Abdelahad Fassi-Fehri : Assurer une présence influente du PPS dans les institutions élues pour mieux servir les citoyens dans le respect de nos principes et la fidélité à nos 70 ans de lutte au service de la patrie et du peuple

Abdelahad Elfassi2Abdelahad Fassi-Fehri, membre du bureau politique du PPS et candidat dans la circonscription Agdal Hay Riad.

 

Al Bayane : le parti du progrès et du socialisme (PPS)  est engagé dans les élections communales et régionales ; qu’est ce que cela  représente pour le PPS ? quels sont les véritables enjeux de ces élections?

Abdelahad Fassi-Fehri : Sans nul doute, les enjeux de ces élections sont considérables ;au-delà des considérations strictement partisanes, notre défi majeur consiste à  concrétiser et à inscrire dans la réalité le projet de la régionalisation avancée.  Cela fait maintenant presque cinq ans que la Commission consultative de la régionalisation a remis son rapport qui aussitôt a trouvé un prolongement et une concrétisation dans la nouvelle  Constitution de 2011 adoptée  dans un contexte particulier. Maintenant, il faut passer à la mise en œuvre sinon il y le risque  que l’enthousiasme et la mobilisation autour de ce projet  s’essoufflent. Pour nous , il est essentiel de prendre ce projet dans ses dimensions réelles – politiques,institutionnelles,administratives,économiques,sociales et culturelles. N’oublions pas que le projet de  régionalisation avancée  a constitué l’introduction du discours royal du 9 mars 2011, qui a inauguré le processus de révision constitutionnelle ; il s’agit donc d’un projet fondateur, et non pas d’une simple réforme administrative comme le Maroc en a connu depuis le déclenchement du processus de décentralisation en 1976 ; ce projet  vient en réponse à l’exigence d’approfondissement de la construction démocratique et définit les bases d’une nouvelle gouvernance publique, qui rééquilibre les rapports entre l’Etat et les collectivités territoriales ; l’Administration d’Etat devra abandonner les attitudes de tutelle  ,au sens étroit du terme, sur les collectivités territoriales ,pour se mettre à leur disposition et leur apporter appui technique, logistique, financier ..pour les aider à mettre en œuvre leur projets de développement   ; la Région va gagner en légitimité démocratique puisque les conseillers régionaux seront élus directement par les citoyens ; la mission de planification qui lui est dévolue doit permettre de donner tout son sens à la notion de développement territorial intégré et d’accroitre l’efficacité des politiques publiques ,c’est-à-dire leur impact sur les conditions de vie des citoyens ;et  en même temps, la régionalisation avancée signifie le développement de la démocratie locale et de la gestion de proximité :les communes devront avec plus de moyens, plus de prérogatives, répondre aux besoins des citoyens en services publics essentiels et améliorer leur cadre de vie. Voilà donc les enjeux de ces élections. Bien entendu, pour réussir ce défi , il faut des élus compétents ,honnêtes, dévoués ,guidés uniquement par le souci de servir les citoyens et l’intérêt général. Et ce travail de réhabilitation et de renouvellement de la pratique politique et de la démocratie locale doit se faire avec les citoyens et sous leur  contrôle : il n’y a donc nulle place aux attitudes d’attentisme, d’abstention, de nihilisme …, qui , en dernier ressort, ne servent que les corrompus et ceux qui cherchent à entrer dans les institutions élues pour se servir et non pas  servir.

Estimez-vous que l’Administration d’Etat  est prête à aller jusqu’au bout pour concrétiser  ce chantier et mettre fin à une centralisation excessive dans la gestion publique?   

La nouvelle Constitution ,avec son contenu avancé sur le plan des droits et libertés mais aussi du point de vue institutionnel et de la gouvernance, doit tirer l’ensemble du Maroc vers le haut et nécessite une mise à niveau générale ; toutes les composantes de la société sont concernées : les partis ,la société civile ,les opérateurs privés …et, bien entendu, notre Administration.  Cette mise à niveau ne doit pas être posée comme un préalable , mais comme un axe de travail essentiel dans le processus général de mise en œuvre.

