Benabdellah à l’espace cadres du PPS de Rabat

– Rabat a tous les atouts pour devenir une ville intelligente

– Les jeunes cadres Kriem et Hatim proposent une capitale à la hauteur du Maroc de la modernité, des droits de l’homme et de la justice sociale

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«La ville comme espace de vie : Rabat comme modèle» est le thème d’une rencontre de réflexion, organisée lundi soir par «Espace-Cadres du PPS de Rabat» en coordination avec le Groupe de l’Alliance socialiste à la Chambre des Conseillers dans le but d’enrichir le débat autour de cette thématique concernant le devenir de la capitale du Royaume.

En organisant une telle rencontre, l’Espace-Cadres du PPS de Rabat a voulu justifier sa fonction en tant que club de réflexion et de débat ouvert à tous les intellectuels et représentants de la société civile désireux de s’exprimer et de faire profiter toute la communauté de leurs projets et idées, a d’emblée affirmé Mme Karima Cherkaoui, modératrice de la rencontre.

Il s’agit aussi pour les organisateurs de cette rencontre de rappeler aux militants qu’ils ne détiennent pas seuls la vérité et qu’ils sont tenus de mieux écouter les autres et en particulier les esprits illuminés pour pouvoir alimenter les thèses et programmes du parti et promouvoir des projets susceptibles de servir les intérêts de toute la communauté, a-t-elle expliqué.

Pour le secrétaire général du PPS, Mohamed Nabil Benabdellah, l’idéal est d’élargir cet espace des cadres de Rabat pour l’enrichir par les apports des nombreuses potentialités partisanes ou pas que recèlent non seulement la ville de Rabat, mais également les villes de Salé et de Temara qui l’entourent et qui lui ont permis de se préserver et de se conserver face aux vagues de l’exode rural envahissant.

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Présentant une étude réalisée par Espace-cadres de Rabat du PPS intitulé «Vivre Rabat aujourd’hui, imaginer Rabat demain», les jeunes cadres Youssef Kriem et Hatim Boumhaouède ont tour à tour souligné la portée et l’actualité de la thématique, compte tenu des défis auxquels la cité est confrontée.

Pour le jeune Kriem, un cadre exerçant dans le secteur privé, l’objectif recherché de cette étude est de développer la conception d’une ville de Rabat comme espace ouvert à tous sans discrimination aucune. Une série de propositions ont été suggérées dans ce sens de manière très spontanée par leurs auteurs, les unes plus généreuses que les autres mais qui ont toutes la particularité d’être très proches des préoccupations des habitants et de la réalité de tous les jours.

Et c’est dans un cadre très ouvert que les participants ont convenu de travailler pour contribuer à ce projet tout en restant attachés à la liberté d’opinion et d’expression.

Partant de là plusieurs réunions ont eu lieu au cours desquelles des propositions ont été présentées insistant pour la plupart sur les bienfaits de la politique de proximité et de la bonne gouvernance. Ont été abordées dans ce cadre toutes les fonctionnalités de la ville ayant trait notamment à la sécurité, l’assainissement, l’environnement, les espaces verts, la culture, mais également l’enseignement, la santé etc.

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Pas moins de 50 propositions ont été finalisées dans ce cadre, un produit devant être compilé dans une prochaine publication et faire l’objet d’une série de rencontres-débat pour l’enrichir et d’un suivi pour en assurer la mise en œuvre. Il est également envisageable d’institutionnaliser une telle initiative à travers la création par exemple d’une association en charge du dossier.

Pour sa part, le jeune Hatim a abordé le volet fonctionnel du projet qui a pour objectifs majeurs d’assurer à tous l’intégration urbaine et de les impliquer dans l’œuvre de développement et les progrès escomptés, le but étant de parvenir à assurer la cohésion et l’inclusion de tous les habitants.

En agissant de la sorte, le projet cherche à réduire la fragmentation et la gentrification (embourgeoisement urbain) pour éviter que la ville ne s’intéresse qu’aux élites à l’exclusion des larges couches de la population en concentrant ses infrastructures et activités dans certains quartiers, à l’exclusion des autres.

Pour ce faire, les auteurs du projet proposent la promotion de la mixité dans toutes les actions entreprises au profit des habitants.

Au-delà de la vocation administrative de la ville, les auteurs du projet proposent d’en diversifier les fonctions pour enrichir et diversifier son patrimoine matériel et immatériel à travers la promotion de son secteur touristique et des activités de son université, la plus grande du pays.

youssef karim

Il est également proposé de faire profiter tous les habitants, y compris de la périphérie, des activités culturelles et éducatives de la ville et d’œuvrer pour combler tous les déficits dont souffre la capitale du royaume, a dit Hatim, selon lequel les auteurs du projet veulent un Rabat propre qui se débarrasse à temps de ses ordures et de ses eaux usées, un Rabat écologique, doté d’un plus grand nombre d’espaces verts, un Rabat qui ne tourne plus le dos à l’Océan, un Rabat dépollué, doté d’un système des transports en commun plus performant, moderne et moins polluant.

En un mot, les promoteurs du projet cherchent à hisser Rabat au niveau de sa fonction de capitale du Maroc de la modernité, des droits de l’homme, de la justice sociale et de l’égalité homme- femme, a affirmé Boumhaouède.

Benabdellah : faire de Rabat une cité intelligente

Réagissant aux questionnements des uns et des autres, le secrétaire général du Parti du progrès et du socialisme (PPS), également ministre de l’Habitat et de la politique de la ville, Mohamed Nabil Benabdellah a souligné que la cité a la particularité de disposer de tous les atouts pour devenir un ville intelligente en mesure de gérer l’ensemble de ses services et activités selon des méthodes technologiques modernes (transports, assainissement liquide et solide, mobilité urbaine, propreté, etc.)

