{"id":9299,"date":"2023-11-16T16:11:00","date_gmt":"2023-11-16T16:11:00","guid":{"rendered":"https:\/\/pps.ma\/fr\/?p=9299"},"modified":"2023-11-16T16:11:00","modified_gmt":"2023-11-16T16:11:00","slug":"le-plf-2024-consacre-linflation-et-affaiblit-davantage-le-pouvoir-dachat-du-citoyen","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/pps.ma\/fr\/9299\/","title":{"rendered":"Le PLF 2024 consacre l\u2019inflation et affaiblit davantage le pouvoir d\u2019achat du citoyen"},"content":{"rendered":"<p>Un constat sans \u00e9quivoque des experts \u00e0 l\u2019occasion d\u2019un d\u00e9bat organis\u00e9 par le CERAB<\/p>\n<p>\u00ab L\u2019inflation et le Pouvoir d\u2019achat du citoyen \u00bb, tel a \u00e9t\u00e9 le th\u00e8me de la rencontre organis\u00e9e, lundi, au si\u00e8ge national du Parti du Progr\u00e8s et du Socialisme \u00e0 Rabat, par le Centre d\u2019Etudes et de recherches Aziz Belal (CERAD) au cours de laquelle les participants ont d\u00e9battu des r\u00f4les et missions respectifs de Bank Al Maghrib et du gouvernement dans la lutte contre la tendance inflationniste et les ravages qu\u2019elle engendre aux plans \u00e9conomique et social.<\/p>\n<p>D\u00e8s l\u2019ouverture de cette table ronde, \u00e0 laquelle ont pris part de nombreux \u00e9conomistes et experts ainsi que le secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral du PPS, Nabil Benabdallah, le pr\u00e9sident du CERAB, Mohamed Chiker, en sa qualit\u00e9 de mod\u00e9rateur de la rencontre, a donn\u00e9 le ton \u00e0 ce d\u00e9bat en rappelant la conjoncture actuelle marqu\u00e9e par un rench\u00e9rissement des prix qui n\u2019est pas sans impacter gravement le pouvoir d\u2019achat des Marocains. Pour lui, \u00ab m\u00eame le projet de la loi de finance 2024 consacre l\u2019inflation \u00bb.<\/p>\n<p>Le PLF 2024 consacre l\u2019inflation<\/p>\n<p>\u00ab C\u2019est un projet de la cons\u00e9cration de l\u2019inflation \u00bb, a martel\u00e9 M. Chiker, soulignant que le PLF pr\u00e9voit dans sa version initiale \u00ab une augmentation annuelle du prix de de la bonbonne de gaz, des taux de la TVA relative \u00e0 l\u2019eau et \u00e0 \u00e9lectricit\u00e9 \u00bb alors qu\u2019au niveau \u00e9conomique aucune v\u00e9ritable r\u00e9forme n\u2019est pr\u00e9vue.<\/p>\n<p>Plus grave, \u00ab lorsqu\u2019on parle de la r\u00e9forme de la caisse de compensation, par exemple, il s\u2019agit en r\u00e9alit\u00e9 du d\u00e9mant\u00e8lement de cet instrument \u00bb, a-t-il estim\u00e9 avant de passer la parole \u00e0 Abdelouahed El Jay, membre du bureau ex\u00e9cutif de la CERAD, ancien haut cadre de Bank Al Maghrib et professeur universitaire.<\/p>\n<p>Dans son expos\u00e9 introductif, M. El Jay, qui a centr\u00e9 son intervention sur les pr\u00e9rogatives de la banque centrale marocaine et son statut de r\u00e9gulateur ind\u00e9pendant, a rappel\u00e9 que l\u2019inflation a refait son apparition au Maroc apr\u00e8s 25 ann\u00e9es de stabilit\u00e9 des prix. \u00ab Depuis le milieu des ann\u00e9es 90, gr\u00e2ce \u00e0 Bank Al Maghrib, le niveau d\u2019inflation \u00e9tait ma\u00eetris\u00e9 autour de 2% en moyenne avec de rares pics au-del\u00e0 de 3% \u00bb, a-t-il encha\u00een\u00e9.