Pour répondre  de manière précise à votre question, il faut bien voir  que le modèle marocain de la régionalisation , tel qu’il est défini  dans la constitution et dans les lois organiques relatives aux collectivités territoriales, est celui de la construction de l’Etat unitaire décentralisé ; il ne s’agit pas d’un modèle fédéral ou d’un modèle à l’espagnole fondé sur les communautés autonomes. Ceci pour dire que l’Etat central aura toujours un rôle essentiel  à jouer, non seulement pour exercer certaines fonctions régaliennes telles la sécurité (au sens large), la justice, les affaires étrangères ,le contrôle du respect des lois  …mais encore définir des politiques publiques dans tous les secteurs économiques , sociaux et culturels (santé, éducation, culture, emploi et formation professionnelle,  habitat , industrie,  environnement et aménagement du territoire…) ; ce sont ces politiques publiques nationales qui devront permettre   d’assurer la cohésion et la solidarité nationale, abolir ou du moins atténuer les disparités sociales et territoriales. L’Etat central , son gouvernement, son Administration auront donc  toujours un rôle  central à jouer…Mais en même temps, les collectivités territoriales, conformément au principe de subsidiarité, verront leurs prérogatives s’élargir chaque fois qu’il apparaitra qu’elles sont mieux placées que l’Administration  d’Etat pour les mettre en œuvre. Mais ceci pose deux problèmes majeurs : il faut se doter d’une Administration territoriale de haut niveau ,  et ,plus particulièrement d’une véritable administration communale capable de délivrer des prestations de qualité…et là le chantier est énorme et il faut s’y attaquer avec un très grand volontarisme . En même temps , l’Administration d’Etat est appelée à s’adapter à son nouveau positionnement d’accompagnement des collectivités territoriales  , engager une véritable déconcentration, renforcer ses services extérieurs pour qu’ils soient en mesure de réagir aux sollicitations des partenaires locaux, privilégier  les démarches de concertation et de contractualisation. Vous voyez bien qu’il s’agit d’une vraie refondation des principes de la gouvernance publique… qui ,bien entendu, ne peut se réaliser que de manière progressive ; mais il faut bien se rendre compte que cette évolution est irréversible si on veut progresser de manière décisive vers la démocratie et vers le développement. Et notre Administration est mise ici au défi de démontrer ses capacités d’adaptation à cette nouvelle donne ; par ailleurs, il ne faut pas oublier que, dans un Etat démocratique, l’Administration est au service du politique ; et ce dernier est appelé à jouer son rôle et impulser les changements requis.

Mais la démocratie à elle seule est-elle suffisante pour assurer le développement et le progrès social ?

Pour nous , construction démocratique et progrès social sont les 2 facettes de notre combat dans la phase actuelle du développement de notre pays ; le progrès démocratique signifie la responsabilité politique des élus, à tous les niveaux :national, régional, communal..La responsabilité politique signifie que  tout électeur puisse imputer des décisions et des réalisations à un élu et lui demande des comptes, sinon le processus électoral devient vide de sens. Par ailleurs, la démocratie participative doit compléter la démocratie représentative fondée sur les élections et doit permettre une intervention et une vigilance permanente du citoyen, à travers notamment les organisations de la société civile pour contrôler l’action des élus, l’orienter et la corriger. Tout ceci bien entendu n’a de sens que si l’action des institutions élues a des incidences positives sur le niveau de vie des citoyens, améliore leur cadre de vie, permette  de répondre à leurs besoins en services publics essentiels. C’est pourquoi, tout en se battant pour des institutions démocratiques, il est essentiel de renforcer la présence au sein de ces instances élus ,de militants  compétents et dévoués certes mais  aussi inspirés par des orientations  de progrès et de justice sociale. La candidature au nom du PPS dans ces élections communales et régionales, aussi bien celle de ses cadres et militants que celle de  l’ensemble de ceux qui se présentent sous ses couleurs, ne peut avoir d’autre signification :agir pour le progrès social et servir le citoyen dans le cadre des orientations démocratiques, progressistes et de justice sociale  du PPS .

Aujourd’hui, le parti du progrès et du socialisme (PPS) connait une dynamique à tous les niveaux, certains observateurs le désignent comme la force montante. Quels sont alors vos objectifs ?

