Prioriser l’intérêt suprême de la Nation !

Saoudi El Amalki
Les coups de bec acerbes entre les ténors de la formation de l’Exécutif, fraîchement installée, continuent de marteler sur l’un et l’autre, sans merci. Juste au lendemain de sa mise en place, sans nullement se soucier de la mise en garde Royale à ce propos, les torpilles réciproques font gicler des obus à bout portant, au moment où il est question de la décortication de concert, du Projet de Loi de Finance. Cette manie belligérante se poursuit de plus belle, dans diverses arènes, en dépit de ce moment de haute acuité du mandat gouvernemental. Il paraît donc que la calcul politicien du prochain échéancier l’ait emporté sur toute autre considération nationale.
Il ne fait pas de doute non plus, que ces multiples passes d’armes des leaders de l’Exécutif risquent de porter préjudice à sa cohésion pour relever les défis à venir. Aujourd’hui encore, on ne cesse de se tirer l’un sur l’autre, sans aucun scrupule, au vu et au su de tout le monde. Tout auréolé du succès glané lors du remaniement ministériel, le parti majoritaire ne se retient guère d’en faire, à distance, un sursaut d’orgueil aux dépens de son rival dont la riposte ne tarde pas à se faire ressentir. De ce fait, l’alliance, déjà fragilisée par ces frictions intestines, accuse davantage de fléchissement criant. Il va sans dire que, au fur et à mesure que le temps passe, ces querelles prendraient, à coup sûr, des dimensions intenses, à l’approche du rendez-vous électoral.
Il semble bien que les appétits partisans de ces « alliés », en phase de conflit effréné, montent d’un cran et donnent l’impression à l’opinion publique que l’intérêt suprême à prioriser est relégué au second plan. Le PLF au sujet duquel toutes les principales composantes du gouvernement remanié se devraient de s’y mettre, les rangs unis et les visions unifiées, a l’air également de refléter le rapport de forces des deux outsiders antagonistes, du fait des portefeuilles clés qu’ils s’adjugent. Le chef de gouvernement, censé se mettre au dessus de ces clivages assassins, était le premier à avoir annoncer la couleur de ce bras de fer irréfléchi, avant même de procéder aux passations des pouvoirs.
Il est bien clair que la chamaille ne fait que commencer et s’aggravera, au fil des jours. L’actuel remaniement servira-t-il à grand-chose ? Rien de rassurant, au regard de ces conduites martiales dont fait montre cette hostilité hargneuse, à couteaux tirés. On rappellera que la révision de l’action de ce gouvernement était dictée, justement, par la faiblesse de son rendement mais surtout par la dispersion de son entité. Aussi, s’est-on attelé à colmater ses brèches. Mais, au regard de ces gabegies qui refont surface, le remue-ménage infligé à cet ensemble disparate et conflictuel serait visiblement tel un coup d’épée dans l’eau !