{"id":9666,"date":"2025-10-08T09:44:29","date_gmt":"2025-10-08T09:44:29","guid":{"rendered":"https:\/\/pps.ma\/fr\/?p=9666"},"modified":"2025-10-08T09:44:29","modified_gmt":"2025-10-08T09:44:29","slug":"nabil-benabdellah-le-maroc-connait-un-vide-politique-preoccupant","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/pps.ma\/fr\/9666\/","title":{"rendered":"Nabil Benabdellah : \u00ab Le Maroc conna\u00eet un vide politique pr\u00e9occupant \u00bb"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: center;\"><strong>Face \u00e0 la col\u00e8re de la jeunesse, l\u2019ex-ministre et chef du Parti du progr\u00e8s et du socialisme alerte\u00a0: la d\u00e9mocratie marocaine s\u2019essouffle, min\u00e9e par la d\u00e9politisation et les in\u00e9galit\u00e9s.<\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><span class=\"dflt-txt__lettrine\">A<\/span>ncien ministre et figure majeure de la gauche marocaine, Nabil Benabdellah, secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral du Parti du progr\u00e8s et du socialisme (PPS), est aujourd&rsquo;hui l&rsquo;une des voix les plus critiques de l&rsquo;opposition. Depuis plusieurs mois, il d\u00e9nonce un \u00ab\u00a0vide politique\u00a0\u00bb et l&rsquo;affaiblissement des canaux de m\u00e9diation entre l&rsquo;\u00c9tat et la soci\u00e9t\u00e9, qu&rsquo;il impute \u00e0 la gestion du gouvernement d&rsquo;Aziz Akhannouch.<\/p>\n<p>Alors que la jeunesse marocaine descend massivement dans la rue pour r\u00e9clamer une \u00e9ducation publique digne et un syst\u00e8me de sant\u00e9 accessible, la crise actuelle semble confirmer ses mises en garde. Mais au-del\u00e0 de la seule responsabilit\u00e9 de l&rsquo;ex\u00e9cutif, c&rsquo;est la cr\u00e9dibilit\u00e9 de la classe politique dans son ensemble qui est mise en cause, face \u00e0 une g\u00e9n\u00e9ration qui ne se reconna\u00eet plus dans les structures traditionnelles du pouvoir.<\/p>\n<p>Dans un entretien au\u00a0<em>Point Afrique<\/em>, Nabil Benabdellah alerte sur un gouvernement sourd aux signaux d&rsquo;alerte et sur une g\u00e9n\u00e9ration qui refuse d\u00e9sormais le silence.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h4>Le Point Afrique\u00a0:\u00a0En envoyant son m\u00e9morandum directement\u00a0au roi, la GenZ 212\u00a0affiche son rejet des partis et du syst\u00e8me politique. Quelle est votre lecture de cette col\u00e8re\u00a0?<\/h4>\n<p><strong class=\"glbl-red\">Mohamed Nabil Benabdallah\u00a0:\u00a0<\/strong>Je peux comprendre ce cri de col\u00e8re. Il traduit avant tout le climat politique actuel, marqu\u00e9 par un v\u00e9ritable vide, par un affaiblissement de l&rsquo;encadrement de la jeunesse et par un recul dans la dynamique d\u00e9mocratique que nous esp\u00e9rions apr\u00e8s la Constitution de 2011. Il faut dire que les institutions, de mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale, souffrent d&rsquo;un d\u00e9ficit de cr\u00e9dibilit\u00e9 et de confiance, non seulement aupr\u00e8s de la jeunesse, mais aussi d&rsquo;une grande partie de la population.<\/p>\n<p>Les partis politiques en portent une part de responsabilit\u00e9\u00a0: certaines pratiques ont port\u00e9 atteinte \u00e0 leur autonomie et \u00e0 leur ind\u00e9pendance de d\u00e9cision, ce qui a terni leur image et affaibli leur l\u00e9gitimit\u00e9. \u00c0 cela s&rsquo;ajoutent les performances d\u00e9cevantes du gouvernement actuel\u00a0: des promesses non tenues, des discours triomphalistes sans traduction concr\u00e8te sur le terrain.