Lancement de niqach.ma, plateforme électronique de débat citoyen des grandes questions nationales
EN PREVISION DU 10e CONGRES NATIONAL DU PPS

Au siège national du parti du progrès et du socialisme, il a été procédé, lundi soir au lancement de niqach.ma, une plateforme électronique de débat citoyen, placée sous le thème de transformons les idées en progrès », par une équipe de consultants et en présence de représentants de la presse et d’organisations de la société civile.
C’est un espace de débat libre des grandes questions nationales qui déterminent l’avenir du pays et un domaine de la participation active pour rechercher des solutions susceptibles d’éclairer la voie vers le Maroc du possible: Un Maroc de la liberté, de la dignité et de la justice sociale.
Ces grandes questions feront l’objet de débats d’une semaine chacune. Il s’agit de dix axes : 1- la réforme politique et institutionnelle, 2- la démocratie participative, les droits de l’homme et les libertés, 3- le modèle de développement et la justice sociale, 4- l’Administration publique, la gouvernance et la lutte contre la prévarication, 5- la santé, l’habitat et l’emploi, 6- les droits de la femme et les droits des jeunes, 7- les droits des personnes en situation de handicap, 8- l’identité nationale et la diversité culturelle, 9- l’intégrité territoriale, les causes nationales et la diplomatie, 10- l’enjeu écologique.
« La réforme politique et institutionnelle » est le thème débattu cette semaine. De l’avis de la plateforme, « La plupart des acteurs ont réservé un traitement positif à la Constitution de 2011, compte tenu des perspectives qu’elle prévoit en matière de renforcement et d’extension de l’option démocratique, du ton réformiste fort et des dimensions modernistes prometteuses qu’elle comporte. C’est pourquoi, l’on peut la considérer comme étant la deuxième Constitution du Royaume (et non pas la sixième si on procède à une classification arithmétique pure). C’est un document, qui a été élaboré à la suite de concertations avec toutes les composantes du paysage politique, syndical et sociétal marocain.
La Constitution de 2011 constitue un acquis dont il faut être fier d’être porteur d’une charge réformiste qu’on s’est engagé à appliquer. Mais ce qui est paradoxal c’est la lenteur qui marque la mise en œuvre de ses dispositions avancées, texte et esprit et ce au niveau de toutes les pratiques politiques et institutionnelles.
Cette lenteur se constate en premier dans la mise en œuvre au niveau des droits économiques et sociaux. C’est ce qui est d’ailleurs ressenti par le citoyen dans son vécu quotidien, qui regrette que les promesses de la nouvelle Constitution ne se répercutent pas en termes de rendements sur sa vie quotidienne.
La lenteur se constate en second lieu au niveau des principes, des institutions et des pratiques de la bonne gouvernance, tel que prévu dans la Constitution. En dépit d’un début de mise en œuvre, cette opération est toujours tributaire en grande partie des contraintes du champ politique marocain. C’est pourquoi elle se poursuit à pas très lents et ce sans justification raisonnable. Il y a plusieurs institutions, soit qu’elles n’ont été mises sur pied soit que leurs structures n’ont pas été renouvelées. Et ce sont ces institutions que la Constitution aborde dans son douzième titre sous le thème des institutions et instances de protection des droits et libertés, de la bonne gouvernance, du développement humain et durable et de la démocratie participative.
La lenteur se constate en troisième lieu au niveau des principes de la parité, de la solidarité et de l’exercice des libertés et droits, étant donné que la politique réformiste et volontariste de l’Etat dans ces domaines, et qui lui a nécessité d’engager des révisions fondamentales, est toujours à mi-chemin des objectifs escomptés ».
Selon les consultants, le dispatching des thématiques répond surtout à des considérations techniques visant à en réduire au minimum le nombre.
Chaque thème est débattu durant une semaine, à travers des questions et des enquêtes qui donnent lieu à des opinions et des recommandations qui seront collectées avant de faire l’objet d’analyses, de la part d’un staff chargé de traiter et de capitaliser sur les conclusions et les réactions, en partant des statistiques quantitatives et qualitatives obtenues.
Et c’est à ce stade que commence l’opération de transformation des idées des uns et des autres en solutions des problèmes abordées, a expliqué Tarik Nesh-Nach, consultant qui présentait niqach.ma. L’espace se propose en effet, selon lui, de mettre en lumière les idées et les conclusions des débats à travers l’élaboration de tendances et de solutions pratiques, dont on devra tenir compte pour enrichir les projets de documents soumis au 10ème congrès national du Parti du progrès et du socialisme, prévu les 11, 12 et 13 mai prochain, a-t-il ajouté.
Pour Ismail El Hamraoui, membre du Comité central du PPS, cette première initiative du genre dans le paysage partisan national a été décidée dans le cadre de l’ouverture du parti sur toutes les capacités du pays et en particulier des jeunes. Et ce dans l’espoir des leur donner l’occasion de débattre de sujets décisifs pour l’avenir du pays.
Pour Jalal El Moata également membre du CC du PPS, l’objectif recherché est de donner aux jeunes l’occasion de s’exprimer sur ce qui leur tient à cœur. En fait, les jeunes doivent être écoutés, car ils ont énormément d’idées à exprimer, à condition toutefois de les provoquer pour ce faire, a-t-il estimé, rappelant que cette action est placée dans un cadre sérieux qui doit leur inspirer confiance.
C’est donc entre eux que les jeunes doivent se partager les idées et les propositions dans le cadre d’un débat sérieux autour des grandes questions du pays, a-t-il ajouté, appelant les jeunes à alimenter le débat souhaité par leurs idées à défendre.
M’Barek TAFSI