Rachid Roukbane pour le Matin : «La liste doit être une mesure transitoire»
Le Matin : Quelle évaluation faites-vous de l’expérience des jeunes parlementaires de la liste nationale ?
Rachid Roukbane : Les partis politiques qui ont adopté la méthodologie démocratique dans le choix des jeunes qui ont été cooptés pour la liste nationale et qui ne se sont pas basés sur le clientélisme et le copinage ont pu impacter positivement, grâce à leur approche, le rendement de l’institution législative. Le taux de présence des jeunes à la Chambre des représentants est élevé. Ils participent tant au volet législatif que celui du contrôle même au niveau des commissions. Ils ont pu insuffler une nouvelle dynamique à l’action parlementaire.
Mais peu de jeunes parlementaires ont pu, au cours des deux dernières années, marquer de leur empreinte l’action parlementaire ?
Si certains partis ont recouru à l’approche démocratique dans le choix des jeunes de la liste nationale, d’autres ont sélectionné des candidats selon des critères antidémocratiques. C’est le choix initial des candidats qui s’avère de la plus haute importance et devra répondre aux règles démocratiques.
Vous étiez le mandataire de la liste nationale du PPS en 2011. Vous avez pu accéder à la présidence du groupe parlementaire de votre parti. Comment qualifier votre expérience ?
La liste des jeunes du PPS a été composée des membres du cabinet politique et du bureau politique du parti. Ils assumaient des responsabilités au sein du parti et ils étaient élus au sein de ces instances. C’était la démocratie interne qui avait prévalu. En effet, le comité central avait élu les candidats pour la liste nationale.
En ce qui concerne le choix du président du groupe, la même approche démocratique a été mise en place. C’est une expérience de la plus haute importance.
Êtes-vous pour le renouvellement de la liste nationale dédiée aux jeunes ?
Personnellement, je pense que la liste nationale dédiée aux jeunes devra être uniquement mise en œuvre lors d’une phase transitoire, pas nécessairement une seule fois. L’objectif est de pouvoir augmenter le taux de participation des jeunes compétences au sein du Parlement. La liste nationale ne devra pas être une solution durable. Il est à signaler que la loi organique de la Chambre des représentants n’autorise pas la réélection (dans le cadre de ce système) du jeune qui a déjà bénéficié de l’expérience de la liste nationale.
Au sein du PPS, on recommande la mise en place d’une liste nationale des cadres composée de femmes, de jeunes et moins jeunes. De cette manière, plusieurs compétences pourraient accéder au Parlement. Ce choix donnerait, sans aucun doute, un coup de fouet au vote politique.
Est-il facile pour un jeune d’accéder aux instances décisionnelles au sein des partis politiques ?
On ne peut pas porter le même jugement sur tous les partis politiques. Dans certaines formations politiques, l’accès aux instances décisionnelles est semé de difficultés et parfois tributaire d’ancienneté. Aussi, les jeunes peinent-ils à accéder aux postes de responsabilité.
Heureusement, il existe des partis politiques qui appliquent la démocratie interne et ouvrent la voie aux jeunes compétences pour accéder aux instances décisionnelles. Au sein du PPS, le taux des jeunes est élevé dans le comité central et plusieurs jeunes assument des responsabilités au niveau local et provincial.
Quels sont, selon vous, les critères requis pour qu’un jeune puisse accéder au Parlement ?
Je pense que le jeune devra être empreint d’un solide esprit de nationalisme. Il devra toujours faire prévaloir l’intérêt général du pays. Il devra avoir les compétences nécessaires pour assumer la mission parlementaire. Il devra aussi être imprégné et convaincu par les principes et l’identité du parti auquel il appartient. Quand le parlementaire s’exprime, c’est au nom de sa formation politique. Il devra, en effet, être responsable de ses propos. Il est appelé à refléter la vision de son parti au sein du Parlement.