<\/p>\n<p>Il faut reconna\u00eetre aussi que beaucoup de partis, surtout ceux de la majorit\u00e9 actuelle, ont d\u00e9sert\u00e9 le terrain. Ils ne s&rsquo;adressent plus \u00e0 la jeunesse, ne cherchent plus \u00e0 reconstruire une action politique vivante. Et, plus grave encore, la question d\u00e9mocratique elle-m\u00eame a \u00e9t\u00e9 rel\u00e9gu\u00e9e au second plan. Depuis 2021, la d\u00e9mocratie n&rsquo;a pas figur\u00e9 parmi les priorit\u00e9s du gouvernement. D&rsquo;ailleurs, je trouve que ce gouvernement a \u00e9t\u00e9 \u00ab\u00a0mal \u00e9lu\u00a0\u00bb, je ne parle pas ici de fraude \u00e9lectorale, mais d&rsquo;un mode de campagne o\u00f9 il y a eu recours massif \u00e0 l&rsquo;argent, au d\u00e9triment de l&rsquo;\u00e9thique politique. Cela laisse des traces. Et une partie de la col\u00e8re qu&rsquo;on observe aujourd&rsquo;hui vient directement de l\u00e0 et d&rsquo;un sentiment d&rsquo;injustice.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<blockquote class=\"Blockquote\"><p><span class=\"q\"><span class=\"Q\">Les in\u00e9galit\u00e9s sociales et territoriales persistent, comme l\u2019a d\u2019ailleurs soulign\u00e9 notre Roi dans son dernier discours \u00e0 l\u2019occasion de la F\u00eate du Tr\u00f4ne<\/span><\/span><\/p><\/blockquote>\n<h4>La g\u00e9n\u00e9ration Z qui manifeste aujourd&rsquo;hui rejette clairement tout cadre partisan. Comment, selon vous, renouer le dialogue avec cette jeunesse, alors qu&rsquo;elle exprime pr\u00e9cis\u00e9ment un rejet de la classe politique\u00a0?<\/h4>\n<p>Je comprends parfaitement le rejet qu&rsquo;exprime aujourd&rsquo;hui une partie de la jeunesse. Leurs revendications sont l\u00e9gitimes\u00a0: les services publics souffrent, qu&rsquo;il s&rsquo;agisse de la sant\u00e9 ou de l&rsquo;\u00e9ducation. L&rsquo;h\u00f4pital public, l&rsquo;\u00e9cole publique,\u00a0et les infrastructures sociales ne r\u00e9pondent plus aux attentes. \u00c0 cela s&rsquo;ajoutent des probl\u00e8mes de gouvernance, de transparence et de climat des affaires, que le Nouveau mod\u00e8le de d\u00e9veloppement (NMD) avait clairement identifi\u00e9s. Ce document, je le rappelle, est une r\u00e9f\u00e9rence nationale. Il appelle \u00e0 d\u00e9passer les logiques de rente, les conflits d&rsquo;int\u00e9r\u00eats, la corruption. Malheureusement, le gouvernement actuel, qui en avait fait une de ses deux grandes r\u00e9f\u00e9rences avec l&rsquo;\u00c9tat social, n&rsquo;a pas \u00e9t\u00e9 au rendez-vous. Le NMD a \u00e9t\u00e9 vite rang\u00e9 dans un tiroir, et l&rsquo;\u00c9tat social est rest\u00e9 un slogan.<\/p>\n<p>Les in\u00e9galit\u00e9s sociales et territoriales persistent, comme l&rsquo;a d&rsquo;ailleurs soulign\u00e9 notre roi dans son dernier discours \u00e0 l&rsquo;occasion de la F\u00eate du tr\u00f4ne. Il est vrai que ces derni\u00e8res d\u00e9cennies ont \u00e9t\u00e9 marqu\u00e9es par une mont\u00e9e en puissance du\u00a0Maroc, port\u00e9e par une succession de r\u00e9formes et de projets structurants engag\u00e9s sous la houlette du souverain et mis en \u0153uvre par diff\u00e9rents gouvernements. Mais malgr\u00e9 ces avanc\u00e9es, leurs effets ne se traduisent pas encore dans la vie quotidienne des citoyens, en particulier des jeunes.