{"id":9482,"date":"2024-07-01T15:18:13","date_gmt":"2024-07-01T15:18:13","guid":{"rendered":"https:\/\/pps.ma\/fr\/?p=9482"},"modified":"2024-07-01T15:28:39","modified_gmt":"2024-07-01T15:28:39","slug":"repenser-lintegration-locale-un-prerequis-pour-une-nouvelle-doctrine-de-lindustrie-marocaine","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/pps.ma\/fr\/9482\/","title":{"rendered":"Repenser l\u2019int\u00e9gration locale, un pr\u00e9requis pour une nouvelle doctrine de l\u2019industrie marocaine"},"content":{"rendered":"<blockquote><p>Avec un taux de croissance de 3,2% en 2023 et un taux de ch\u00f4mage sup\u00e9rieur \u00e0 13%, l\u2019\u00e9conomie marocaine peine \u00e0 sortir de l\u2019orni\u00e8re du d\u00e9veloppement et \u00e0 franchir le seuil de l\u2019\u00e9mergence. Ce n\u2019est pourtant pas faute de politiques volontaristes et de plans sectoriels t\u00e9moignant du dynamisme relatif de nos d\u00e9cideurs. La faible cr\u00e9ation de valeur et d\u2019emplois ne peut d\u00e8s lors s\u2019expliquer que par un manque d\u2019efficience, sous-tendu par des choix strat\u00e9giques, au pire mal avis\u00e9s, au mieux ayant atteint leurs limites et devant \u00eatre rafra\u00eechis.<\/p><\/blockquote>\n<p><strong>Par Youssef Kriem<\/strong><br \/>\nVice-pr\u00e9sident du Forum des Economistes du Progr\u00e8s.<\/p>\n<ul>\n<li>Bio express : Youssef KRIEM est ing\u00e9nieur civil de l\u2019Ecole Hassania des Travaux Publics, titulaire d\u2019un MBA de l\u2019Ecole Nationale des Ponts et Chauss\u00e9es et d\u2019un Master en Transport du MIT. Il dirige actuellement un bureau d\u2019\u00e9tudes d\u2019ing\u00e9nierie et occupe la fonction de vice-pr\u00e9sident du Forum des Economistes du Progr\u00e8s.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Cette incapacit\u00e9 \u00e0 transformer l\u2019essai est notamment le lot de notre industrie qui, bien qu\u2019elle ait fait l\u2019objet de plans successifs depuis 2005 (Emergence, PNEI, PAI), ne contribue qu\u2019\u00e0 hauteur de 15% au PIB national, contre un objectif de 23% selon le Plan d\u2019acc\u00e9l\u00e9ration industrielle 2014-2020. Or, l\u2019histoire et les \u00e9v\u00e9nements r\u00e9cents le confirment : la r\u00e9silience \u00e9conomique et la cr\u00e9ation durable de valeur et d\u2019emplois, passent souvent par une industrie locale, int\u00e9gr\u00e9e et innovante.<\/p>\n<p>Nous nous int\u00e9resserons particuli\u00e8rement dans cet article \u00e0 la notion importante d\u2019<strong>int\u00e9gration locale<\/strong>.<\/p>\n<p><strong>L\u2019int\u00e9gration locale, une notion \u00e0 red\u00e9finir<\/strong><\/p>\n<p>Il faut pr\u00e9ciser que cette notion est incorrectement cern\u00e9e par le \u00ab\u00a0taux d\u2019int\u00e9gration locale\u00a0\u00bb tel que calcul\u00e9 et relay\u00e9 par nos officiels : en effet, plut\u00f4t que de mesurer la part de la valeur ajout\u00e9e capt\u00e9e par l\u2019\u00e9conomie locale sur l\u2019ensemble la cha\u00eene de valeur d\u2019une fili\u00e8re donn\u00e9e (de l\u2019extraction de la mati\u00e8re premi\u00e8re au produit fini), ce taux est calcul\u00e9 comme \u00e9tant la proportion des achats r\u00e9alis\u00e9s aupr\u00e8s de fournisseurs et sous-traitants imm\u00e9diats (dits de premier rang) produisant au Maroc. C\u2019est ainsi que l\u2019on peut se targuer d\u2019un taux d\u2019int\u00e9gration sup\u00e9rieur \u00e0 65% dans la fili\u00e8re automobile. Mais c\u2019est sans compter le fait que ces fournisseurs, tout comme leurs fournisseurs et leurs fournisseurs (l\u2019on peut ainsi aller jusqu\u2019au sixi\u00e8me rang), importent une part importante de leurs intrants, si bien que le calcul rigoureux de ce qui est r\u00e9ellement produit au Maroc fait ressortir un taux n\u2019exc\u00e9dant gu\u00e8re 20% dans le cas de l\u2019automobile !