Ismail Alaoui au quotidien Le Matin : «Nous avons dépassé les difficultés de démarrage»
Avez-vous pu dépasser les difficultés de démarrage ?
Je pense que nous avons dépassé ces difficultés de démarrage qui sont normales dans toute action humaine. On avait en premier lieu le problème de la prise de réalité telle qu’elle est. On avait aussi un problème de communication entre les composantes elles-mêmes de la commission chargée de ce débat.
Où en êtes-vous à présent ?
Nous avons mis fin à un épisode pour entamer un autre. Le premier épisode a été marqué par le tâtonnement sur le plan logistique. Maintenant que tout est réglé, le ministère va se retirer de la scène.
Ce sera à nous en tant que commission de prendre les choses en main pour le contact direct avec la société civile.
Mais qu’en est-il de la grogne de certaines personnalités de la société civile et certains acteurs associatifs ?
Je pense que la démocratie exige qu’il y ait de la grogne. Sans grogne, qui est un stimulant extraordinaire dans la vie démocratique de n’importe quelle société, rien ne peut marcher. Cette grogne a eu certainement des racines qui remontent à beaucoup plus loin que le déclenchement du processus du dialogue national pour la société civile. Par conséquent, j’estime qu’il s’agit d’une donnée tout à fait normale. L’essentiel est que le débat se fasse. La démocratie participative est une démocratie nouvelle chez nous. C’est cette nouveauté qui va conforter les acquis de notre peuple. Se pose actuellement le problème de l’interpénétration entre la démocratie participative et la démocratie représentative délégataire qui prévaut jusqu’à aujourd’hui. Les deux types de démocratie peuvent aller de concert.
Les protestataires veulent lancer leur propre dialogue national. Que pensez-vous de cette action ?
Tant mieux. On ne peut pas contester cette initiative. D’autant plus que le dialogue se fera à une grande échelle et ne sera jamais terminé. Je suis pour un maximum de réflexion, de débats, d’échanges de points de vue et de confrontations d’idées.
Repères
La priorité est accordée à l’élaboration des propositions législatives.
Le texte qui régit actuellement la vie des associations date de 1958.
Président de la Commission nationale du dialogue sur la société civile et président du conseil de la présidence au Parti du Progrès et du Socialisme.
Source : LEMATIN