Benabdellah, invité d’Al Oula
– Le PPS est en droit de défendre le bilan du gouvernement auquel il a pris la décision juste et souveraine de participer
– Le gouvernement a le mérite d’avoir l’intelligence qu’il faut pour gérer les divergences normales entre ses composantes * Le gouvernement a réussi à résister à toutes les tentatives de déstabilisation
– Le lancement de l’Initiative Al Karama en santé mentale, un évènement devant être inscrit en lettres d’or
– La saisie de la HACA traduit le respect par le chef du gouvernement des institutions du pays
– Le débat exagéré autour d’un film et d’autres faits divers devait plutôt porter sur des questions sérieuses comme l’enseignement
Le Parti du progrès et du socialisme (PPS) est en droit de défendre le gouvernement auquel il a pris la décision souveraine et indépendante de participer dans l’intérêt du pays, la démocratie et les larges couches de la population, a affirmé Mohamed Nabil Benabdellah, secrétaire général du parti et ministre de l’Habitat et de la politique de la ville, qui était mardi soir l’invité d’Al Oula.
Celui qui accuse à tort le PPS d’être l’avocat et le porte-parole du gouvernement ne mérite pas qu’on lui réponde. Ne dit-on pas que «le chameau ne voit que la bosse de l’autre» oubliant la sienne. Qu’il se tourne pour voir ce qui se passe chez lui, dans son parti déchiré par la guerre des clans et les règlements de compte entre les uns et les autres.
Le PPS a fait le choix de participer à ce gouvernement et il est en droit de défendre le bilan de ce gouvernement de coalition dont il fait partie, a-t-il dit, rappelant que la décision de participation a été prise de manière démocratique et indépendante par le parti.
A présent, le PPS estime avoir atteint ses objectifs à travers sa participation à ce gouvernement, issu des urnes, a-t-il dit, rappelant que les tentatives faites dans les années 2007 et 2008 de mettre la main sur la vie politique du pays et les événements intervenus en 2011, au cours desquels les jeunes sont sortis réclamer le respect des libertés, des droits et de la dignité ont amené le PPS à prendre une décision de participation, à la suite notamment de l’adoption de la Constitution de 2011 et des élections de novembre 2011, remportées par le Parti de la justice et du développement (PJD).
Au lieu donc de faire preuve de dogmatisme en choisissant la solution de facilité, le PPS a opté pour la participation, une décision prise dans l’intérêt du pays et des couches sociales pour faire partie de cette équation dans le but de préserver les acquis démocratiques et œuvrer pour davantage de justice sociale et de dignité, a-t-il expliqué.
En participant à une telle coalition, le PPS n’a jamais prétendu être la conscience de la modernité, a-t-il relevé, précisant que l’actuel gouvernement est homogène et a le mérite de n’avoir jamais pris une décision qui représente un recul par rapport à ce qui est réalisé en matière des droits, des libertés et de justice sociale.
Mieux encore, le gouvernement peut s’enorgueillir d’avoir à son compte d’importantes réalisations au profit de la classe laborieuse, a-t-il noté, émettant l’espoir que la reprise cette semaine du dialogue social avec les syndicats débouche sur des résultats positifs pour tous.
Quant aux syndicats des travailleurs, a-t-il rappelé, ils ont le devoir de défendre les droits des travailleurs, sachant qu’en l’état actuel des choses, il est difficile pour ne pas dire impossible de procéder à une augmentation des salaires des travailleurs.
Malgré donc la conjoncture difficile, il a été procédé à une augmentation de 10% du SMIG, en deux temps dans le privé, comme il a été convenu d’accorder un soutien financier aux veuves, de mettre en œuvre le fonds Takafoul social, d’augmenter les bourses des étudiants, d’accorder aux familles nécessiteuses un soutien pour la scolarisation de leurs enfants, de continuer l’exécution des engagements de l’accord du 26 avril, de poursuivre la subvention du gaz butane, etc.
En défendant un tel bilan, le PPS ne dit pas que le gouvernement a tout fait. Le PPS estime au contraire qu’il y a encore beaucoup de choses à faire pour réduire la pauvreté et le chômage, à travers par exemple la création de l’emploi, a-t-il ajouté.
Abordant le dossier de la réforme des régimes de retraite, il a rappelé que cette réforme, qui a accusé beaucoup de retard, n’a rien à voir l’agenda des élections.
Le dossier fait plutôt partie des sujets abordés dans le cadre du dialogue social, a-t-il affirmé, rappelant que le PPS est disposé à assumer pleinement sa responsabilité dans ce domaine car si la réforme n’est pas réalisée maintenant, on n’aura plus d’argent pour payer les pensions de retraite dans les prochaines années.
Il a toutefois fait savoir que le PPS a fait connaitre son point de vue sur le sujet, ajoutant que toutes les décisions prises depuis le gouvernement de Driss Jettou pour redresser la situation des caisses de retraite se sont avérées être sans impact positif sur le devenir des différents régimes, lesquels doivent actuellement faire l’objet d’une réforme globale pour éviter leur faillite.
Il a par ailleurs soutenu que la réforme de la Caisse de compensation est un succès pour le gouvernement contrairement aux allégations de l’Opposition, notant que les mesures prises par le gouvernement ont permis de ramener le déficit budgétaire de 7 % à 4,9 % et que les réserves en devises suffisent actuellement à couvrir 6 mois d’importation.
