El Hossein El Ouardi, Ministre de la Santé au quotidien « Les Echos » : «Nous envisageons des partenariats publics-privés»
Les Échos quotidien : Quels sont aujourd’hui les effets immédiats des mesures d’urgence ?
El Hossein El Ouardi: Les effets immédiats des mesures d’urgence peuvent être clairement recensés. La mise en place du Ramed a permis à 3 cas de bénéficier d’une greffe de rein et de moelle, qui sont des opérations très lourdes et très coûteuses au Maroc. Voilà là un impact direct sur le patient au Maroc et sur un court terme qui ne dépasse pas les 6 mois. Dans les hôpitaux universitaires, nous avons mis en place un système de dons de prothèses qui ne coûte pas moins de 8.000 DH. À titre d’exemple également, les augmentations de salaires opérées au profit des fonctionnaires de la santé publique font également partie des effets immédiats dont vous parlez. Quant au reste, le travail doit être réalisé sur le long terme, 6 mois étant un délai très court dans la mise en œuvre d’une stratégie d’envergure. À mon sens, les réels résultats des réformes entamées ne seront visibles sur le terrain qu’à partir de fin 2012.
Que répondez-vous aux différentes affaires médiatisées et montrant des femmes accouchant dans les rues, des malades laissés à l’abandon ?
Je tiens à dire que ce sont des réalités du terrain que je ne peux absolument pas nier. Cependant une partie de ce qui est justement relayé par les médias et les réseaux sociaux n’est pas forcément vrai et il convient donc d’être vigilant. Notre objectif reste bien entendu de faire en sorte que ce genre de choses ne se reproduise plus au Maroc, de la même façon que nous redoublons d’efforts pour éviter toute sorte de désinformation qui pourrait nuire au travail de réformes que nous avons entamées.
Aujourd’hui, la mauvaise gestion des ressources ainsi que leur manque dans certaines spécialités est relevé. Que répondez-vous à cela ?
Nous mettons en œuvre, à l’heure actuelle, un débat national qui fera l’objet de concertations avec les différentes parties, à savoir les professionnels du secteur ainsi que des représentants de la société civile pour déterminer les mesures qui restent à suivre et la méthodologie la plus adéquate à adapter. Le travail est en cours et nous envisageons même pour redoubler d’efficacité, des partenariats publics-privés qui permettront par là d’améliorer nos moyens financiers. De là même manière, le ministère de la Santé s’est exprimé de manière favorable à l’entrée du privé dans le capital de certains établissements publics à condition de placer l’intérêt du citoyen en tête des priorités.
Par Houda SIKAOUI