Le PPS a de grandes  ambitions pour ces élections. Au-delà des aspects quantitatifs qui sont bien entendu importants, puisque la démocratie est avant tout affaire d’arithmétique et de comptage des voix , il y a pour notre parti un enjeu d’ordre historique : il s’agit de corriger une sorte d’inadéquation entre son poids politique et son poids électoral . Incontestablement,  le parti a une histoire riche derrière lui ;le peuple marocain connait la qualité et le militantisme de ses cadres , son dévouement au service du peuple et, en particulier des plus démunis. L’histoire témoigne que le PPS a beaucoup donné pour la société et le pays  dans sa lutte pour la construction  démocratique,  la défense de notre cause nationale et a toujours été au premier rang pour la défense des revendications des classes défavorisées. Il n’y a pas un grand problème posé devant le pays ,qu’il soit d’ordre  politique, économique ,culturel ou sociétal sans que le PPS  ne prenne position de manière forte , et j’insiste là-dessus, indépendante. Au gouvernement ou,    comme cela  l’a été pendant très longtemps, dans l’opposition , il a eu toujours des positions fortes et avisées, véritablement d’avant-garde et il est perçue, par de larges couches de la population,   comme une véritable force de proposition.  Mais , pour des raisons diverses liées en particulier au niveau de maturité démocratique et  politique  mais aussi de développement social de notre pays, et malgré les évolutions récentes , son poids quantitatif dans les institutions élues et ses résultats électoraux , ne traduisent pas  son poids politique .Il y a aujourd’hui une opportunité historique pour corriger ce paradoxe. Mais attention : nous voulons renforcer notre présence dans les institutions élues non pas parce que nous serions devenus un parti électoraliste pour le bénéfice de quelques membres du parti ; nous voulons être plus influents, et donner plus de force et d’efficacité à notre combat au service de notre peuple ; pour nous, le combat dans les institutions n’est que le prolongement des luttes et des combats au côté de notre peuple.  Nous ne voulons plus nous contenter de faire des propositions mais nous voulons les mettre en  œuvre à travers la gestion ou la participation à la gestion de la chose publique au service des citoyens dans la fidélité à nos principes progressistes, démocratiques et de gauche.

Vous n’avez pas l’impression que le parti a levé la barre très haut en aspirant plus que doubler ses élus, à diriger plus de 300 communes, à présider au moins une région ?

Déjà certains de nos objectifs ont été atteints : nous présentons plus de 10000 candidats et candidates à ces élections ; nous avons plus que doubler nos élus dans les chambres professionnelles. Mais surtout , le PPS connait une vraie dynamique d’adhésions : de plus en plus de jeunes , de cadres , de citoyens ….adhérent ou tournent leurs yeux vers le parti ;notre présence dans l’ensemble des régions et provinces  ,y compris celles reculées  ou le PPS n’avait pas de présence significative, est aujourd’hui bien réelle. Notons que cette dynamique n’est pas seulement due à la période électorale , traditionnellement favorable aux vagues d’adhésion …mais ce mouvement ascendant de notre parti dure depuis plusieurs mois. J’y vois le résultat d’efforts de longue haleine, le résultat de ses prises de position et des choix politiques avisés , sa présence dans le débat public et ses prises de positions sur toutes les grandes questions qui préoccupent les citoyens avec bien souvent une vraie valeur ajoutée ,sa politique d’ouverture sur toutes les couches de la société. …Nous espérons récolter aujourd’hui les fruits d’un combat de 70 ans au service du peuple , des sacrifices des militants qui nous ont précédé et qui , par leur abnégation et leur fidélité aux principes fondateurs du parti, ont fait que la flamme ne s’est jamais éteinte . Les circonstances historiques et politiques font que c’est seulement aujourd’hui que notre grande ambition de toujours, devenir un parti de masse,  présent dans toutes les catégories sociales et influents au sein des institutions, apparait à portée de main. Nos ambitions électorales sont donc légitimes ; mais  je dois souligner que ce n’est pas une  ambition partisane au sens étriqué du terme. Pour la simple raison que nous pensons que le Maroc d’aujourd’hui a besoin d’un PPS fort, enraciné dans les institutions , facteur de pondération ,de rationalité ,de mesure…dans notre vie politique, menacée par l’opportunisme , le populisme …

Mais devenir un parti de masse ne comporte-t-il pas des dangers ?

