3e session du Conseil central de la jeunesse socialiste

Appel à rehausser le niveau du débat politique et à participer massivement aux prochaines échéances électorales

js pps

«Vous êtes tenu d´occuper davantage le devant de la scène et participer activement aux débats publics», a déclaré Abdelahed El Fassi, membre du bureau politique du parti du progrès et du socialisme (PPS) lors de l´ouverture de la troisième session du Conseil central de la jeunesse socialiste qui s’est déroulée les 16 et 17 mai au Complexe international Moulay Rachid de la jeunesse et de l’enfance à Bouznika.

Placée sous le thème «le rôle de la jeunesse dans la promotion de l’action politique», cette session marquée par des discussions intenses et des débats fructueux sur la situation politique actuelle a vu l’adoption de plusieurs documents et la mise en place des commissions nationales relatives à différents domaines. C’est d’ailleurs une première.  Une telle démarche a pour objectif de structurer davantage l’organisation et poser les jalons des actions futures.

Rehausser le niveau du débat politique

Abdelahed qui était accompagné d’Azzouz Senhaji et Driss Redouani, membres du bureau politique du parti, a exprimé au début de son intervention, la haute satisfaction de toute la direction du PPS  quant au travail  remarquable  entrepris par la jeunesse socialiste  dans divers  domaines, notamment en ce qui concerne les prises de postions relatives à des problématiques qui préoccupent l’ensemble de la société et en particulier la catégorie des jeunes. « Au niveau du parti, nous enregistrons avec grande satisfaction  le travail accompli par vos militants.

Plutôt,  le parti veille à appuyer vos actions et préserver  l’autonomie de votre organisation en tant que structure parallèle, car vous avez souvent fait preuve  de conscience voire d’un grand sens de responsabilité », a souligné en substance Abdelahed El Fassi. Et d’ajouter, « le parti tient compte amplement de vos contributions et remarques afin de développer son plan de communication et renforcer sa présence  pour que nous soyons à la hauteur de son poids politique dont personne ne peut contester aujourd’hui».

Ceci dit, selon l’intervenant, les jeunes doivent faire face aux comportements malsains qui entachent le paysage  politique et se porter candidats aux élections afin de réhabiliter l’action politique. Un tel objectif requiert d’abord un travail acharné au niveau de la formation afin de se doter des outils d’analyses nécessaires permettant une bonne  compréhension de la réalité et s’inscrire à la fois dans une démarche militante.

Par ailleurs, Abdelahed El Fassi a appelé les participants à déployer plus d’efforts pour rehausser le niveau du débat politique et s’inscrire aux antipodes des discussions absurdes et futiles qui nous éloignent des véritables questions et des attentes des citoyens marocains. « Dans une conjecture politique relativement complexe,  nous devons adopter, comme nous l’avons souvent fait, un discours raisonnable, équilibré et responsable. Un discours convaincant, positif, dans le cadre du respect des principes et des valeurs de l’école socialiste qui nous lient », a-t-il conclu son intervention.

Pour un Code pénal plus innovant

De son côté, Jamal Karimi Benchekroun, secrétaire général de la jeunesse socialiste, lors de la présentation du rapport du bureau national,  a mis l’accent sur l’importance de la participation de la jeunesse aux prochaines échéances électorales. « Il est de notre devoir de multiplier les efforts pour défendre certaines causes déterminantes pour les jeunes et pour que cette catégorie soit présente dans les postes de décision », a-t-il affirmé.  Abondant dans le même ordre d’idées, le nouveau leader de la jeunesse socialiste, s’est dit étonné par l’absence d’une véritable politique publique consacrée aux jeunes, faisant allusion dans ce sens aux textes juridiques relatifs aux élections prochaines. L’intervenant a ainsi déploré l’absence des listes électorales consacrées aux jeunes à l’instar de celles réservées au genre féminin, tout en appelant les responsables à élaborer une stratégie nationale de socialisation politique et de l’éducation à la citoyenneté. Et ce n’est pas tout. Le numéro un de la jeunesse socialiste a interpelé les pouvoirs publics quant à la qualité de l’enseignement supérieur qui ne cesse de se dégrader jour après jour. « Nous voulons un enseignement moderne, plus productif et adapté au marché du travail », a-t-il asséné.

Sur un autre registre, Benchekroun a exprimé l’amertume et la déception de la jeunesse socialiste quant à la dégradation du discours politique et l’utilisation d’un langage saugrenu qui ridiculise l’action politique et pousse les citoyens à déserter le champ politique.  Autre sujet non moins important soulevé par l’intervenant, celui de la mouture du Code pénal. « Il s’agit d’une mouture qui ne répond nullement aux attentes de la société marocaine et qui restreint les libertés individuelles », a-t-il déclaré. Et de préciser, «nous appelons à la mise en place d’un Code pénal  plus innovant et qui consacre les libertés individuelles et ce, conformément à l’esprit et aux dispositions de la Constitution».

Au final,  le secrétaire général  de la jeunesse socialiste a exposé les grandes lignes de son programme d’action pour les quatre années à venir. Un programme ambitieux qui donne la priorité à la restructuration de l’organisation, par la mise en place de plusieurs commissions nationales qui seront chargées de la formation et de l’encadrement, des droits de l’Homme, du secteur scolaire, des relations extérieures, des médias et de la communication, entre autres. Qui plus est, il a invité les militants  à procéder à la restructuration des sections locales et à mettre en place des programmes avec des objectifs bien précis et dont la finalité est de réconcilier les jeunes avec l’action politique.

Écrit par K. Darfaf

Al Bayane