Il a par ailleurs fait savoir que l’actuelle coalition gouvernementale a le mérite de gérer de manière intelligente, pesée, raisonnable et civilisée les divergences, somme toutes normales entre ses composantes aux référentiels idéologiques différents au sujet de nombre de questions (mariage des mineures, âge des travailleurs et travailleuses domestiques, etc.).
Le gouvernement a aussi le mérite d’avoir réussi à résister à toutes les tentatives visant à le déstabiliser et à le faire tomber, allusion faite aux manœuvres menées au parlement pour empêcher le chef du gouvernement d’exercer son droit constitutionnel de réponse en provoquant l’annulation d’une séance constitutionnelle, a rappelé Benabdellah, précisant qu’il ne s’agit pas pour le PPS de défendre l’actuel chef du gouvernement Abdelilah Benkirane, qui est capable de le faire lui-même, mais de défendre une institution constitutionnelle dont le détenteur peut changer d’un jour à l’autre.
Commentant le débat en cours autour d’un film, d’un spectacle musical, de l’exhibition de deux femmes (Femen) sur l’esplanade de la tour Hassan à Rabat et de l’homosexualité, il a estimé que de tels sujets ne méritent pas qu’on leur accorde une telle attention au moment où le pays fait face à des défis sérieux. Il est regrettable de constater que le dernier rapport sur l’enseignement n’a bénéficié d’aucun commentaire comme s’il ne s’agit pas d’un sujet qui concerne le devenir des générations montantes du pays, a-t-il dit.
Il a en outre rappelé qu’en matière artistique, le PPS souligne que la liberté est la règle de base, à condition toutefois que cette liberté soit responsable.
Commentant la décision du chef du gouvernement de saisir la HACA au sujet de la diffusion d’un spectacle musical par la chaine publique 2 M, il a souligné que le chef du gouvernement a choisi la voix démocratique au lieu de convoquer par exemple un conseil d’administration de la chaine pour se prononcer sur la question. Ce faisant, le chef du gouvernement a administré la preuve de son respect total des institutions constitutionnelles du pays, a-t-il martelé.
Revenant aux réalisations de l’actuel gouvernement, il a réitéré l’attachement du parti à son droit de défendre l’actuel gouvernement dont il est membre, soulignant que le démantèlement du sanctuaire de Bouya Omar est une première au Maroc dont tout le gouvernement est fier. Le lancement lundi par le ministre de la Santé, Pr El Houssaine Louardi de l’Initiative Al Karama en santé mentale est un évènement qui doit être inscrit en lettres d’or dans l’histoire du pays, a-t-il dit, précisant que de cette modernité que parle le PPS.
Il est également l’unique ministre de la Santé à avoir initié un processus de diminution des prix des médicaments au Maroc (quelque 2000 diminutions réalisées jusqu’à présent), lequel processus devra se traduire à l’avenir par un réajustement des prix des médicaments nouvellement introduits sur le marché marocain.
Le ministre de la santé a lancé aussi un processus de renforcement et de refonte des services des urgences, doté le pays d’hélicoptères de transport des malades des régions reculées et d’accès difficile, etc.
Interrogé sur les réalisations de son département, il a indiqué que le secteur du bâtiment traverse en fait une période difficile, une sorte d’accalmie étant donné la saturation des acquisitions du logement social et la réticence des banques à accorder des crédits de logement, ajoutant qu’il vient de convenir avec les promoteurs immobiliers de tenir des réunions avec les banques pour les inciter à contribuer à la relance du marché.
Il a noté, dans ce cadre, que des milliers de logements sociaux attendent d’être livrés, sachant que durant les dernières années l’accent a été mis sur la qualité du produit et du respect des cahiers des charges en matière surtout d’équipements et de services sociaux. Un intérêt particulier a été également porté à la diversification à travers le lancement en 2014 du programme de logements destinés à la classe moyenne et à la réduction des frais de location, tout en encourageant le crédit bail immobilier.
Il a par ailleurs fait savoir que son département a réussi à faire bouger le dossier de Tamesna, qui continue d’être confronté à plusieurs problèmes inhérents à toute nouvelle ville dépourvue de certains services et équipements sociaux, émettant l’espoir de parvenir à un règlement définitif de la question, pour permettre la poursuite du chantier.
Le ministère a également pris en main le dossier des maisons menaçant ruine, comme il poursuit son action visant l’éradication des bidonvilles dans le pays.
Il a par ailleurs rendu hommage aux artistes et comédiens marocains pour les efforts qu’ils déploient pour présenter aux spectateurs des produits de qualité, en particulier durant le mois sacré de Ramadan, au cours duquel les chaines nationales enregistrent des taux d’audience élevés.
Il a par ailleurs renouvelé ses condoléances et ses sentiments de solidarité avec les familles endeuillées, à la suite de la disparation des enfants dans le drame d’Oued Cherrat dans la préfecture de Skhirate-Temara et émis l’espoir que l’entraineur Mustapha Lamrani, qui a également perdu sa fille dans cette catastrophe, soit relâché.
M’Barek Tafsi
Al Bayane