<\/p>\n<p>Et d\u2019ajouter que lors de la crise sanitaire de covid19, et \u00ab par crainte d\u2019une d\u00e9flation \u00bb, la banque centrale marocaine avait m\u00eame pris des mesures en abaissant le taux directeur jusqu\u2019\u00e0 1,5 et en lib\u00e9rant les quelques points de la r\u00e9serve mon\u00e9taire obligatoire \u00bb. Il a \u00e9galement pr\u00e9cis\u00e9 que c\u2019est \u00e0 partir de l\u2019ann\u00e9e 20021, ann\u00e9e de la reprise, qu\u2019on a rattrap\u00e9 la r\u00e9cession que l\u2019\u00e9conomie marocaine avait subie en compensant la d\u00e9croissance de 7% par une croissance du m\u00eame niveau (+7% \u00e0 peu pr\u00e8s) avant que n\u2019\u00e9clate la guerre russo-ukrainienne, vers la fin du premier trimestre de 2022, conflit qui a provoqu\u00e9 sur les march\u00e9s internationaux le rench\u00e9rissement de certaines denr\u00e9es indispensables et strat\u00e9giques comme l\u2019\u00e9nergie et les c\u00e9r\u00e9ales.<\/p>\n<p>Cette situation a entrain\u00e9 la flamb\u00e9e des prix de plusieurs produits, et par ricochet des secteurs importants comme les transports ce qui a provoqu\u00e9 un mouvement inflationniste au niveau mondial et, naturellement, le Maroc n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 \u00e9pargn\u00e9, selon lui.<\/p>\n<p>Dans ce contexte, a poursuivi M. El Jay, certaines banques centrales, \u00e0 savoir la FED (R\u00e9serve f\u00e9d\u00e9rale des Etats Unis) et la BCE (Banque centrale europ\u00e9enne), qui sont des r\u00e9f\u00e9rences pour le Maroc, ont r\u00e9agi rapidement d\u00e8s les premiers mois de l\u2019inflation, en recourant \u00e0 la m\u00e9thode classique de r\u00e9hausser les taux directeurs pour lutter contre l\u2019inflation alors que la banque centrale marocaine a maintenu le statu quo, le taux directeur \u00e9tant rest\u00e9 \u00e0 1,5%, alors que de nombreux observateurs ont reproch\u00e9 \u00e0 Bank Al Maghrib de ne pas avoir suivi la tendance internationale. Il faut dire que par crainte de rompre l\u2019\u00e9lan de la reprise par une politique mon\u00e9taire restrictive, la banque centrale marocaine avait jug\u00e9 qu\u2019il faudrait voir si la tendance allait persister, s\u2019aggraver ou, peut-\u00eatre, s\u2019att\u00e9nuer avec un probable arr\u00eat des hostilit\u00e9s entre la Russie et l\u2019Ukraine.<\/p>\n<p>Cependant, a relev\u00e9 l\u2019ancien haut cadre de Bank Al Maghrib, durant l\u2019\u00e9t\u00e9 2022, l\u2019inflation s\u2019est aggrav\u00e9e ce qui a fait que la banque centrale a pris l\u2019initiative en septembre d\u2019augmenter, elle aussi, son taux directeur, de 0,5% en faisant passer ainsi le taux directeur de 1,5% \u00e0 2%, avant qu\u2019il ne d\u00e9cide d\u2019augmenter de nouveau ce taux en constatant que la tendance inflationniste s\u2019est poursuivie et s\u2019est accentu\u00e9e, en d\u00e9cembre, en y ajoutant un demi-point. Mais, l\u2019inflation s\u2019est encore acc\u00e9l\u00e9r\u00e9e et est devenue, en janvier et pour la premi\u00e8re fois, \u00e0 deux chiffres, en s\u2019\u00e9tablissant \u00e0 plus de 10% ce qui a amen\u00e9 la banque centrale \u00e0 revoir encore le taux \u00e0 la hausse, en mars 2022, d\u2019un demi-point. Le taux directeur a ainsi doubl\u00e9 apr\u00e8s ces trois augmentations successives.<\/p>\n<p>Selon lui, l\u2019inflation a diminu\u00e9 d\u2019intensit\u00e9 au Maroc, en ce sens qu\u2019\u00e0 partir des mois d\u2019avril et de mai, elle s\u2019est d\u00e9c\u00e9l\u00e9r\u00e9e en revenant \u00e0 un niveau de 8% environ. La Banque centrale s\u2019est ainsi, en juin 2023, abstenue de persister dans les augmentations du taux directeur comme ses homologues de la FED et de la BCE. Ces derni\u00e8res avaient continu\u00e9 le mouvement \u00e0 la hausse, 5% pour la FED et 4,5% environ pour la BCE. Pour le Maroc, on est pass\u00e9 de 1,5% \u00e0 3%, soit le taux directeur qui \u00e9tait en vigueur juste avant la crise sanitaire.<\/p>\n<p>Pourquoi tant d\u2019h\u00e9sitations de Bank Al Maghrib \u00e0 augmenter le taux directeur de mani\u00e8re significative ?