Khalid Naciri, membre du BP et ancien ministre : «Notre combat est loin d’être achevé»
C’est une confirmation d’une continuité historique et politique fondamentale, celle d’un parti qui a été créé dès le départ dans les fondamentaux du patriotisme latent au cours de la période coloniale. Le parti a été créé dès le départ selon un référentiel de classe. C’est un parti de la classe ouvrière et des masses déshéritées et c’était également le parti du patriotisme intransigeant. C’est là un trait distinctif fondamental de ce parti pour qui l’appartenance des classes n’est en rien antinomique avec la revendication patriotique. D’un autre côté, le parti a créé les conditions d’évolution significative de la société marocaine en ce sens que le PPS a été même le premier à avoir introduit l’idée du socialisme. Aujourd’hui, cela ressemble à une évidence ; mais il faut dire, qu’à l’époque c’était loin d’être une évidence. Au contraire, il a fallu guerroyer pour faire entendre raison à tout le monde et pour mettre un terme à une idée saugrenue, selon laquelle le socialisme est une création de l’Europe…
Aujourd’hui, nous sommes fiers de constater que personne ne peut se permettre de considérer le socialisme comme une idée inconsistante, une idée saugrenue dans le paysage sociétal et politique marocain. On peut affirmer également que le PPS, à travers ses multiples pérégrinations pendant la période de la répression coloniale et pendant la période de la répression réactionnaire, a pu résister et demeurer pour accomplir la mission pour laquelle il est né, celle de servir d’élément essentiel pour apporter tout son soutien auprès des classes déshéritées et surtout pour que l’évolution de la politique dans notre pays aille dans ce sens. En fait, la préservation de la dignité des citoyennes et des citoyens est un élément structurant de la démarche politique du PPS et ce pour faire en sorte que les nouvelles générations puissent s’éduquer dans un référentiel patriotique intransigeant. C’est la raison pour laquelle nous considérons aujourd’hui que nos missions sont loin d’être achevées, que nous soyons à l’opposition ou au gouvernement. Cela signifie que seul le positionnement peut changer mais pas le référentiel et les convictions que nous soyons à l’opposition ou au gouvernement. Le front de combat change, et non plus les principes. Il faut dire que le PPS en intégrant le gouvernement de Benkirane n’a fait qu’assumer ses responsabilités, celles d’exercer une certaine vigilance des forces progressistes et maintenir le cap vers la modernité.
K .D (ALBAYANE)