Intervention de Mme la Députée PPS, Mme Nouzha Skalli à la réunion commission des affaires étrangères du 30 Avril 2013

M. le Président, M. le Ministre, Mesdames et Messieurs les Députés, Mesdames et Messieurs les cadres du Ministère.

Nouzha SkalliJe remercie M. le Ministre pour ses deux exposés, le premier sur le thème du pèlerinage et le second sur les mosquées et lieux de culte ainsi que sur les imams et kaïmines religieux.
je vous félicite également pour tous vos efforts dans la gestion d’un secteur difficile et qui nécessite beaucoup d’efforts.
• Concernant le premier point, concernant le pèlerinage, on ne peut que se réjouir de l’approche globale et intégrée qui est celle de la commission royale composée de représentants de plusieurs secteurs concernés par l’organisation du pèlerinage de la Mecque, avec une évaluation chaque année et des efforts pour améliorer les conditions de participation.
Grâce à cette méthodologie, on peut dire globalement que le pèlerinage se passe dans des conditions réussies malgré quelques problèmes inévitables du fait du nombre (30 000 participants).
Nous aimerions toutefois insister sur l’importance de la transparence dans le tirage au sort, et relever le fait que le coût reste élevé par rapport aux revenus des couches défavorisées en vous demandant de faire un effort pour essayer de faire baisser les prix.
• Concernant les mosquées et lieux de culte, nous avons entendu dans votre exposé, que le Maroc dispose de 50 000 mosquées, ce qui fait 1 mosquée pour 700 habitants tous âges confondus. C’est un chiffre important. Malgré cela, je sais que la tendance est à assurer la proximité dans tous les lieux surtout dans le monde rural.
Il y a en plus lieu de tenir compte du nombre de mosquée en cours de restauration, et nous avons écouté avec intérêt l’exposé sur votre stratégie de mise à niveau de ces leiux de culte , nous ne pouvons qu’inciter le Ministère à leur apporter toute l’attention.
Notre question concernera les lieux de prière informels, ce sont ces salles de prière dans les garages ou les caves souterraines en tous cas dans des lieux non convenables pour la pratique du culte et qui sont souvent source de dérives extrémistes. Où en sommes nous de la lutte contre ces lieux informes? peut on dire que notre pays a réussit à les éradiquer?
• situation des imams et kayimines religieux: leur nombre atteint globalement les 100 000 et ils bénéficient d’une compensation financière 1400 à 2300 DH, en fonction des services produits (appel à la prière, khotba)
. Tout en reconnaissant les efforts accomplis par votre département, pour renforcer leur revenus et leur procurer la couverture médicale sans cotisation de leur part, nous insistons sur l’importance de l’amélioration de leurs conditions matérielles et particulièrement de leur assurer une retraite, mais aussi de leur assurer que le montant de leur « compensation » ne soit pas inférieure que le SMIG. par ce moyen , en effet, on peut protéger leur indépendance à l’égard de toute manipulation de la part de donateurs mal intentionnés et c’est aussi une porte d’entrée essentielle pour lutter contre l’extrémisme religieux.
• Concernant la formation et de la formation continue des imams des mosquées, elles sont essentielle pour leur habilitation car ils sont des représentants d’Amir El mouminine dans l’orientation et le conseil religieux. Ils ont une grande responsabilité dans la sécurité spirituelle et l’encadrement de la population sur la base d’un islam de la tolérance, de la modération et de juste milieu.
Il est nécessaire de trouver un encadrement religieux adéquat pour une société qui est attachée à ses constantes et à son identité et qui est aussi imprégnée des valeurs de la nouvelle constitution.
Il est important de plaider la compatibilité et encadrer et orienter la population dans les villes et les campagnes autour des valeurs de générosité, solidarité, tolérance, modération, respect des droits des femmes, droits des enfants et surtout liberté.
La liberté est une valeur fondamentale de notre société, pour mémoire, elle figure 42 fois dans la nouvelle Constitution.
A ce sujet nous nous sentons aujourd’hui menacés dans nos acquis démocratiques à travers des évènements et des attitudes éloignées de notre culture.
Comment expliquer qu’une fatwa de Majliss de nos honorables Oulamas appelle à tuer l’apostat? Certes cette fatwa date de 2005 soit avant la nouvelle constitution? Pourquoi et par qui a – t-elle été ressortie aujourd’hui.
Bien sûr nous avons écouté avec soulagement, la khotba du vendredi à Safi lors de la prière présidée par Sa Majesté le Roi Amir El Mouminines pour rappeler tous valeurs et préceptes de liberté dans Islam et notamment la liberté de conscience.

Aujourd’hui, nous sommes témoins d’une campagne calomnieuse et haineuse contre l’intellectuel et écrivain Ahmed Assid l’accusant à tord d’avoir porté atteinte au Prophête et faisant ainsi courir des risques à sa vie.
L’extrémisme religieux, c’est un danger non seulement pour nos esprits, mais pour nos vies et pour la paix dans notre pays. Nous en avons fait la douloureuse expérience lors des évènements du 16 mai 2003 qui a couté la vie à de nombreuses personnes innocentes ou encore lors des douloureux évènements récents d’Argana.
Dans des pays voisins, l’extrémisme religieux a conduit à l’assassinat de militants progressistes ce qui constitue un grand traumatisme pour les peuples et nous ne voulons pas que notre pays s’engage dans la voie de la violence et de la haine.
Nous pensons qu’un débat approfondi doit être engagé sur toutes les questions qui traversent notre société, loin de toute menace ou de toute violence et que le Parlement est le lieu de débat par excellence