<\/p>\n<p>Invit\u00e9 par le FEP le 9 mai dernier afin de d\u00e9battre de politique industrielle \u00e0 la lumi\u00e8re de l\u2019exp\u00e9rience de l\u2019usine Renault Tanger, l\u2019expert Mokhtar Homman indiquait qu\u2019un taux d\u2019int\u00e9gration locale r\u00e9el sup\u00e9rieur \u00e0 40% dans l\u2019industrie automobile, co\u00efnciderait avec la production de 2 millions de v\u00e9hicules par an (contre un peu moins de 600 000 actuellement), soit la taille critique qui justifierait des investissements massifs dans l\u2019\u00e9cosyst\u00e8me local. A titre de comparaison, la Turquie, pays industriel par excellence, a produit pr\u00e8s de 1,4 millions de v\u00e9hicules en 2023\u2026 c\u2019est dire le chemin \u00e0 parcourir.<\/p>\n<p>Doit-on pour autant abandonner notre ambition de devenir un acteur cl\u00e9 de l\u2019industrie automobile mondiale ou, la m\u00eame logique \u00e9tant \u00e0 l\u2019\u0153uvre, de l\u2019industrie a\u00e9ronautique ? Loin de l\u00e0. En revanche, il faudrait peut-\u00eatre admettre que ces deux \u00ab\u00a0m\u00e9tiers mondiaux du Maroc\u00a0\u00bb, bien que prestigieux, ne sont vraisemblablement pas la panac\u00e9e en termes de cr\u00e9ation de valeur et qu\u2019il y aurait des enseignements \u00e0 tirer de la strat\u00e9gie de leur d\u00e9veloppement. En effet, qu\u2019il s\u2019agisse d\u2019automobile ou d\u2019a\u00e9ronautique, le Maroc a fait le choix d\u2019aborder la cha\u00eene de valeur \u00e0 partir de son aval, \u00e0 savoir l\u2019assemblage, puis de parier sur la mise en place progressive d\u2019un \u00e9cosyst\u00e8me d\u2019\u00e9quipementiers plus ou moins int\u00e9gr\u00e9s localement. Cette strat\u00e9gie d\u2019int\u00e9gration verticale de l\u2019aval vers l\u2019amont a \u00e9t\u00e9 dict\u00e9e d\u2019une part par la\u00a0<strong>non-ma\u00eetrise du maillon de l\u2019ing\u00e9nierie de conception<\/strong>\u00a0et, d\u2019autre part, par\u00a0<strong>l\u2019indisponibilit\u00e9 de la mati\u00e8re premi\u00e8re<\/strong>\u00a0n\u00e9cessaire \u00e0 la fabrication. La contribution du Maroc \u00e0 la cha\u00eene de valeur a donc consist\u00e9 en la mise \u00e0 disposition de main d\u2019\u0153uvre (du travail), puis de foncier et d\u2019infrastructures logistiques (du capital).<\/p>\n<p>Or, la maximisation de la valeur ajout\u00e9e passe par une combinaison optimale des facteurs de production qui comprennent, outre le travail et le capital, le savoir-faire et, surtout, les ressources naturelles.<\/p>\n<p>La demande croissante en biens de consommation et les besoins des transitions num\u00e9rique et \u00e9cologique exercent une pression sans pr\u00e9c\u00e9dent sur les ressources naturelles, si bien que les nations qui en d\u00e9tiennent les r\u00e9serves sont les \u00ab\u00a0faiseurs\u00a0\u00bb du march\u00e9 mondial.\u00a0<strong>Cela plaide en faveur d\u2019un changement de paradigme, qui consisterait pour le Maroc \u00e0 miser sur les fili\u00e8res industrielles dans lesquelles il dispose d\u2019un avantage comparatif en termes de ressources naturelles<\/strong>. Et justement, celles qui font la singularit\u00e9 de notre pays sont\u00a0au nombre de quatre : les premi\u00e8res r\u00e9serves mondiales de phosphate, une fa\u00e7ade maritime de plus de 3 500 km, plus de 8 millions d\u2019hectares de terres arables et pr\u00e8s de 300 000 km\u00b2 de d\u00e9sert.