<\/p>\n<p>Au d\u00e9part, la banque avait jug\u00e9 que l\u2019inflation \u00e9tait le r\u00e9sultat d\u2019une cause exog\u00e8ne, c\u2019est -\u00e0 -dire une inflation import\u00e9e ne n\u00e9cessitant pas une r\u00e9ponse de politique mon\u00e9taire classique, a expliqu\u00e9 M. El Jay, ajoutant que cette analyse, qui \u00e9tait vraie au d\u00e9part, s\u2019est, par la suite, un peu dissip\u00e9e, la cause de l\u2019inflation n\u2019\u00e9tant plus une cause fondamentalement externe.<\/p>\n<p>\u00ab C\u2019\u00e9tait devenu une inflation domestique par effet de contagion, car m\u00eame les produits non \u00e9changeables ont \u00e9t\u00e9 touch\u00e9s \u00e0 cause du transport, de la flamb\u00e9e des prix de certaines mati\u00e8res premi\u00e8res, en plus de la s\u00e9cheresse et de l\u2019exportation d\u2019un certain nombre de denr\u00e9es alimentaires, exportations qui avaient d\u00e9s\u00e9quilibr\u00e9 le march\u00e9, l\u2019offre \u00e9tant devenue insuffisante par rapport \u00e0 une demande qui \u00e9tait rest\u00e9e quasiment la m\u00eame \u00bb, a-t-il soulign\u00e9.<\/p>\n<p>Il a, en outre, rappel\u00e9 que le gouvernement avait essay\u00e9 de suspendre l\u2019exportation de certaines denr\u00e9es alimentaires, comme la tomate et les pommes de terre, et soutenu certains secteurs et produits, dont l\u2019\u00e9lectricit\u00e9 et les transporteurs \u00e0 qui des subventions ont \u00e9t\u00e9 accord\u00e9es. Ce qui a permis, \u00ab plus au moins, de passer cette \u00e9tape sans trop de revendications \u00bb.<\/p>\n<p>\u00ab Finalement, on a pu d\u00e9passer ce probl\u00e8me, pas enti\u00e8rement, puisqu\u2019\u00e0 partir du mois d\u2019avril 2023, apr\u00e8s le pic de f\u00e9vrier, d\u2019un taux d\u2019inflation \u00e0 deux chiffres, on est revenu \u00e0 un niveau d\u2019inflation plus acceptable \u00bb, le dernier chiffre d\u2019inflation, de septembre dernier, s\u2019\u00e9tant \u00e9tabli \u00e0 4,9% environ par rapport au m\u00eame mois de l\u2019ann\u00e9e pr\u00e9c\u00e9dente.<\/p>\n<p>Relevant que depuis f\u00e9vrier le taux d\u2019inflation a \u00e9t\u00e9 divis\u00e9 par deux, passant de plus de 10% \u00e0 moins de 5%, M. El Jay a estim\u00e9 que la promesse de revenir \u00e0 un taux d\u2019inflation de l\u2019ordre de 3% en 2024 serait plausible, sauf en cas de nouvelles impr\u00e9vues comme des tensions au niveau international et une flamb\u00e9e des prix des biens et des mati\u00e8res premi\u00e8res sur le march\u00e9 mondial.<\/p>\n<p>Pour lui, \u00ab si la tendance est \u00e0 l\u2019apaisement et si tout va bien au niveau international, il est possible de tabler sur un retour \u00e0 la normalit\u00e9 de 3 ou 4% au d\u00e9but de l\u2019ann\u00e9e 2024 et aller \u00e0 une moyenne annuelle de 2,5 \u00e0 3% \u00bb.<\/p>\n<p>Le recours \u00e0 la hausse du taux directeur \u00e9tait-il ad\u00e9quat ?<\/p>\n<p>Selon M. El Jay, certains pensent qu\u2019il ne fallait pas recourir \u00e0 l\u2019augmentation du taux directeur, puisqu\u2019il ne s\u2019agissait pas d\u2019une inflation d\u2019ordre mon\u00e9taire. En ce sens que l\u2019augmentation de ce taux est de nature \u00e0 entra\u00eener l\u2019augmentation des taux des cr\u00e9dits et impacter n\u00e9gativement la demande \u00e9manant des m\u00e9nages en termes de demandes de logements et de consommation, car les taux d\u2019int\u00e9r\u00eat vont subir \u00e0 leur tour une augmentation et donc se traduire par une diminution de l\u2019\u00e9lan de la reprise par la demande, mais aussi par l\u2019offre puisque les entreprises auront, elles aussi, un co\u00fbt d\u2019exploitation plus important et, par cons\u00e9quent, elles vont diminuer leur offre, ce qui sera probl\u00e9matique pour la croissance.