Sbihi : «Je n’ai rien contre les laiteries mais je regrette qu’elles sont en train de prendre la place des librairies partout au Maroc»
«Je n’ai rien contre les laiteries, mais il est regrettable de constater qu’elles sont en train de prendre la place des librairies encore ouvertes partout au Maroc», a affirmé, mardi 4 février 2014 à Rabat, le ministre de la Culture, Mohamed Amine Sbihi, lors d’une conférence de presse de présentation du Salon International de l’édition et du livre (SIEL) dont la 20e édition, placée sous le Haut patronage de SM le Roi Mohammed VI, est prévue du 13 au 23 février à Casablanca.
Les libraires, qui résistent encore, en dépit du soutien du ministère sont de véritables pionniers qui «militent pour la promotion de la culture, de l’édition et du livre» et que le ministère se doit d’appuyer davantage dans leur honorable mission, a dit le ministre, qui s’est insurgé contre la cherté des prix de vente du livre au public pour différentes raisons. 45 % de ce prix de vente vont aux distributeurs, a-t-il affirmé, avant de suggérer la création d’une société mixte de distribution entre les secteurs public et privé.
Il a également appelé à l’adoption d’une politique multisectorielle d’encouragement de l’édition et du livre avec la participation de tous les départements et secteurs concernés en accordant à la filière dans toutes ses étapes des exonérations fiscales et d’autres avantages.
Le ministre de la Culture a annoncé à cette occasion l’entrée en vigueur de la nouvelle formule adoptée par son département pour l’appui du secteur de l’édition et du livre dans le cadre du grand chantier lancé pour le soutien de l’industrie culturelle de manière générale sous forme d’appel à projets culturels.
Ce chantier concerne non seulement l’édition et le livre mais également la musique, les arts chorégraphiques, le théâtre et les arts plastiques et visuels, a-t-il expliqué, ajoutant les nouvelles dispositions prévues dans ce cadre seront mises en œuvre à travers des décisions conjointes entre le ministère de la culture et le ministère de l’Economie et des finances.
Cette 20e édition est organisée en collaboration avec l’Office des foires et des expositions de Casablanca (OFEC) sous le thème «vivre le Maroc culturel».
Le SIEL va accueillir 54 pays avec 270 exposants directs et 522 exposants indirects, ainsi qu’un nombre considérable d’institutions culturelles, d’associations, d’instituts, d’ambassades et d’annexes culturelles étrangères, soit une augmentation de 1,5 pc par rapport à la précédente édition.
Le ministre a fait savoir que l’édition va accueillir cette année la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), composée de quinze pays, en tant qu’invité d’honneur.
A l’exception du Cap vert et du Bénin, a-t-il dit, treize (13) ministres de la Culture de ces pays ont confirmé leur présence au SIEL, accompagnés de délégations culturelles, et ce en plus des représentants de la Commission de la CEDEAO. Cette présence est à même de contribuer à l’enracinement de la vision du Maroc de son ancrage africain et de la culture du Continent noir en général, d’autant plus que seront présents d’éminents créateurs, penseurs et professionnels de l’édition des différents pays invités.
A l’instar des précédentes éditions, l’ouverture de ce grand rendez vous sera marquée par la remise du prix du livre au titre de l’année 2013, auquel le ministère de la Culture un intérêt croissant, a affirmé le ministre, qui s’est félicité du riche programme de la manifestation.
Les principaux indicateurs du programme culturel de l’actuelle édition consistent en l’organisation de plus d’une centaine d’activités, avec une moyenne quotidienne de 10 activités réparties entre trois espaces.
Le public rencontrera, lors de ces activités, une pléiade de conférenciers, écrivains et penseurs, comprenant 338 intervenants marocains et 75 intervenants arabes et étrangers.
Les activités culturelles de la 20ème édition du SIEL comportent des conférences, des tables rondes, des colloques thématiques, des lectures, des signatures, des rencontres avec de nouvelles voix littéraires et des hommages à des noms culturels disparus. Elles aspirent, parallèlement, à présenter une approche pluraliste reflétant la diversité et la richesse de la scène culturelle nationale. Par ailleurs, et comme lors des éditions précédentes,
Le SIEL réservera un espace particulier aux enfants, avec une programmation stimulant la lecture et la création chez eux.
Rendez-vous incontournable entre le lecteur et les auteurs, le SIEL est aussi, un forum d’opinions, de visions et de réflexions confinées dans les esprits et les cœurs des penseurs, poètes et créateurs qui sont tous, là, pour partager ce trésor avec le public du Salon.
L’édition de cette année aspire à mettre en lumière le modèle culturel marocain, dans sa diversité constructive et son authenticité positive et ouverte sur la vie.
En choisissant les pays de la «Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest» comme invités d’honneur, le Maroc culturel, représenté par le ministère de la culture, vise au renouvellement des liens de fraternité, d’amitié et de communauté de destin qui lient le Royaume avec sa continuité et son ancrage africains.
Ce choix exprime, en outre, une ambition tenant compte de l’ensemble des paramètres participant à renforcer et à raffermir ces rapports, qui ont constitué dans le passé, et continuent à constituer présentement, un accès vers l’établissement de nouvelles voies de coopération, de complémentarité et de progrès pour les peuples du continent africain.
En agissant ainsi, le ministère de la Culture tient à réaffirmer que la force du continent africain et son avenir sont tributaires du renforcement de ses fronts culturels et de leur complémentarité, d’autant plus que ces fronts sont un outil incontournable pour affronter les problématiques du développement et de la mondialisation.
Écrit par M’Barek Tafsi (ALBAYANE)