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Cependant, ce rejet total de la politique, s&rsquo;il est compr\u00e9hensible, me para\u00eet parfois excessif. Je souhaite dire \u00e0 cette jeunesse qu&rsquo;aucune d\u00e9mocratie ne peut se construire sans structures d&rsquo;encadrement, notamment les partis politiques, les institutions \u00e9lues, ou les corps interm\u00e9diaires. M\u00eame si l&rsquo;on envisage la fin de l&rsquo;exp\u00e9rience du gouvernement actuel, ce \u00e0 quoi, personnellement, je n&rsquo;ai aucune objection, il faut garder \u00e0 l&rsquo;esprit qu&rsquo;un changement politique suppose des formes constitutionnelles et des \u00e9quilibres d\u00e9mocratiques. Former un nouveau gouvernement implique n\u00e9cessairement de tenir compte des rapports de force issus des urnes, des partis existants, et des programmes qu&rsquo;ils portent. Aucun pays n&rsquo;a r\u00e9gl\u00e9 ses probl\u00e8mes uniquement par la voie technocratique ou par la d\u00e9signation de \u00ab\u00a0comp\u00e9tences\u00a0\u00bb\u00a0d\u00e9connect\u00e9es du cadre politique. Cela dit, je comprends cette d\u00e9fiance, et j&rsquo;invite cette jeunesse \u00e0 ne pas tourner compl\u00e8tement le dos \u00e0 la politique. C&rsquo;est \u00e0 travers les institutions, aussi imparfaites soient-elles, que le changement devient possible. C&rsquo;est pour cela que nous avons besoin de changer de cap et de gouvernement.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h4>Quand vous parlez de \u00ab\u00a0changer le gouvernement\u00a0\u00bb, appelez\u2011vous \u00e0 sa d\u00e9mission\u00a0?<\/h4>\n<p>La d\u00e9mission du gouvernement ne d\u00e9pend que de lui. Mais une telle d\u00e9cision implique des contraintes constitutionnelles tr\u00e8s claires. Nous avons des \u00e9lections pr\u00e9vues dans un an. Si le gouvernement devait d\u00e9missionner aujourd&rsquo;hui, il faudrait organiser de nouvelles \u00e9lections dans un d\u00e9lai de deux, trois ou quatre mois. Or, le pays n&rsquo;est pas n\u00e9cessairement pr\u00eat pour cela, d&rsquo;autant que le scrutin l\u00e9gislatif est d\u00e9j\u00e0 pr\u00e9vu pour septembre prochain.<\/p>\n<p>Ce que nous refusons au PPS, c&rsquo;est l&rsquo;id\u00e9e d&rsquo;un gouvernement technocratique, d\u00e9connect\u00e9 du champ politique, du Parlement et du principe de reddition des comptes pr\u00e9vu par la Constitution. Un gouvernement doit rester responsable devant les repr\u00e9sentants de la nation, pr\u00e9senter son budget, assumer ses choix et rendre des comptes. Autrement, on tournerait le dos \u00e0 l&rsquo;esprit m\u00eame de la d\u00e9mocratie.<\/p>\n<p>Nous avons besoin de redonner de la cr\u00e9dibilit\u00e9 \u00e0 nos institutions, renforcer la confiance et, surtout, r\u00e9concilier la jeunesse avec l&rsquo;acte politique. Cela suppose d&rsquo;\u00e9couter, de dialoguer, d&rsquo;accueillir cette jeunesse plut\u00f4t que de la marginaliser. C&rsquo;est dans ce cadre, et non par un simple changement de fa\u00e7ade, que peut s&rsquo;op\u00e9rer un vrai sursaut d\u00e9mocratique.<\/p>\n<blockquote class=\"Blockquote\"><p><span class=\"q\"><span class=\"Q\">D\u2019o\u00f9 notre appel \u00e0 changer de cap et \u00e0 faire des prochaines \u00e9lections une \u00e9ch\u00e9ance majeure pour d\u00e9battre des alternatives possibles.<\/span><\/span><\/p><\/blockquote>\n<h4>Les r\u00e9actions des dirigeants donnent l&rsquo;impression qu&rsquo;ils ne comprennent pas le langage des jeunes. \u00c0 votre avis, pourquoi ce d\u00e9calage est-il si marqu\u00e9\u00a0?