<\/p>\n<p>\u00ab C\u2019est une analyse, qui vaut ce qu\u2019elle vaut, mais il faut signaler que la banque centrale, m\u00eame si elle a augment\u00e9 ses taux, n\u2019a pas diminu\u00e9 les quantit\u00e9s livr\u00e9es au march\u00e9 bancaire. C\u2019est \u00e0 dire que le refinancement qui \u00e9tait le sien en faveur des banques n\u2019a pas diminu\u00e9 d\u2019un iota, donc le montant des liquidit\u00e9s mises \u00e0 la disposition des banques est rest\u00e9 le m\u00eame, sinon il a m\u00eame augment\u00e9. Elle a m\u00eame adopt\u00e9 au d\u00e9but de l\u2019ann\u00e9e 2023 des mesures en vue de faciliter aux banques le renouvellement des bons du tr\u00e9sor \u00bb, a-t-il poursuivi. Et de souligner qu\u2019il y a une autre analyse, selon laquelle, les taux d\u2019int\u00e9r\u00eat ne constituent pas un des premiers crit\u00e8res importants de d\u00e9cision pour les investisseurs. De plus, il faut savoir que la transmission, les canaux de transmission et les d\u00e9lais de transmission de la politique mon\u00e9taire sont plut\u00f4t lents et n\u2019ont un plein effet qu\u2019au bout de 12 \u00e0 18 mois environ. Et c\u2019est encore plus lent au Maroc, car \u00ab nous avons une caract\u00e9ristique c\u2019est que le patrimoine des m\u00e9nages, par exemple, est domin\u00e9 par les d\u00e9p\u00f4ts \u00e0 vue qui ne sont pas r\u00e9mun\u00e9r\u00e9s et ne sont pas ainsi li\u00e9s aux taux d\u2019int\u00e9r\u00eat et ne pouvaient donc pas compter sur cette politique mon\u00e9taire pour stabiliser les prix \u00bb.<\/p>\n<p>La question de la mission de Bank Al Maghrib et son statut continuent d\u2019alimenter les d\u00e9bats, \u00e0 savoir si les l\u00e9gislateurs pouvaient changer son statut, qui a consacr\u00e9, en 2006, son ind\u00e9pendance en s\u2019inspirant du mod\u00e8le de la BCE, et non pas de la FED, avec l\u2019objectif unique de mener une politique mon\u00e9taire en vue de veiller \u00e0 la stabilit\u00e9 des prix.<\/p>\n<p>La question, qui se pose, concerne l\u2019ind\u00e9pendance de l\u2019institution et si elle ne devrait pas \u00eatre responsable devant le gouvernement ou le parlement. D\u2019ailleurs, selon lui, personne ne comprend pourquoi la banque centrale \u00e9chappe au contr\u00f4le d\u00e9mocratique par le gouvernement ou les repr\u00e9sentants de la Nation.<\/p>\n<p>SUITE<\/p>\n<p>Est-il possible de neutraliser ou de limiter l\u2019impact de l\u2019inflation ?<\/p>\n<p>Relan\u00e7ant le d\u00e9bat, le pr\u00e9sident du CERAB, s\u2019est interrog\u00e9 s\u2019il \u00e9tait possible de neutraliser ou du moins limiter l\u2019impact de l\u2019inflation ? Car le ph\u00e9nom\u00e8ne a commenc\u00e9, en premier lieu, par la hausse des prix des carburants que l\u2019on disait due au march\u00e9 international.<\/p>\n<p>Pour rappel, a-t-il encha\u00een\u00e9, jusqu\u2019au gouvernement Benkirane les carburants \u00e9taient encadr\u00e9s par le r\u00e9gime de compensation. La question qui se pose est de savoir si le gouvernement Benkirane en d\u00e9cidant de lever la main sur les carburants avait anticip\u00e9 ce qui pourrait survenir dans le futur. La r\u00e9ponse serait dans une mesure positive parce qu\u2019\u00e0 cette \u00e9poque aussi le gouvernement avait d\u00e9cid\u00e9 de r\u00e9server une certaine somme pour les carburants au cas o\u00f9 les prix venaient \u00e0 d\u00e9passer les 100 dollars le baril. Un m\u00e9canisme qui n\u2019a pas \u00e9t\u00e9, \u00e0 ce jour, mis en \u0153uvre.