Benabdellah donne le coup d’envoi des forums de discussion des documents du 9e Congrès national du PPS
– Khalid Naciri :la participation du PPS à l’actuelle coalition gouvernementale s’inscrit dans la dynamique de poursuivre la bataille pour un «Maroc des institutions et de la justice»
– Pr Amina Messaoudi : le mot d’ordre du 9e congrès national du PPS trouve son inspiration dans la Constitution
Le secrétaire général du Parti du progrès et du socialisme (PPS), Mohamed Nabil Benabdellah a donné le coup d’envoi des forums de discussion des documents du 9e Congrès national du PPS, prévu les 30 et 31 Mai et le 1er juin à Bouznika en présidant lundi soir à Rabat la première rencontre du genre dédiée au thème de ce congrès: «le Maroc des institutions et de la justice sociale». Après leur adoption à l’unanimité par le Comité central du parti, les documents du congrès doivent à présent être exposés au débat public, chercheurs, universitaires, acteurs de la société civile et politiques dans l’objectif de les enrichir dans le cadre de cinq fora avant leur validation définitive par le Congrès, a-t-il dit. Outre le thème du congrès national, «Le Maroc des institutions et de la justice sociale», le Bureau politique a programmé des fora pour débattre en public d’autres thèmes : «le modèle de développement et la question sociale» «le système de l’éducation et de la formation», «la gestion locale et la démocratie participative» et «l’égalité homme-femme et la parité». Les documents du congrès seront également examinés en public aussi bien au sein des structures régionales et locales du parti ainsi que par les organisations et secteurs parallèles du PPS.
Khalid Naciri : poursuivre la bataille pour un «Maroc des institutions et de la justice sociale»
Prenant la parole, Khalid Naciri, membre du Bureau politique du parti et président de la Commission chargée de la thèse politique du 9e congrès national du PPS, a d’emblée fait savoir que la participation du parti à l’actuel gouvernement de coalition s’inscrit dans la dynamique de poursuivre la bataille pour la construction du Maroc des institutions et de la justice sociale. Il ne s’agit pas d’une coalition idéologique, mais d’une alliance fondée sur la base d’un programme gouvernemental et d’une charte qui définissent les modalités de travail et les réformes à réaliser dans le cadre de l’édification du Maroc des institutions. L’actuel gouvernement, issu des élections de 2011 est le fait marquant par excellence de l’actuelle phase de transition que vit le pays depuis le lancement de la commission chargée de l’élaboration de la nouvelle Constitution de 2011, laquelle commission avait adopté dès le départ une approche de consensus et de compromis pour la réussite de ses projets. En agissant de la sorte, le pays, a-t-il dit, a réussi à négocier de manière intelligente les grands changements en cours dans la région arabe et maghrébine dans le cadre de ce qu’on appelle le «printemps démocratique» tout en préservant sa stabilité politique et en engageant nombre de réformes visant à répondre aux attentes des citoyens. Le pays s’est doté d’une nouvelle Constitution et d’un gouvernement issu des élections, dirigé par un parti politique à référentiel religieux et avec la participation du PPS, un parti socialiste et progressiste de gauche, le premier à avoir d’ailleurs introduit au Maroc l’idéologie socialiste, fait que personne ne peut lui contester. Tout en étant attaché à son identité de parti de gauche progressiste et socialiste, le PPS a donc fait le choix de participer à l’actuelle expérience gouvernementale inédite, dirigée par le Parti de la justice et du développement (PJD), un parti à référentiel islamique, notant que cette participation est toutefois conditionnée par le respect des libertés et des institutions. Selon lui, il est superficiel de vouloir taxer l’actuel gouvernement de coalition de conservateur. Non, c’est un gouvernement de réformes, celles qui sont définies d’un commun accord par toutes les composantes de cette coalition dans le programme gouvernemental mis en place, a-t-il dit, notant que le Maroc vit actuellement trois transitions : constitutionnelle, parlementaire et gouvernementale. Tout en étant un allié fidèle très respectueux de ses engagements, le PPS soutient qu’il ne s’agit pas d’une coalition à caractère idéologique, qui serait en contradiction avec son identité socialiste. Loin s’en faut, chacun des partis politiques de cette coalition se doit de respecter les différences idéologiques en présence, a-t-il dit, appelant à faire preuve de vigilance pour la réussite de l’actuelle expérience gouvernementale pour le bien de tous. Pour Naciri, l’esprit de compromis ayant prévalu au cours des travaux d’élaboration de la Constitution de 2011 doit inspirer tous les acteurs politiques pour mener à son terme le chantier des réformes requises pour la construction du Maroc des institutions et de la justice sociale, laquelle constitue en fait la carte d’identité du PPS. Sans perdre de vue les contraintes macroéconomiques et les défis économiques d’ordre interne et externe que le Maroc doit relever, le PPS tient à ce que le pays procède sans plus tarder aux réformes des régimes de retraite, de la caisse de la compensation et de la fiscalité, a-t-il dit, précisant que le parti estime indispensable de prendre des mesures sociales d’accompagnement pour la réussite de tels chantiers.
