Nouzha Skalli : la parité, levier principal du développement

Promouvoir la politique de mixité

nouzha_skalli_pps2Nouzha Skalli, ancienne ministre, députée et membre du BP du PPS s’est penchée dans son intervention, au forum de discussion publique organisé jeudi 15 mai à Casablanca sous le thème «Egalité/lutte contre la discrimination et édification d’un Maroc des institutions et de la justice sociale : quels défis ?» ,sur le thème, la parité en tant que levier principal du développement. Pour elle, il serait absurde d’infirmer les diverses réalisations et réformes entamées par l’Etat pour consacrer le principe de l’égalité entre les deux sexes. A commencer par le Code de la famille, la loi de la nationalité, en passant par le budget genre et le programme multi-sectoriel «Tamkine» pour lutter contre la violence à l’égard des femmes. A cela s’ajoute également l’agenda gouvernemental 2011-2016… Grâce à ces multiples efforts, la situation de la femme a connu un progrès significatif. Argument à l’appui, la députée du PPS a fait allusion à la représentation politique des femmes dans l’enceinte parlementaire qui s’élève à 67 femmes parlementaires dans le mandat législatif actuel, et ce suite à l’adoption de la liste nationale. Le même constat peut s’appliquer aux femmes élues dans les conseils communaux dont le nombre est estimé à 3.428 femmes et ce grâce au mécanisme de la liste supplémentaire. Sachant bien qu’avant, leur nombre ne dépassait pas les 125 conseillères, soit 0,5%. «Le renforcement du principe de la discrimination positive et la consécration du mécanisme du quota demeure indispensable pour permettre aux femmes l’accès aux postes de décisions», a déclaré l’ex-ministre de la Famille et de la solidarité.

Il faut reconnaitre que tous ces progrès sont dus aux efforts des partis progressistes, du mouvement féministes mais essentiellement à la forte volonté de S.M le Roi Mohammed VI, a-t-elle ajouté.

A l’instar de Rachida Tahiri, Skalli a appelé à la mise en œuvre des dispositions des articles 19, 30 et 31 de la Constitution et ce sans réserve. Cela nécessiterait, «des mesures audacieuses voire révolutionnaires», a-t-elle noté en substance. Et d’ajouter «la fidélité aux principes de la Constitution en fait une obligation des dirigeants de l’Etat», pour que le Maroc puisse rattraper le retard accusé en matière de la situation de la femme. Pour Skalli, le quota fixé à 10% devrait être revu à la hausse pour qu’il passe au minimum à 30% ou ce qu’elle a désigné par le terme de «la masse critique», soit le minimum pour que cette catégorie puisse faire entendre sa voix et influencer sur le processus décisionnel.

Il faut dire que par rapport à d’autres pays voisins, le Maroc est dépassé de loin en matière de la représentation féminine au sein de l’hémicycle tels le Sénégal 43%, la Tunisie, 28% ou encore l’Algérie avec 31,6% de femmes au Parlement, a clarifié l’ancien ministre. Idem en ce qui concerne le ratio de la présence des femmes cadres dans les postes de responsabilité et qui ne dépasse point les 15% a fait savoir la conférencière… Ainsi, elle a invité tous les partis politiques à engager une politique de mixité dans les instances partisanes et développer les compétences des femmes, sans omettre de tisser des passerelles solides entres tous les acteurs concernés : partis politiques, société civiles, Parlement, entre autres. «La question de la femme doit être traitée loin de toute surenchère politique ou conflits partisans qui sont parfois sans sens. D’une manière plus claire, la question de l’égalité et de la parité devrait faire partie des constantes de la nation», a conclu la députée du PPS.