m\u00e9rite d\u2019\u00eatre pos\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p id=\"E151\">Les m\u00eames interrogations surgissent en analysant les postes budg\u00e9taires et l\u2019\u00e9volution des fonctionnaires civiles. En effet, le document sur les ressources humaines accompagnant le PLF nous donne des indications qu\u2019il convient de passer au peigne fin. Ainsi, entre 2010 et 2020, on assiste \u00e0 une baisse du nombre de fonctionnaires par rapport \u00e0 la population totale. Alors que la population totale a enregistr\u00e9 au cours de cette p\u00e9riode d\u00e9cennale une augmentation de 1,11 %, l\u2019effectif budg\u00e9taire ne s\u2019est accru en moyenne annuelle que de 0,14 % \u00e0 peine, totalisant 251616 postes budg\u00e9taires. Il en d\u00e9coule que le nombre de fonctionnaires civils est pass\u00e9 de 560500 en 2010, soit 1,74 pour 100 habitants \u00e0 568150 en 2020, soit 1,58 pour 100 habitants. Cette d\u00e9t\u00e9rioration du niveau d\u2019encadrement de la population n\u2019\u00e9pargne aucun secteur et aucune administration, sans compter la r\u00e9partition in\u00e9gale des fonctionnaires par r\u00e9gion. Par cons\u00e9quent, il n\u2019y a pas lieu de se targuer des efforts accomplis en mati\u00e8re de postes budg\u00e9taires, d\u2019autant plus que les d\u00e9parts \u00e0 la retraite repr\u00e9sentent en moyenne plus de 70 % des nouveaux recrutements. La qualit\u00e9 du service public en a beaucoup p\u00e2ti aussi bien au niveau de la s\u00e9curit\u00e9, que de l\u2019\u00e9ducation et de la sant\u00e9. Il n\u2019y a pratiquement pas un seul secteur qui ne souffre d\u2019un manque de personnel. D\u2019ailleurs, un simple benchmarking avec certains pays nous montre l\u2019ampleur de ce d\u00e9ficit en ressources humaines. Si le Maroc, comme on l\u2019a vu, compte 1,58 fonctionnaires pour 100 habitants, l\u2019Alg\u00e9rie en compte 5, la Tunisie 5,8 et la France, plus de 8\u2026C\u2019est dire tout l\u2019effort qui reste \u00e0 faire au lieu de rester prisonnier du dogme de la \u00ab&nbsp;masse salariale&nbsp;\u00bb. Il ne faut surtout pas chercher les probl\u00e8mes l\u00e0 o\u00f9 ils n\u2019existent pas. En proc\u00e9dant au d\u00e9graissage aveugle de la fonction publique, on prive le pays de moyens n\u00e9cessaires pour d\u00e9velopper les secteurs vitaux comme l\u2019\u00e9ducation et la sant\u00e9 qui sont, faut-il le rappeler, sources de productivit\u00e9 et de cr\u00e9ation de richesse. A vrai dire, notre probl\u00e8me c\u2019est celui de la croissance et non de la pl\u00e9thore des fonctionnaires comme on cherche \u00e0 l\u2019accr\u00e9diter. Il est temps de briser ce cercle vicieux tout en proc\u00e9dant, en parall\u00e8le, \u00e0 une r\u00e9forme de fond de la fonction publique.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Par Abdeslam Seddiki Le PLF 2021 est en discussion au sein de la Commission des Finances avant son examen en pl\u00e9ni\u00e8re. C\u2019est le projet de loi qui suscite le plus d\u2019int\u00e9r\u00eat et de d\u00e9bat. 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