L’ouverture est une exigence incontournable ; il n’y a pas d’autres choix possible si nous voulons accroitre notre influence et l’influence de nos idées dans la société ; nous ne voulons pas être une organisation dogmatique, fermée…constitués de militants socialistes certes sincères mais , confinés dans des attitudes d’opposition et de critique , renvoyant la solution de tous les problèmes à la construction du socialisme…sans influence sur le cours des évènements et ne se posant pas suffisamment la question d’apporter des réponses concrètes aux problèmes concrets, politiques ,économiques et sociaux …auxquels est confrontée aujourd’hui la société marocaine, à son stade actuel de développement politique, social et culturel . Les organisations et partis socialistes qui ont fait le choix du dogmatisme et de  la fermeture, dans le monde arabe ou ailleurs, se sont condamnés soit à la disparition , soit à la marginalisation .Mais bien entendu, l’ouverture nécessaire doit se faire en direction des citoyens et citoyennes honnêtes , soucieux de servir ,dans le respect des principes et valeurs du parti…Que de nouveaux ralliés , élus ou non élus, notables ou non, jeunes et moins jeunes, nourrissent des ambitions ; ceci est compréhensible…mais à condition que cette ambition soit fondée sur la compétence ,le dévouement, les liens avec les couches populaires..et non pas inspirée par l’opportunisme  . Par ailleurs, dans notre parti, l’ambition individuelle n’a de sens qu’au service de l’ambition collective . Voilà donc le sens de l’ouverture au sein de notre parti .Bien entendu, le mouvement d’ouverture et de renforcement du parti nous pose de nouveaux défis en terme d’organisation ,d’encadrement et de formation des adhérents, de symbiose entre les nouveaux adhérents et les militants chevronnés, entre les élus et les organisations du parti….Ce sont de grands chantiers ouverts devant nous, pour construire le PPS dont a tant besoin le Maroc et, particulièrement  les couches démunies : à la fois parti de masse et parti fidèle à ses principes ,à son histoire….Personnellement, en tant que responsable au sein du bureau politique avec mon camarade Bansar des questions de formation des militants, je préfère avoir à m’attaquer à ce genre de problèmes , qui sont naturellement les problèmes d’un parti en développement plutôt que gérer une sorte de « marginalité vertueuse » .

Beaucoup ont fait le constat que les élections de 2009 ont manqué de transparence, ponctuées  par des pratiques de népotisme, vous n’avez pas peur que le même scénario se reproduise ?

Les dernières élections communales de 2009 ont été le couronnement d’un processus de déviation politique qui a démarré en 2007-2008; elles ont connu l’utilisation de méthodes inadmissibles où  on a essayé d’imposer par le haut une « force politique » nouvelle ; les principes évoqués- démocratie, modernité, renouvellement..- se sont vite évaporés et le véritable dessein de cette entreprise est apparue : domestiquer le champ politique et exercer son hégémonie dans les institutions élues, en particulier au niveau local. Pour imposer par le haut cette nouvelle formation, on a recouru aux vieilles ficelles de la pression et du débauchage ainsi qu’aux créatures électorales traditionnelles dont les méthodes sont bien connues. Les élections 2009 ,de ce point de vue, ont été très  contestables …A l’époque, nous nous sommes opposés avec beaucoup de force à cette déviation . Depuis le printemps arabe est passé par là ; une nouvelle constitution régit le pays ; les  partis qui ont majoritairement dirigé les collectivités territoriales et les élus sortant doivent rendre des comptes aux citoyens…. Par ailleurs, il y a eu  les élections législatives de 2011 dont tout le monde s’accorde à dire qu’elles ont donné des résultats sincères qu’ont voulu les Marocains.   Maintenant il serait vraiment triste et malheureux ,et porteur de graves dangers, que les élections de 2015 soient en recul par rapport à ce qui s’est passé en 2011.Au niveau de l’administration, il y a suffisamment d’éléments qui rassurent bien qu’ici ou là, et de manière ponctuelle , subsiste l’état d’esprit et les pratiques d’antan auquel il faut mettre fin. Mais, nous avons constaté chez certaines formations, à l’occasion des élections professionnelles mais aussi dans la campagne actuelle pour les élections communales et régionales, la mobilisation de ressources financières considérables, la persistance de pratiques malsaines d’achat de voix ou de candidats, les tentatives d’influence du vote par des pratiques illicites.

Beaucoup prennent prétexte de ces pratiques pour se réfugier dans l’abstention.

Il faut barrer la route aux pratiques malsaines. C’est un combat  qu’il faudra mener avec  toute l’énergie requise car il y va de l’avenir de la démocratie dans notre pays. Et tout le monde est concerné : les citoyens qui s’abstiennent cautionnent d’une certaine manière ces pratiques en refusant leur vote aux  candidats honnêtes et dévoués. La vie politique ce n’est pas un long fleuve tranquille ; la vie politique, c’est une bataille. Il y a des lobbies, des intérêts…, ce n’est pas parce que nous avons une belle constitution que les intérêts vont disparaitre. Le problème, c’est que certains ,parfois de bonne foi, prennent prétexte de cette existence de lobbies et de leurs pratiques , qui est un fait réel, pour adopter des attitudes péremptoires et hautaines pour déconsidérer toute  l’expérience démocratique marocaine, comme si les lobbies avait déjà gagné et comme s’ils attendaient que la démocratie leur soit servie  sur un plateau d’argent. Je dis : non au scepticisme, au nihilisme , à l’attentisme, à l’abstention…qui, en dernier ressort, servent les corrompus ; oui à l’engagement militant et  à la participation citoyenne pour réhabiliter notre démocratie locale au service des citoyens.