<\/h4>\n<p>D\u00e8s le premier jour des manifestations, j&rsquo;ai personnellement d\u00e9clar\u00e9 que ce mouvement \u00e9tait le r\u00e9sultat direct de l&rsquo;\u00e9chec du gouvernement actuel. Nous avons exprim\u00e9 notre solidarit\u00e9 totale avec les revendications l\u00e9gitimes des jeunes et insist\u00e9 sur la n\u00e9cessit\u00e9 d&rsquo;\u00e9couter, de dialoguer et d&rsquo;\u00e9viter toute r\u00e9action r\u00e9pressive. J&rsquo;ai \u00e9galement soulign\u00e9 que ces voix juv\u00e9niles traduisaient aussi les pr\u00e9occupations de leurs a\u00een\u00e9s, de leurs familles et d&rsquo;une grande partie de la soci\u00e9t\u00e9, qui ne se reconna\u00eet pas dans le bilan de ce gouvernement. D&rsquo;o\u00f9 notre appel \u00e0 changer de cap et \u00e0 faire des prochaines \u00e9lections une \u00e9ch\u00e9ance majeure pour d\u00e9battre des alternatives possibles. Par la suite, dans une nouvelle d\u00e9claration du bureau politique et dans une vid\u00e9o que j&rsquo;ai diffus\u00e9e, j&rsquo;ai r\u00e9it\u00e9r\u00e9 ces positions en lan\u00e7ant un appel \u00e0 la responsabilit\u00e9\u00a0: \u00e9viter tout acte de violence. Car la violence d\u00e9tourne le sens des revendications, affaiblit leur port\u00e9e et peut produire l&rsquo;effet inverse de celui recherch\u00e9.<\/p>\n<p>Une vraie d\u00e9mocratie, et le Maroc aspire \u00e0 en construire une, doit savoir int\u00e9grer toutes les revendications, donner \u00e0 chaque citoyen le sentiment d&rsquo;\u00eatre \u00e9cout\u00e9. J&rsquo;aimerais dire \u00e0 ces jeunes\u00a0: manifester est un droit, c&rsquo;est m\u00eame une preuve de vitalit\u00e9. Mais il faut aller plus loin\u00a0: participer, construire, proposer des alternatives.<\/p>\n<h4>Rachid Achachi, g\u00e9opolitologue et proche du mouvement GenZ 212, annonce la cr\u00e9ation d&rsquo;un nouveau parti \u00ab\u00a0port\u00e9 par la jeunesse mais ouvert \u00e0 tous\u00a0\u00bb. Selon vous, ce mouvement peut-il permettre l&rsquo;\u00e9mergence de nouvelles \u00e9lites politiques au Maroc\u00a0?<\/h4>\n<p>Chaque fois que j&rsquo;ai \u00e9t\u00e9 confront\u00e9 \u00e0 des expressions de d\u00e9fiance vis-\u00e0-vis du monde politique, que ce soit dans les amphith\u00e9\u00e2tres, les universit\u00e9s ou sur le terrain, en milieu urbain comme rural, j&rsquo;ai toujours dit aux jeunes\u00a0: \u00ab\u00a0Si vous ne croyez pas aux partis politiques existants, cr\u00e9ez les v\u00f4tres.\u00a0\u00bb Mais lorsqu&rsquo;on se lance dans la cr\u00e9ation d&rsquo;un parti, on d\u00e9couvre tr\u00e8s vite que la vie politique est faite de choix, de nuances et de contradictions. Certains d\u00e9fendront l&rsquo;\u00e9cole publique, d&rsquo;autres auront une vision plus conservatrice de la soci\u00e9t\u00e9, ou plaideront pour plus d&rsquo;\u00e9galit\u00e9 et de modernit\u00e9. C&rsquo;est cela la politique\u00a0: une confrontation d&rsquo;id\u00e9es et de projets, dans la complexit\u00e9 du r\u00e9el.<\/p>\n<p>C&rsquo;est pourquoi je crois que la meilleure option pour la jeunesse reste d&rsquo;abord de s&rsquo;impliquer dans les structures politiques existantes, en rejoignant les partis ou leurs organisations de jeunesse qui leur paraissent les plus conformes \u00e0 leurs convictions. Et si, \u00e0 terme, cela ne leur convient pas, qu&rsquo;ils cr\u00e9ent autre chose. Ce serait m\u00eame une bonne nouvelle pour le pays, car la vitalit\u00e9 d\u00e9mocratique passe aussi par le renouvellement.