Pr Amina Messaoudi : le mot d’ordre du 9e congrès national du PPS trouve son inspiration dans la Constitution
Chargée de donner la réplique à l’exposé de Khalid Naciri, le professeur universitaire Amina Messaoudi, ancienne membre de la Commission chargée de l’élaboration de la Constitution de 2011, a indiqué que c’est dans cette loi fondamentale qu’il faut chercher les fondements du thème du 9e congrès national du PPS, «Le Maroc des institutions et de la justice sociale», et en particulier dans son article 7 consacré aux partis politiques dont la fonction, l’organisation et les programmes sont détaillées aussi dans la loi organique sur les partis politiques pour leur permettre d’encadrer les citoyens et contribuer à la structuration de l’opinion publique. Livrant ses propos en tant que témoin avisé des perturbations politiques et sociales en cours dans la région, elle a estimé que c’est à travers les compromis et les alliances que des pays comme la Tunisie et le Yémen sont en train de sortir de cette phase très tourmentée. Pour les partis politiques marocains, l’expérience n’est pas nouvelle, puisqu’elle remonte au gouvernement de l’alternance dirigé par Abderrahman Youssoufi, qui comptait sept partis politiques, lesquels avaient convenu de travailler ensemble pour mener une série de réformes. Depuis lors, les partis politiques marocains établissent des alliances électorales, parlementaires et gouvernementales, étant donné que le mode de scrutin en place ne permet pas à un seul parti politique de remporter la majorité pour pouvoir former tout seul le gouvernement. Pour le professeur Messaoudi, l’expérience gouvernementale en cours avec la participation du PPS n’a rien de surprenant, sauf peut-être le fait d’être menée au lendemain de l’adoption d’une nouvelle Constitution ayant bénéficié d’un large consensus national et ce dans l’objectif de réaliser un chantier de réformes visant l’édification du Maroc des institutions et de la justice sociale, tel que le prévoit de manière globale la nouvelle loi fondamentale du pays. Réagissant aux propos des uns et des autres, plusieurs acteurs présents dans l’amphithéâtre archicomble de la Bibliothèque Nationale du Royaume ont pris la parole pour commenter et défendre leurs points de vue sur tel ou tel point. C’est ainsi qu’il a été proposé de faire une lecture active et non passive du mot d’ordre du prochain congrès national. Oui, il faut dire «pour le Maroc des institutions et de la justice sociale» dans l’objectif de s’interroger sur les prérogatives de toutes les institutions du pays, dont en premier les pouvoirs de l’institution monarchique, a-t-on proposé au cours de cette séance présidée par Mohamed Amine Sbihi, membre du Bureau politique. D’autres questions inscrites à l’ordre du jour du prochain congrès national du PPS telles le renouvellement des structures dirigeantes du parti ont été évoquées ainsi que nombre de sujets d’actualité. Ce débat public de la thèse politique du 9e congrès national a donc attiré une assistance fort nombreuse de citoyens : des défenseurs de droits de l’homme, des hommes politiques, des universitaires, des chercheurs, des étudiants, des experts et des militants de partis politiques.