L’une des causes du scepticisme réside dans la faiblesse de l’Administration territoriale ? Comment abordez-vous la question dans votre programme ?

En matière de régionalisation et de décentralisation, il y a d’abord les aspects institutionnels, constitutionnels et juridiques, de répartition des compétences et des ressources… ; ces questions sont traités au niveau des lois organiques.. Il s’agit  d’un « contenant ».  Mais Il y a aussi le problème du contenu; et là, se pose la question des ressources humaines au sens large. Le problème se pose à tous les niveaux. A commencer par la mise en place d’une véritable administration communale,  le développement de ses compétences pour faire en sorte qu’elle délivre des prestations de qualité , qu’elle gère les services publics locaux selon des normes d’efficacité et d’efficience, qu’elle développe des comportement d’écoute, de concertation ,de communication…avec les citoyens..La qualité de l’Administration communale est intimement liée à la valorisation de son statut, à l’amélioration de sa situation matérielle et morale et de ses conditions de travail  .Il est essentiel de valoriser la fonction publique territoriale , tant au niveau des collectivités qu’au niveau de l’Administration d’Etat et qu’elle offre  de véritables perspectives de carrières pour les fonctionnaires.

S’agissant des alliances donc comment vous allez procéder lors des prochaines élections?

Il s’agit d’élections locales et régionales ; par conséquent , les situations locales et les contextes spécifiques  ne peuvent être ignorées ; le type de scrutin et le mode électoral rendent difficiles des accords préalables ; mais il y a quand même une exigence de cohérence. Actuellement,  nous sommes engagés dans une expérience gouvernementale dotée d’une majorité. Cette majorité devrait coordonner ses efforts et aller vers une certain forme d’alliance au moins au niveau des grandes régions et des grandes villes du pays. Il pourrait y avoir quelques exceptions mais, ce n’est pas normal qu’on se trouve en confrontation au niveau de la présidence de telle ou telle région ou de telle ou telle grande ville. Il peut y avoir des exceptions ;il faut rester dans une logique d’ouverture…mais en même temps le champ politique a besoin de cohérence ,

A maintes reprises, vous avez critiqué le modèle de l’unité de la ville, qu’est ce vous proposez exactement ?

Au niveau de la gestion des grandes villes, Il faut considérer deux choses. Il faut d’abord  qu’il y ait une certaine cohérence dans la gestion de la ville dans son ensemble ; par exemple , nous plaidons pour un schéma directeur des équipements socioculturels au niveau de l’ensemble de la ville ; certains problèmes relatifs au transport, à la distribution d’eau et d’électricité, à l’assainissement, à l’aménagement urbain, ou certains équipements publics (marché de gros, abattoirs,…) ne peuvent être envisagés qu’au niveau de la ville dans sa globalité.  Mais il y a un autre élément, c’est celui de la gestion de proximité. Ce que nous reprochons au régime actuel de la ville, c’est que les arrondissements ressemblent à des cases vides et  disposent de très peu de moyens, notamment financiers. Donc, il faut trouver un équilibre , élargir les attributions des arrondissements tant en matière de police administrative qu’en matière d’action économique et sociale et en même temps , renforcer les mécanismes de concertation entre les arrondissements et les outils d’intégration au niveau de la ville.

Le discours royal de la fête du trône a été consacré en grande partie au développement des zones rurales, montagneuses et lointaines, qu’en est-il du programme du PPS ?

  • Il s’agit d’une question très importante et nous amène à la question du découpage régional. En fait,  il y avait tout un débat concernant cette problématique. Certains ont défendu l’idée qu’il ne fallait pas mettre à l’intérieur d’une région des zones riches et des zones pauvres, car selon leurs arguments, une telle conception allait  favoriser le développement des zones riches au détriment des zones pauvres, en particulier des zones rurales et montagneuses.. Nous ,au  PPS, notre démarche était inscrite dans une autre logique et plaidait pour la restriction du nombre de régions ; mais avec l’idée qu’au niveau de chaque région, il y ait un pôle de développement –une ou deux capitales, l’Université, un complexe industriel ou agricole …..capable d’entrainer l’ensemble de la région dans un processus de développement inclusif  , ne laissant aucune zone, en particulier les zones rurales ou montagneuses , dans une position d’exclusion et de marginalisation. Il est essentiel que la régionalisation se traduise , pour les zones rurales et montagneuse, par une mise à niveau sociale assurant le désenclavement ,l’accès à l’eau, à l’électricité, aux soins , à l’éducation  tout en promouvant les activités économiques adaptées au milieu: artisanat local, tourisme vert, valorisation des produits du terroir ,en valorisant le patrimoine naturel et culturel des communes, en incitant les agriculteurs à s’insérer dans les programmes de valorisation de l’agriculture solidaire et dans l’agriculture familiale.