<\/p>\n<p><strong>De nouvelles fili\u00e8res industrielles \u00e0 promouvoir<\/strong><\/p>\n<p>Voyons donc quels d\u00e9bouch\u00e9s industriels nouveaux pourraient d\u00e9couler de l\u2019exploitation des quatre ressources strat\u00e9giques\u00a0nationales identifi\u00e9es :<\/p>\n<p>Il y a d\u2019abord\u00a0<strong>la fili\u00e8re du phosphate et de ses d\u00e9riv\u00e9s<\/strong>. Le groupe OCP a entrepris son int\u00e9gration verticale d\u00e8s la fin des ann\u00e9es 80, en mettant en service ses premi\u00e8res lignes d\u2019engrais phosphat\u00e9s puis de compl\u00e9ments nutritionnels pour animaux. Cette int\u00e9gration a vocation \u00e0 s\u2019\u00e9tendre aussi bien vers l\u2019amont avec l\u2019ambitieux programme d\u2019autoproduction d\u2019ammoniac, intrant indispensable dans la fabrication des fertilisants, \u00e0 partir de l\u2019hydrog\u00e8ne vert.<\/p>\n<p>Il existe par ailleurs un d\u00e9riv\u00e9 du phosphate qui pourrait constituer un v\u00e9ritable relai de croissance dans un futur proche\u00a0: l\u2019uranium. En effet, la roche phosphat\u00e9e marocaine en est riche et l\u2019on estime le gisement national \u00e0 6,9 millions de tonnes d\u2019uranium, soit les plus grandes r\u00e9serves mondiales, que l\u2019on peut valoriser \u00e0 plus de 1\u00a0300 milliards de $ au cours actuel de l\u2019uranium U308. Constatant le regain d\u2019int\u00e9r\u00eat mondial, y compris au Maroc, pour les usages civils de l\u2019\u00e9nergie nucl\u00e9aire, il serait regrettable de ne pas chercher \u00e0 rejoindre le rang des grands producteurs d\u2019uranium.<\/p>\n<p>Cela nous am\u00e8ne \u00e0 la deuxi\u00e8me fili\u00e8re, celle de<strong>\u00a0l\u2019\u00e9nergie d\u00e9carbon\u00e9e<\/strong>. Pour rappel, la Strat\u00e9gie \u00e9nerg\u00e9tique nationale s\u2019est donn\u00e9e pour objectif de porter la part (en puissance install\u00e9e) des \u00e9nergies renouvelables (EnR) \u00e0 52% \u00e0 l\u2019horizon 2030. Elle est compl\u00e9t\u00e9e par la Strat\u00e9gie Bas Carbone \u00e0 Long Terme qui envisage un taux d\u2019EnR de 70% en 2040 et de 80% en 2050. Dans un exercice de prospective, nous avons construit des sc\u00e9narii d\u2019\u00e9volution de la consommation nationale d\u2019\u00e9lectricit\u00e9, avec ou sans mesures de r\u00e9duction telles que pr\u00e9vues par la Strat\u00e9gie Nationale de l\u2019Efficacit\u00e9 Energ\u00e9tique, ce qui permet d\u2019avancer la conclusion suivante : dans un sc\u00e9nario interm\u00e9diaire (r\u00e9aliste), l\u2019atteinte des objectifs pr\u00e9cit\u00e9s devra se traduire par une puissance install\u00e9e en EnR de pr\u00e8s de 9 GW en 2030 (contre moins de 5 GW actuellement), 20 GW en 2040 et 37 GW en 2050. Autant dire que le d\u00e9fi est de taille lorsque l\u2019on sait que tout juste 2 GW d\u2019EnR ont \u00e9t\u00e9 install\u00e9s entre 2011 et 2021\u2026<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-9486\" src=\"https:\/\/pps.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2024\/07\/1.jpg\" alt=\"\" width=\"901\" height=\"549\" srcset=\"https:\/\/pps.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2024\/07\/1.jpg 901w, https:\/\/pps.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2024\/07\/1-300x183.jpg 300w, https:\/\/pps.