Tendances

Par Mustapha LABRAIMI

Au moment où le suspens se maintient sur la formation du gouvernement, la direction du Parti du Progrès et du Socialisme se creuse les méninges pour décliner et affiner l’ensemble des résolutions adoptées lors de la huitième session du comité central du parti. Il s’agit d’une mobilisation générale des militant(e)s du parti autour de son identité socialiste et progressiste, de sa lutte pour la démocratie et de son patriotisme, de sa démocratie interne et de sa présence sur le terrain, en proximité avec le mouvement social. « Tajjador », tel est le nom de l’ensemble de ces actions où la restructuration des organisations de base devra être accompagnée par le renforcement et l’encadrement des compétences partisanes. Les défis sont établis et à chacun(e), de la base au sommet de l’organisation, d’assumer sa responsabilité. Il est à rappeler que  l’année prochaine, 2018, connaîtra la tenue du dixième congrès national du parti.

Outre mer, les élections au Nord de la Méditerranée, et ailleurs, sont devenues l’occasion pour une partie de la population, abusée par la démocratie représentative, de faire acte de racisme et de xénophobie. Là où l’extrême droite fleurit et où les droits de la personne humaine sont bafoués, les nostalgiques d’un temps révolu, celui du nazisme, font assumer à tort à une partie de leurs compatriotes, dont l’origine diffère de la leur, les méfaits d’une gestion économique en crise et instable. Des propos de haine et des violences corporelles sont devenues monnaie courante dans des sociétés où la citoyenneté est devenue inégalitaire. L’intolérance se banalise dans ses aspects les plus inquiétants. La condamnation de ces comportements reste en deçà de leurs méfaits. Un sursaut doit s’opérer avant que l’intégrisme fondamentaliste, le chauvinisme, le populisme, la xénophobie, le racisme et autres maux touchant la personne humaine, ne s’inscrivent d’une manière permanente dans le comportement individuel et l’attitude sociale.

Faute d’un studio adéquat, dans un établissement hôtelier de la capitale, les conditions objectives d’un débat public se sont remarquées par leur absence dans l’émission de la première chaîne où l’animateur et son invité se font un plaisir fou de casser le sucre sur le dos des absents. Ni opinion raisonnée, ni esprit critique, ni respect d’autrui, ni parole maîtrisée et encore moins un semblant d’analyse n’ont marqué la dernière édition de cette émission. La politique de l’autruche que pratiquent certains a montré bel et bien ses limites. L’échec est patent et tout le Maroc en subit le contrecoup.

Ce jour même, une police de l’environnement va être mise en place par le ministère de tutelle. Elle s’ajoute à d’autres polices relevant d’autres corps et dont les prérogatives en la matière  sont égales « dans la recherche, l’investigation la verbalisation et la constatation des infractions ». Dans l’espoir que notre environnement soit mieux respecté, plus protégé et non corrompu.

Alors que l’enseignement reste dans tous ses états dans notre pays ; on apprend que dans le cadre de la NASA, l’Observatoire astronomique de l’Oukaimeden a participé à « une découverte majeure dans le domaine des exoplanètes » ;  alors que l’Académie Hassan II des Sciences et Techniques débat des océans et du climat lors de sa session plénière solennelle annuelle. L’acquisition (enfin !) d’un bateau océanographique par l’INRH permettra une meilleure connaissance de notre environnement marin et de ses ressources vivantes et non vivantes. La sardine n’a qu’à bien se tenir malgré un upwelling fluctuant alors que les sécheresses récurrentes seraient mieux appréhendées par une meilleure connaissance de l’Oscillation Nord Atlantique !

Quelles tendances préfigure tout cela ?  Une reconfiguration du paysage politique national à plus ou moins court terme. La tendance primaire est dans sa phase d’imitation. Le débat, comme indicateur du volume, doit s’améliorer pour que le cours à la clôture réponde aux attentes du peuple marocain et à son investissement dans la consolidation du processus démocratique. Notre système éducatif est dans l’urgence et conditionne « l’open interest » de notre nation. Toute décorrélation entre les tendances habituelles relève du début d’un mouvement important.