<\/p>\n<p>Et de se tourner vers M. Benabdallah, en sa qualit\u00e9 d\u2019ancien membre du gouvernement de Benkirane pour savoir comment l\u2019ex\u00e9cutif avait pris cette d\u00e9cision, sachant que les islamistes sont des \u00ab lib\u00e9raux radicaux \u00bb pour qui la soci\u00e9t\u00e9 comprend uniquement, d\u2019un c\u00f4t\u00e9, les pauvres et, de l\u2019autre, les riches alors que dans leur pens\u00e9e les classes moyennes n\u2019existent pas d\u2019autant que, selon la m\u00eame logique id\u00e9ologique, Benkirane avait appel\u00e9 \u00e0 la v\u00e9rit\u00e9 des prix.<\/p>\n<p>Nabil Benabdallah : le PPS tenait \u00e0 pr\u00e9server les orientations d\u00e9mocratiques et sociales<\/p>\n<p>En r\u00e9ponse, M. Benabdallah a indiqu\u00e9 qu\u2019il y avait un d\u00e9bat \u00e0 ce sujet au sein du gouvernement, relevant, par ailleurs, que le courant lib\u00e9ral \u00e9tait dominant au sein du PJD en ce qui concerne les questions \u00e9conomiques.<\/p>\n<p>Le chef du gouvernement \u00e0 l\u2019\u00e9poque allait dans le sens de plus de lib\u00e9ralisation mais, au m\u00eame moment, il tenait compte des questions sociales et des effets de toute politique publique sur les larges couches populaires, y compris les classes moyennes, et il tenait aussi compte du fait qu\u2019il n\u2019\u00e9tait pas seul au gouvernement, a soulign\u00e9 le secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral du PPS.<\/p>\n<p>\u00ab Nous avons jou\u00e9 un r\u00f4le. Nous tenions \u00e0 la pr\u00e9servation des orientations d\u00e9mocratiques et sociales. Il y a eu ce d\u00e9bat autour du r\u00e9gime de compensation, dont la question de la r\u00e9forme \u00e9tait pos\u00e9e depuis des ann\u00e9es, depuis au moins le gouvernement de feu Abderrahmane El Youssoufi en passant par celui de Driss Jettou mais sans que la r\u00e9forme ait pu avoir lieu \u00bb.<\/p>\n<p>Le chef de l\u2019ex\u00e9cutif de l\u2019\u00e9poque, vu la force \u00e9lectorale de son parti, estimait qu\u2019il pouvait revoir le r\u00e9gime de compensation sur la base de la lib\u00e9ralisation, \u00ab mais nous avions une discussion forte avec lui, en lui signifiant qu\u2019il \u00e9tait hors de question de proc\u00e9der \u00e0 la lib\u00e9ralisation sans garantir certaines conditions. C\u2019est-\u00e0-dire qu\u2019il ne pouvait \u00eatre question d\u2019aller vers une lib\u00e9ralisation absolue. Car cela conduirait \u00e0 une v\u00e9ritable catastrophe. Deuxi\u00e8me condition, qu\u2019il y ait un m\u00e9canisme de contr\u00f4le des prix d\u2019o\u00f9 l\u2019adoption d\u2019une loi \u00e0 ce sujet et dont l\u2019article 2 permet au gouvernement d\u2019intervenir \u00e0 travers le plafonnement conjoncturel pour une dur\u00e9e renouvelable de 6 mois. Puis enfin, ce qui est important pour nous, et comme le d\u00e9fendait avec nous feu Mohamed El Ouafa, en tant que ministre des affaires g\u00e9n\u00e9rales, c\u2019est qu\u2019une telle r\u00e9forme ne pouvait pas r\u00e9ussir sans la mise en place de l\u2019aide directe \u00bb.<\/p>\n<p>Concernant la question de l\u2019aide directe, \u00ab je peux vous assurer que celui qui la soutient aujourd\u2019hui, au niveau du gouvernement, c\u2019est celui qui s\u2019y opposait fortement \u00e0 l\u2019\u00e9poque pour des raisons non politiques mais politiciennes, \u00e0 savoir que l\u2019ex\u00e9cutif en place ne devait pas se pr\u00e9valoir d\u2019avoir r\u00e9alis\u00e9 un acquis social important \u00bb, a soulign\u00e9 M. Benabdallah.