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2024\/07\/1-768x468.jpg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 901px) 100vw, 901px\" \/><\/p>\n<p>D\u00e9fi de taille certes, mais pas insurmontable si l\u2019on se donne les moyens de nos ambitions. Pour ce faire, nous pourrions agir sur trois leviers\u00a0:<\/p>\n<ul>\n<li>S\u00e9curiser l\u2019approvisionnement en panneaux photovolta\u00efques. En effet, l\u2019innovation dans la technologie des panneaux a permis d\u2019en faire baisser le co\u00fbt tout en am\u00e9liorant leur rendement, mais la raret\u00e9 des mati\u00e8res premi\u00e8res et la demande mondiale croissante auront vite fait d\u2019inverser la tendance. Pour illustrer, si les besoins de notre pays en puissance EnR \u00e0 l\u2019horizon 2050 devaient \u00eatre couverts \u00e0 moiti\u00e9 par le solaire, ce ne seraient pas moins de 100 millions de m<sup>2\u00a0<\/sup>de panneaux photovolta\u00efques dont il faudrait se doter. Sachant que le verre et le silicium cristallin repr\u00e9sentent 70% \u00e0 75% de la masse et 45% \u00e0 60% de la valeur d\u2019une cellule photovolta\u00efque et que tous deux sont issus de la silice dont regorge le sable de notre d\u00e9sert, il n\u2019y a qu\u2019un pas \u00e0 franchir pour imaginer qu\u2019une\u00a0<strong>fili\u00e8re du verre et de ses applications<\/strong>, trouverait tout son sens au Maroc.<\/li>\n<li>Introduire le nucl\u00e9aire dans le mix \u00e9lectrique, favoris\u00e9 par la production domestique d\u2019uranium mais \u00e9galement par le d\u00e9veloppement prometteur des petits r\u00e9acteurs modulaires (SMR) de moins de 300 MW, plus rapides \u00e0 produire et \u00e0 installer et plus adapt\u00e9s \u00e0 des usages industriels tels que le dessalement ou la production d\u2019hydrog\u00e8ne vert. A ce titre, un sc\u00e9nario dans lequel le nucl\u00e9aire serait introduit graduellement \u00e0 partir de 2035 pour d\u00e9passer 7 GW de puissance install\u00e9e en 2050, permettrait non seulement de r\u00e9duire la pression sur les EnR, mais d\u2019atteindre un autre objectif que le Maroc s\u2019est fix\u00e9\u00a0: d\u00e9carboner son \u00e9lectricit\u00e9 \u00e0 l\u2019horizon 2050.<\/li>\n<li>Exploiter le potentiel \u00e9nerg\u00e9tique offert par notre littoral et notamment l\u2019\u00e9nergie de la houle et des mar\u00e9es, celle du vent au large avec l\u2019\u00e9olien offshore et, enfin, \u00e0 travers le d\u00e9veloppement de Stations de Transfert d\u2019Energie par Pompage (STEP) marines qui repr\u00e9sentent un moyen id\u00e9al pour stocker l\u2019\u00e9nergie \u00e0 grande \u00e9chelle et l\u2019injecter dans le r\u00e9seau \u00e0 tout moment.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Les fili\u00e8res d\u2019\u00e9nergie d\u00e9carbon\u00e9e et du verre ainsi d\u00e9velopp\u00e9es, permettraient de surcro\u00eet de faire de notre pays un exportateur net d\u2019\u00e9lectricit\u00e9 verte, \u00e0 l\u2019instar de ce que promet le projet d\u2019interconnexion X-links, entre le Maroc et le Royaume-Uni.<\/p>\n<p>En plus d\u2019offrir un gisement in\u00e9puisable d\u2019\u00e9nergie propre et d\u2019eau \u00e0 dessaler, nos c\u00f4tes, qui comptent parmi les plus poissonneuses au monde, devraient \u00eatre au c\u0153ur de\u00a0<strong>la fili\u00e8re agroalimentaire<\/strong>, au m\u00eame titre que notre agriculture. En effet, le taux de couverture des besoins nationaux en produits alimentaires de base (c\u00e9r\u00e9ales et sucre) est en baisse continue depuis les ann\u00e9es 80 du fait de l\u2019augmentation de la consommation individuelle et de la vocation exportatrice de notre agriculture, et si l\u2019on ajoute \u00e0 cela la priorit\u00e9 donn\u00e9e aux flottilles \u00e9trang\u00e8res dans les accords de p\u00eache, il n\u2019est pas difficile de comprendre que la \u00ab\u00a0souverainet\u00e9 alimentaire\u00a0\u00bb ne sera pas assur\u00e9e de sit\u00f4t.