Le PPS appelle à un plan de sauvetage de la métropole
Le Bureau de la Région de Casablanca du Parti du Progrès et du socialisme (PPS) a appelé dans un communiqué à l’adoption d’un plan de sauvetage de la ville de Casablanca dont la situation de crise s’est détériorée sur tous les plans, du fait des dysfonctionnements marquant la gestion des affaires de la capitale économique du pays.
Pour faire face à l’aggravation des crises aiguës et des problèmes de la ville, le PPS souligne «la nécessité de conjuguer les efforts et de mobiliser toutes les énergies et les acteurs soucieux de préserver les intérêts et droits des habitants et d’ouvrir un large débat au sujet d’un plan de sauvetage qui permet de faire des pas concrets et réels sur la voie du redressement de la situation» de la ville.
Le Parti du progrès et du socialisme appelle aussi «à relancer l’expérience de coordination de l’action politique commune et de l’élargir sur la base d’un plate forme de lutte devant faire l’objet d’entente».
Au-delà de cette action, ajoute le communiqué de la Région, il est nécessaire d’œuvrer pour la mise en place d’une large coalition composée du plus grand nombre d’acteurs dans les domaines social, professionnel, économique, culturel, artistique et des droits humains.
La crise de Casablanca a atteint un seuil tellement compliqué qui l’a rendu difficile à résoudre par une seule partie ou quelques parties limitées. Il est impératif de mobiliser toutes les énergies et acteurs honnêtes et soucieux de préserver l’intérêt de la ville dans le but d’ouvrir de nouvelles perspectives en affrontant les grands dysfonctionnements de la ville pour la mettre sur la voie d’une réforme globale et intégrée.
Au cours de sa précédente réunion, rappelle le communique, le Bureau régional du PPS avait passé en revue la situation « préoccupante » de la ville dont « les problèmes et les crises aigues se sont aggravés ».
Il y a deux ans, rappelle le communiqué, le Bureau régional avait attiré l’attention des responsables sur «l’échec total de la gestion des affaires de la ville et réclamé la démission des responsables à qui il fallait demander des comptes sur la prévarication marquant leurs comportements ainsi que sur la crise de la ville».
Malgré certaines réalisations (tramway, tunnels, marina), la crise s’est malheureusement aggravée, même après le discours royal ayant attiré l’attention sur l’état de la ville et appelé à résoudre la crise, note le communiqué, déplorant le fait que le bureau du Conseil de la ville n’a en fait procédé qu’à la reprogrammation de certains projets et programmes en cours, la révision des cahiers des charges pour le secteur de l’assainissement, de la pollution du littoral oriental de la ville, sans oublier la question des biens de la ville et l’occupation du domaine public, le tout a été présenté sous forme d’un plan d’urgence lors de la session tenue le 31 octobre 2013.
Devant cette situation alarmante, le Conseil de la ville s’est montré incapable de prendre des initiatives et des mesures susceptibles d’atténuer le poids de la crise et les problèmes que subissent les habitants en matière de transport, de blocage des routes, de collecte des ordures ménagères et des déchets, de manque des espaces verts et du déficit des secteurs sociaux.
Cette situation est malheureusement due à la poursuite des conflits d’intérêts et à l’anarchie qui marquent la prise de décisions en matière de gestion, ce qui s’est traduit par une aggravation du poids de la dette et la cession de nombre de biens de la ville à des prix qui ont fait perdre à la ville quelque 50 milliards de centimes.
Jusqu’à présent, note le communiqué, la décision prise au sujet de la révision des contrats d’exploitation de certains biens de la ville est restée lettre morte comme c’est le cas des complexes touristiques, du restaurant de la Fontaine, et des complexes sportifs.
Cette gestion défaillante des services communaux s’est traduite par la prolifération des détournements et des opérations de fraude comme c’est le cas du marché de gros des fruits et légumes, apprend-on de même source.
Dans le but de redresser la situation, les autorités de tutelle, rappelle le communiqué, ont pris un certain nombre d’initiatives pour aider à résoudre les dysfonctionnements, qui semblent n’avoir pas abouti aux résultats escomptés.
Les institutions de gestion des affaires locales de Casablanca ont besoin plus que jamais de démocratie et de transparence, relève le communiqué, selon lequel Casablanca fait face depuis de longues années à une mauvaise gestion, à la corruption, à la prévarication et à d’autres pratiques faisant fi des intérêts des habitants, comme l’avait mis en relief le procès symbolique organisé en 2009 par le PPS en partenariat avec les partis de la gauche. Une telle gestion ne peut donner lieu qu’a des résultats catastrophiques, avait on souligné, à l’issue de ce procès.
Encore une fois, le PPS renouvelle son appel à mettre fin aux méthodes anarchiques de gestion et à adopter une nouvelle vision intégrée pour le sauvetage de Casablanca, la réhabilitation de son image et de sa position, la promotion de ses services et l’amélioration des conditions de vie de ses habitants.
Écrit par M’Barek Tafsi