Charafat : Le projet gouvernemental du transfert des eaux du nord vers le sud est à l’étude
«L’Espace de l’Ingénieur de la modernité et du progrès» relevant du Parti du progrès et du socialisme (PPS) a organisé, samedi 21 décembre 2013 à Rabat, dans le cadre des festivités marquant le 70ème anniversaire de la création du parti un colloque scientifique sur «la politique de l’eau au Maroc à l’heure des changements climatiques», à l’issue duquel les participants ont appelé à l’évaluation et l’actualisation de la stratégie nationale de l’eau, une ressource rare et géographiquement mal répartie face à une demande croissante.
Présentant les objectifs de cette rencontre, dont il était le modérateur, le coordinateur national de «L’Espace de l’Ingénieur de la modernité et du progrès», Morad El Ghazzali, a indiqué qu’elle est initiée par l’Espace dans le cadre de la commémoration du 70e anniversaire de la création du parti du progrès et du socialisme. Cette décision a été également prise au moment où le Maroc va manquer cruellement d’eau dans les années à venir. C’est pourquoi, «L’Espace de l’Ingénieur de la modernité et du progrès» a jugé utile de réunir des experts en la matière pour débattre de la problématique de voir la communauté internationale toute entière confrontée aux changements climatiques qui ont donné naissance à des phénomènes spontanés extrêmes (longues sécheresses, crues soudaines et d’une gravité sans précédent).
Améliorer la gestion des ressources en eau
Prenant la parole, Mme Charafat Afailal, ministre déléguée, chargée de l’Eau, a souligné que l’amélioration de la gestion et de la réparation des ressources en eau est un impératif pour pouvoir faire aux effets des changements climatiques au Maroc, de plus en plus confronté à des périodes récurrentes de sécheresse et des inondations soudaines catastrophiques (flush flood).
La ministre, également membre du Bureau politique du Parti du progrès et du socialisme, a annoncé à cette occasion que le projet de transfert des eaux du nord du pays vers le sud dont le coût est estimé à 30 milliards de dirhams, est à l’étude.
Dans son exposé sur la politique du département, Charafat a rappelé que le Maroc enregistre quelque 140 milliards de m3 de précipitations par an et ses ressources en eau naturelles tournent autour de 22 milliards de m3 par an : 18 milliards de m3 par an sont des eaux de surface et 4 milliards des eaux souterraines.
Dès la fin des années 60, a-t-elle ajouté, le Maroc avait mis en œuvre une politique de mobilisation des eaux basée sur la construction des barrages, ce qui lui a permis de disposer pour le moment de 130 grands barrages d’une capacité totale de 17,5 milliards de m3, des milliers de forages et de puits et plus d’une dizaine de systèmes de transfert d’eau.
En matière de mobilisation de l’eau potable, la desserte en milieu urbain est totale (taux brut de 94 %), alors que le taux de desserte en milieu rural est de 92 %.
Grâce donc aux efforts déployés depuis l’indépendance, le Maroc s’est doté d’une bonne maîtrise de ses ressources en eau rares, et d’une infrastructure fiable pour la satisfaction des besoins en eau des centres urbains et de l’irrigation.
Parmi les autres réalisations, il convient de citer aussi la création des instances consultatives et de coordination (Conseil supérieur de l’eau et du climat, agences des bassins hydrauliques et commissions provinciales et préfectorales), l’adoption du plan national de l’eau et les plans d’orientation d’aménagement intégré des ressources en eau au niveau de tous les bassins hydrauliques.
Pour renforcer ce dispositif de protection, il été décidé d’appliquer le principe : «le consommateur-payeur», «le pollueur-payeur».
Elle a en outre mis en relief les contraintes dus surtout à la pression démographique et à l’exploitation abusive des eaux souterraines. Le niveau de la nappe de phréatique a reculé de 18 mètres en l’espace de 24 ans seulement.
Au cours des dernières 35 années, a-t-elle dit, le Maroc a dû faire face à 24 périodes de sécheresse et à des crues soudaines (flush flood)).
Écrit par M’Barek Tafsi