<\/p>\n<p>Selon lui, \u00ab il y avait aussi des confrontations avec une tierce partie, concern\u00e9e directement par cette question et pr\u00e9sente au gouvernement, et qui se pr\u00e9occupait de l\u2019am\u00e9lioration des profits sur le march\u00e9 des carburants. Malheureusement les choses ont \u00e9volu\u00e9 de mani\u00e8re plus favorable \u00e0 cette tierce partie. De plus, la loi sur le contr\u00f4le des prix n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 mise en \u0153uvre durant toute cette p\u00e9riode marqu\u00e9e par l\u2019inflation \u00bb.<\/p>\n<p>Pour le secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral du PPS, il n\u2019y a pas seulement la responsabilit\u00e9 de Bank Al Maghrib, il y a aussi celle du gouvernement qui est aussi importante en ce qui concerne le contr\u00f4le des prix. Et de relever que le gouvernement actuel n\u2019a pas interagi face \u00e0 la flamb\u00e9e des prix, except\u00e9e la derni\u00e8re mesure relative \u00e0 l\u2019aide directe.<\/p>\n<p>Quant \u00e0 Mohamed Benmoussa, \u00e9conomiste et membre du PPS, il a rappel\u00e9 qu\u2019en d\u00e9cembre 2015, le gouvernement avait, simultan\u00e9ment, d\u00e9cid\u00e9 de lever la main sur la compensation et la subvention des prix des carburants et de lib\u00e9raliser le march\u00e9, ce qui repr\u00e9sentait une menace grave au pouvoir d\u2019achat du citoyen.<\/p>\n<p>Estimant qu\u2019il \u00e9tait possible pour le gouvernement de lib\u00e9raliser le march\u00e9 et de maintenir la subvention des prix des carburants, il a relev\u00e9 que cette d\u00e9cision \u00e9tait intervenue en d\u00e9cembre 2015 alors que l\u2019activit\u00e9 du Conseil de la concurrence \u00e9tait en suspens et que la raffinerie marocaine de p\u00e9trole la SAMIR, qui jouait un r\u00f4le dans l\u2019\u00e9quilibre du march\u00e9, \u00e9tait aussi \u00e0 l\u2019arr\u00eat. Pour lui, ces deux d\u00e9cisions sont pass\u00e9es inaper\u00e7ues \u00e0 l\u2019\u00e9poque et ont eu un impact n\u00e9gatif sur le pouvoir d\u2019achat du citoyen.<\/p>\n<p>Pour une approche \u00e9conomique et mon\u00e9taire globale<\/p>\n<p>Pour leur part, plusieurs intervenants ont plaid\u00e9, par ailleurs, lors du d\u00e9bat tr\u00e8s anim\u00e9 qu\u2019a connu cette table ronde, pour une approche globale en lien, notamment, avec les politiques des salaires, de l\u2019emploi et de la croissance \u00e9conomique.<\/p>\n<p>Pour eux, la politique mon\u00e9taire restrictive a fait perdre au Maroc \u00e9norm\u00e9ment d\u2019opportunit\u00e9s et de points de croissance et l\u2019a \u00e9galement priv\u00e9 de cr\u00e9ation d\u2019emplois. Ils estiment que la question du maintien des prix est aussi li\u00e9e \u00e0 l\u2019approvisionnement des march\u00e9s, \u00e0 la n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019une r\u00e9serve strat\u00e9gique concernant des produits essentiels comme les carburants, les denr\u00e9es alimentaires et les m\u00e9dicaments, d\u2019autant qu\u2019il ne s\u2019agit pas d\u2019une inflation passag\u00e8re mais qui va durer et qui a un impact tr\u00e8s n\u00e9gatif sur le niveau de la consommation au Maroc comme le montrent les statistiques officielles du Haut-commissariat au plan (HCP).<\/p>\n<p>Ils se sont, en outre, interrog\u00e9 sur le statut d\u2019ind\u00e9pendance de Bank al Maghrib, qui prive l\u2019ex\u00e9cutif d\u2019avoir sa propre politique en lui fixant les limites de la marge du d\u00e9ficit et de l\u2019endettement.<\/p>\n<p>L\u2019ind\u00e9pendance de Bank Al Maghrib a \u00e9t\u00e9 calqu\u00e9e, selon plusieurs intervenants, sur le mod\u00e8le de la BCE alors qu\u2019aux Etats Unis la FED n\u2019est pas aussi ind\u00e9pendante et a pour mission, non seulement la ma\u00eetrise de l\u2019inflation mais aussi la stimulation de l\u2019activit\u00e9 \u00e9conomique et l\u2019emploi.