Rabat est une ville verte, un atout devant lui permettre d’assurer un développement durable de ses activités tout en conservant ses potentialités naturelles et en faisant de l’efficience énergétique un de ses objectifs majeurs de son essor urbanistique, a dit le ministre, invitant les chercheurs de l’Espace-cadres de Rabat et leurs amis à faire preuve d’une plus grande imagination et créativité dans ce domaine, tout en restant collés à la réalité du pays et de la ville.

Il faudra en fait réfléchir à un Rabat lié d’un coté à Salé et de l’autre à Temara pour se poser la question de savoir s’il n’est pas temps de faire du binôme Rabat-Salé la capitale du Royaume et de déplacer certaines administrations à Salé, sachant que c’est presque tout Salé qui vient le matin à Rabat et le soir c’est tout Rabat qui se déplace vers Salé.

Cette intense mobilité urbaine doit en fait inciter à la réflexion de savoir comment rééquilibrer entre les deux villes, a estimé le secrétaire général, qui a suggéré au passage à l’Espace-cadres de Rabat d’élargir ses activités pour devenir un Espace-Cadres de Rabat, Salé et Témara.

Selon le ministre, les problèmes de la ville en général ne concernent pas seulement les élus, mais relèvent aussi des tâches confiés aux walis, gouverneurs, caids, pachas, Chioukhs et Moqaddem.

out en rendant hommage à l’initiative de l’Espace-cadres de Rabat, il a souligné qu’il est inadmissible de ne pas associer toutes les potentialités de la ville de Rabat à la réflexion et à la gestion des affaires de la capitale.

Toutes les élites désireuses de participer à l’amélioration de la gestion des affaires de leurs villes comme à Salé ou Casablanca et ailleurs doivent avoir la possibilité de le faire, a-t-il noté.

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Pour ce qui est de Rabat, a-t-il rappelé, la ville a la chance d’avoir réussi tant bien que mal à préserver l’essentiel de son cachet, grâce surtout à l’existence d’un côté de la ceinture verte la séparant de la ville de Temara, qui a accueilli une partie des nouveaux arrivants de l’exode rural et de l’autre côté de l’Oued Bouregreg qui empêche la ville de Salé d’empiéter sur Rabat.

Ceci dit, la ville de Rabat est confrontée à un certain nombre de problèmes qui durent depuis plusieurs années, dont celui de la prolifération des bidonvilles (quelque 90.000 ménages à Yacoub El Mansour, Hay El Fath, la Corniche). Un programme de relogement des bidonvillois, notamment à Ain Aouda et Tamesna, est en cours, étant donné qu’il est impossible de construire sur place.

Bien qu’ils soient réticents, les bénéficiaires de ce programme doivent avoir à l’esprit que la réalisation d’un tel programme va nécessiter la mobilisation de quelque 300 hectares.

Un effort exceptionnel est également déployé à Temara, deuxième ville du pays après Casablanca qui abrite le plus grand nombre de bidonvilles et Salé, sans parler de Salé-Kénitra, a-t-il dit.

Pour la ville de Rabat, a-t-il noté, un projet ambitieux intitulé «Rabat, ville des lumières» a été présenté à SM le Roi pour en faire une métropole à la hauteur de sa réputation nationale et internationale.

Le coût du projet est estimé à 9,4 milliards de dirhams dont 1,2 milliard de Dirhams financé par le ministère de l’habitat et de la politique de la ville, a affirmé le ministre, précisant que les projets retenus dans ce cadre visent la sauvegarde de la Médina, le traitement des maisons menaçant ruine, l’équipement des quartiers sous-équipés et la recherche de solutions aux quartiers surpeuplés et à haut risque (Maadides, Bouar El Hajja, Jble Raissi). Une étude technique est en cours de réalisation pour voir ce qu’on peut faire pour éviter que des catastrophes ne surviennent dans de tels quartiers bâtis dans l’anarchie sur des falaises et des sols glissants.

Ailleurs, tous la grands boulevards et artères de la ville dont la pénétrante côtière sont en chantier pour les rénover, les agrandir et les embellir pour leur permettre de mieux jouer leur rôle dans l’animation et le développement de la ville, a-t-il dit, ajoutant que toute la côte sera ouverte à toutes les activités pour que la ville s’ouvre vers la façade atlantique.

«Le mur de la honte» comme l’appellent les R’batis sera détruit et les façades seront refaites pour le plaisir des habitants et des passants.

Quant aux Boulevards Annakhil et Ennasr, il seront reliés à la mer pour que la ville en profite, a-t-il ajouté, notant que Rabat, ville des lumières, vise aussi à conforter l’identité et le cachet de Rabat comme ville des Administrations mais également des festivals et des activités de loisir et d’animation, à l’exclusion toutefois des activités industrielles.

Côté culturel, Rabat est en train de renforcer ses atouts en se dotant de plus en plus de musées, d’une bibliothèque nationale et d’autres secteurs à caractère culturel, a-t-il affirmé, soulignant toutefois la nécessité pour la ville de rester au service de tous ses habitants issus de toutes les couches sociales (démunies, moyenne et autres) en particulier dans les quartiers de Youssoufia, Taqaddoum, Yacoub El Mansour, ancienne Médina, mais également à Hay Riad, qui présente la particularité d’être un projet de quartier réussi qui abrite de plus en plus de bureaux administratifs, de services et d’habitants.

Et le ministre de souligner que la promotion de tous les quartiers de la ville de Rabat a pour but d’en démocratiser les activités avec la participation de ses habitants, appelés à participer à cette œuvre pour s’en approprier les fruits et contribuer à la gestion de ses affaires de la manière la plus démocratique qui soit.

M’Barek Tafsi

Al Bayane