<\/p>\n<p>Au sein du PPS, nous consid\u00e9rons que ce mouvement, dans sa dimension revendicative, apporte une vivacit\u00e9, \u00e0 condition qu&rsquo;il demeure pacifique et constructif. Cette \u00e9nergie est une chance pour le pays. Elle t\u00e9moigne d&rsquo;une jeunesse qui veut avancer, bousculer les inerties et participer \u00e0 l&rsquo;\u00e9dification d&rsquo;un Maroc plus juste et plus d\u00e9mocratique.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h4>Selon vous, ce mouvement traduit-il une vitalit\u00e9 r\u00e9elle de la vie d\u00e9mocratique au Maroc\u00a0?<\/h4>\n<p>Pour \u00eatre sinc\u00e8re, si notre vie d\u00e9mocratique \u00e9tait v\u00e9ritablement au rendez-vous, nous n&rsquo;en serions pas l\u00e0. Si les dispositions de la Constitution de\u00a02011\u00a0avaient \u00e9t\u00e9 pleinement mises en \u0153uvre, si nous avions su instaurer un v\u00e9ritable cadre d\u00e9mocratique, aussi bien dans l&rsquo;esprit que dans la pratique politique, nous aurions sans doute \u00e9vit\u00e9 un tel climat de d\u00e9fiance. Malheureusement, au fil du temps, nous avons laiss\u00e9 s&rsquo;installer un vide politique profond. Et le gouvernement actuel porte une part importante de responsabilit\u00e9 dans cette situation. La d\u00e9politisation de la vie publique est, \u00e0 mes yeux, l&rsquo;un des plus grands dangers pour une d\u00e9mocratie\u00a0: elle fragilise les institutions, nourrit le d\u00e9sint\u00e9r\u00eat citoyen\u00a0et cr\u00e9e les conditions d&rsquo;explosions sociales spontan\u00e9es, souvent mal canalis\u00e9es. Nous devons aujourd&rsquo;hui tirer les le\u00e7ons de ce moment. Ce qu&rsquo;il faut, c&rsquo;est r\u00e9concilier le monde politique avec la jeunesse.<\/p>\n<p>Cela dit, il faut aussi replacer ce mouvement dans une tendance plus large. Ce qui se passe aujourd&rsquo;hui au Maroc s&rsquo;inscrit dans un ph\u00e9nom\u00e8ne universel\u00a0: la g\u00e9n\u00e9ration Z, partout dans le monde, se soul\u00e8ve pour des causes qu&rsquo;elle juge justes\u00a0: le climat, la cause palestinienne, la justice sociale,\u00a0etc. M\u00eame dans les d\u00e9mocraties occidentales les plus avanc\u00e9es, ces mouvements de jeunesse ont parfois bouscul\u00e9 les institutions sans pour autant en signifier l&rsquo;\u00e9chec total. Ils traduisent avant tout une exigence de renouvellement et une volont\u00e9 d&rsquo;\u00eatre \u00e9cout\u00e9s.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h4>Vous alertiez d\u00e9j\u00e0 sur l&rsquo;immobilisme de l&rsquo;ex\u00e9cutif. Les r\u00e9cents mouvements semblent le confirmer. Sommes-nous entr\u00e9s dans la crise que vous anticipiez\u00a0?<\/h4>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Effectivement, nous avons alert\u00e9 ce gouvernement \u00e0 plusieurs reprises. D\u00e8s 2023, nous lui avons adress\u00e9 une lettre ouverte au sujet de la hausse des prix et de la d\u00e9gradation du pouvoir d&rsquo;achat des Marocains. Malheureusement, la seule r\u00e9ponse que nous avons re\u00e7ue a pris la forme d&rsquo;attaques personnelles et de r\u00e9actions d\u00e9plac\u00e9es, davantage tourn\u00e9es contre les personnes que vers le fond de nos propositions. Nous avons ensuite renouvel\u00e9 nos mises en garde, au Parlement comme par la voix du bureau politique du PPS, en soulignant les tensions croissantes dans les domaines \u00e9conomique et social. Nous avons publi\u00e9 une deuxi\u00e8me lettre ouverte pour pointer des insuffisances structurelles et relayer les pr\u00e9occupations r\u00e9elles exprim\u00e9es dans les diff\u00e9rentes couches de la soci\u00e9t\u00e9. Mais, l\u00e0 encore, rien n&rsquo;a chang\u00e9.