<\/p>\n<p>De m\u00eame, pour certains intervenants, l\u2019ind\u00e9pendance de Bank Al Maghrib ne satisfait pas \u00e0 plusieurs conditions, notamment la n\u00e9cessit\u00e9 de garantir une transparence politique, \u00e9conomique et proc\u00e9durale, sachant que dans le nouveau mod\u00e8le de d\u00e9veloppement il est fait mention de prendre du recul par rapport \u00e0 ce statut import\u00e9 de la banque centrale et d\u2019adaptation \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9, \u00e0 la fragilit\u00e9 et aux sp\u00e9cificit\u00e9s du tissu \u00e9conomique marocain.<\/p>\n<p>S\u2019agissant de la politique mon\u00e9taire de la banque centrale marocaine, certains intervenants ont expliqu\u00e9 que la rigueur de sa lutte contre l\u2019inflation et son ind\u00e9pendance visent \u00e0 emp\u00eacher que les gouvernements choisissent les solutions de facilit\u00e9, dont le recours \u00e0 la planche \u00e0 billet, comme durant les ann\u00e9es 70, ce qui pourraient s\u2019av\u00e9rer catastrophique, voire conduire \u00e0 la faillite, d\u2019autant plus que l\u2019\u00e9conomie marocaine est expos\u00e9e \u00e0 la vuln\u00e9rabilit\u00e9 et aux al\u00e9as.<\/p>\n<p>Il a \u00e9t\u00e9 retenu, \u00e0 l\u2019issue de ce riche d\u00e9bat, trois remarques essentielles, comme il a \u00e9t\u00e9 soulign\u00e9 \u00e0 la fin de la table ronde : la n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019une coh\u00e9rence en termes de politique \u00e9conomique, l\u2019existence d\u2019une st\u00e9rilit\u00e9 en termes de cr\u00e9ation d\u2019id\u00e9es et d\u2019un probl\u00e8me au niveau de la production des donn\u00e9es, des chiffres et des statistiques.<\/p>\n<p>-Par Jamal Eddine FELHI<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Un constat sans \u00e9quivoque des experts \u00e0 l\u2019occasion d\u2019un d\u00e9bat organis\u00e9 par le CERAB \u00ab L\u2019inflation et le Pouvoir d\u2019achat du citoyen \u00bb, tel a \u00e9t\u00e9 le th\u00e8me de la rencontre organis\u00e9e, lundi, au si\u00e8ge national du Parti du Progr\u00e8s et du Socialisme \u00e0 Rabat, par le Centre d\u2019Etudes et de recherches Aziz Belal (CERAD) [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":9300,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[3],"tags":[],"class_list":["post-9299","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-actualites"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/pps.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9299","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/pps.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/pps.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/pps.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/pps.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=9299"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/pps.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9299\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":9301,"href":"https:\/\/pps.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9299\/revisions\/9301"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/pps.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/9300"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/pps.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=9299"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/pps.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=9299"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/pps.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=9299"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}