Et au  niveau des villes ?

Notre programme a consacré tout un chapitre à ce qu’on peut l’appeler « la fracture urbaine » qui fait de nos villes aujourd’hui, des lieux de contraste et de paradoxe par excellence. A côté des projets grandioses sensés donner une image de modernité et de progrès, on trouve des zones d’exclusion et de marginalité , résultat d’un processus d’urbanisation non maitrisé et anarchique ; Lutter contre cette fracture urbaine est une question essentielle en luttant  contre  les handicaps sociaux et économiques des quartiers marginalisés ou périphériques, réhabiliter les tissus anciens et mettre à niveau la ville sur tous  les plans. Nous sommes devant un processus d’urbanisation accéléré qui s’accentuera et la maitrise de ce développement est indispensable pour une croissance harmonieuse, inclusive et une amélioration du cadre de vie de l’ensemble de la population.

Vous-même, vous êtes candidat ?

Je suis candidat en deuxième position sur la liste PPS dans l’arrondissement d’Agdal- Hay Riad à Rabat ; c’est une liste qui a du sens puisqu’elle est conduite par une femme , Soumaya Mounsif Hajji, riche d’un bilan et d’une action intense au service des citoyens de la circonscription ; c’est aussi  une liste qui comprend beaucoup de jeunes pleins d’enthousiasme et de volonté de servir et qui est à l’image de la réalité humaine des quartiers qui composent la circonscription . Nous nous sommes dotés d’un programme qui s’inscrit   dans l’ambition de faire de Rabat une vitrine du Maroc moderne à la fois fier de son histoire , riche de son patrimoine et tourné vers l’avenir , ville qui doit être caractérisée par la qualité de ses infrastructures et de ses équipements ainsi que celle de ses services publics essentiels, son  activité économique et commerciale, l’intensité de la vie culturelle, son système d’éducation et de santé, ses loisirs … au service de l’ensemble des rbatis  en leur fournissant un cadre de vie agréable et convivial. Dans ce programme , nous avons pris soin de prendre en compte les réalités spécifiques et évolutives des  différents quartiers pour définir des plans d’action adaptés ;  ainsi, la centralité et le rôle économique et social de l’Agdal , de Diour Jamâa et du quartier des Orangers dont profite toute la population de l’agglomération rbatie implique des contraintes pour leurs habitants en termes de circulation, de nuisance, de salubrité et de sécurité ; Hay Riad, quant à lui , avec l’implantation d’administrations ,de sociétés ,de restaurants ,bientôt d’hotels  perd sa vocation  de quartier résidentiel et des besoins nouveaux apparaissent en termes de circulation, de transport et d’aménagement ; Diour jemaa et plus particulièrement les Habous pose un problème de réhabilitation des tissus anciens. Nous avons mis l’accent sur le grand effort d’aménagement à faire au niveau de l’ensemble des quartiers en termes de voieries,d’éclairage public, de transport, de propreté et d’hygiène et d’aménagement ;nous avons insisté sur la nécessité  d’aménager et de mettre en valeur, dans chaque quartier, des lieux  de détente et de vie sociale, les espaces verts et les places publiques avec des aires de jeux sécurisées pour les enfants et pour les jeunes ; nous avons également mis l’accent sur la dynamisation de l’action sociale, culturelle et sportive dans les quartiers ; l’animation économique et commerciale occupe également une grande place ;nous avons enfin mis l’accent sur la relation que nous voulons construire avec les citoyens ,relation fondée sur la proximité , la concertation ,la transparence et la reddition des comptes pour rénover et réhabiliter la démocratie locale. La qualité de nos candidats, la bonne image de notre parti et les efforts pour élaborer un programme adapté nous permettent d’être optimiste et notre objectif  est d’assurer une présence influente au niveau de l’arrondissement et au niveau du Conseil de la ville.