<\/p>\n<div class=\"BeOpVSlot\"><\/div>\n<div class=\"BeOpWidget-8224c200-3850-47d6-ac9b-61e1d28a1891\">\n<div id=\"beop_ff71ddcd-ca70-498c-a886-667c1cc72cd9\" class=\"BeOpContainer\">\n<div class=\"BeOpTarget\">\n<div>\n<div>\n<div><\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<p>Depuis longtemps, j&rsquo;insiste sur un point\u00a0: lorsqu&rsquo;un vide politique s&rsquo;installe et que, dans le m\u00eame temps, les r\u00e9sultats \u00e9conomiques et sociaux ne suivent pas, le risque devient in\u00e9vitable. Quand il y a un d\u00e9calage profond entre les annonces officielles et la r\u00e9alit\u00e9 v\u00e9cue par les citoyens,\u00a0cela finit toujours par se traduire t\u00f4t ou tard par une explosion sociale. Et c&rsquo;est pr\u00e9cis\u00e9ment ce \u00e0 quoi nous assistons aujourd&rsquo;hui.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Face \u00e0 la col\u00e8re de la jeunesse, l\u2019ex-ministre et chef du Parti du progr\u00e8s et du socialisme alerte\u00a0: la d\u00e9mocratie marocaine s\u2019essouffle, min\u00e9e par la d\u00e9politisation et les in\u00e9galit\u00e9s. &nbsp; Ancien ministre et figure majeure de la gauche marocaine, Nabil Benabdellah, secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral du Parti du progr\u00e8s et du socialisme (PPS), est aujourd&rsquo;hui l&rsquo;une des [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":9540,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[35,34,3,33,36,30,32,31,39,38,37,18],"tags":[],"class_list":["post-9666","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-a-la-chambre-des-conseillers","category-a-la-chambre-des-representants","category-actualites","category-au-gouvernement","category-aux-communes-locales","category-cv-des-membres-du-bp","category-le-pps-au-sein-des-institutions","category-les-camarades-a-travers-le-monde","category-les-communiques-du-b-p","category-les-rapports-du-c-c","category-nos-documents","category-point-de-vue"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/pps.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9666","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/pps.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/pps.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/pps.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/pps.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=9666"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/pps.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9666\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":9667,"href":"https:\/\/pps.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9666\/revisions\/9667"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/pps.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/9540"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/pps.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=9666"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/pps.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=9666"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/pps.ma\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=9666"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}