<\/p>\n<p>Afin de r\u00e9duire la d\u00e9pendance aux importations et cr\u00e9er davantage de valeur ajout\u00e9e localement, la nouvelle fili\u00e8re agroalimentaire devra pouvoir compter sur\u00a0:<\/p>\n<ul>\n<li>Une politique de sant\u00e9 publique et de sensibilisation mettant l\u2019accent sur le \u00ab\u00a0manger sain\u00a0\u00bb, notamment en rendant moins d\u00e9sirable la consommation de c\u00e9r\u00e9ales raffin\u00e9es, de sucres et de viandes et en leur substituant des calories de meilleure qualit\u00e9, notamment celles issues des prot\u00e9ines v\u00e9g\u00e9tales.<\/li>\n<li>Un d\u00e9passement de la contrainte de l\u2019eau par le choix judicieux des cultures en fonction des r\u00e9gions et le recours au dessalement facilit\u00e9 par l\u2019essor des \u00e9nergies d\u00e9carbon\u00e9es.<\/li>\n<li>La recherche et l\u2019innovation dans le d\u00e9veloppement de nouvelles cultures \u00e0 forte valeur nutritive, tant pour la consommation humaine qu\u2019animale, telles que les algues ou les champignons.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Enfin, l\u2019on se f\u00e9licite du choix de l\u2019Etat marocain de d\u00e9passer le tabou de la culture du cannabis et d\u2019en exploiter le potentiel \u00ab\u00a0licite\u00a0\u00bb, par la cr\u00e9ation r\u00e9cente d\u2019une agence de r\u00e9gulation (l\u2019ANRAC). Si les usages pharmaceutiques ou dans la construction en tant que mat\u00e9riau isolant sont mis en avant, l\u2019on n\u00e9glige l\u2019opportunit\u00e9 que repr\u00e9sente\u00a0<strong>la fili\u00e8re du chanvre<\/strong>\u00a0dans l\u2019industrie du textile\u00a0: l\u2019atout majeur du chanvre est qu\u2019il est \u00e9co-responsable, car \u00e0 quantit\u00e9 de fibre \u00e9gale, sa culture n\u00e9cessite deux fois moins de surface plant\u00e9e et quatre \u00e0 cinq fois moins d\u2019eau en comparaison avec celle du coton. De plus, \u00e9tant tr\u00e8s r\u00e9sistant, il ne n\u00e9cessite pas de pesticides et pr\u00e9serve donc mieux les sols. Sa fibre est plus durable et se pr\u00e9sente naturellement dans diff\u00e9rents coloris, ce qui r\u00e9duit le recours aux teintures\u2026Ces propri\u00e9t\u00e9s exceptionnelles de la fibre de chanvre, coupl\u00e9es au savoir-faire marocain dans le tissage et la confection, pourraient donc marquer le retour en force sur le march\u00e9 mondial de notre activit\u00e9 textile, longtemps malmen\u00e9e par la concurrence asiatique, tunisienne et turque.<\/p>\n<p>Pour conclure, ce panorama des fili\u00e8res industrielles (d\u00e9riv\u00e9s du phosphate, \u00e9nergies d\u00e9carbon\u00e9es, verre, agroalimentaire, chanvre) permet d\u2019imaginer ce \u00e0 quoi pourrait ressembler\u00a0<strong>une nouvelle doctrine de l\u2019industrie marocaine dans laquelle l\u2019int\u00e9gration locale est repens\u00e9e \u00e0 l\u2019aune de la disponibilit\u00e9 de ressources naturelles strat\u00e9giques, conf\u00e9rant un avantage comparatif \u00e0 notre pays.\u00a0<\/strong>A bon entendeur\u2026<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-9488\" src=\"https:\/\/pps.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2024\/07\/2.jpg\" alt=\"\" width=\"894\" height=\"597\" srcset=\"https:\/\/pps.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2024\/07\/2.jpg 894w, https:\/\/pps.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2024\/07\/2-300x200.jpg 300w, https:\/\/pps.ma\/fr\/wp-content\/uploads\/2024\/07\/2-768x513.jpg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 894px) 100vw, 894px\" \/><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Avec un taux de croissance de 3,2% en 2023 et un taux de ch\u00f4mage sup\u00e9rieur \u00e0 13%, l\u2019\u00e9conomie marocaine peine \u00e0 sortir de l\u2019orni\u00e8re du d\u00e9veloppement et \u00e0 franchir le seuil de l\u2019\u00e9mergence. 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