Faire le bon choix : voter PPS, voter le livre

Abdeslam Seddiki, membre du Bureau Politique du PPS

Il y a des moments dans la vie politique où il faut savoir changer de registre. Pendant plusieurs semaines, j’ai choisi celui de l’analyste. À travers une série d’articles consacrés aux élections législatives, j’ai examiné les programmes des principales formations politiques avec la même grille de lecture, sans privilégier l’une au détriment de l’autre. C’était un exercice nécessaire pour informer et permettre au citoyen de comparer.

Aujourd’hui, je change de casquette. Je parle en militant du Parti du progrès et du socialisme. Je ne prétends plus à la neutralité. Mais je ne renonce pas pour autant à ma méthode : celle qui consiste à regarder les faits, les programmes, les femmes et les hommes qui les portent, leur expérience et leur capacité à agir.

Osons donc regarder cette élection autrement. Le vote n’est pas simplement un geste accompli tous les cinq ans. C’est un choix de société. C’est aussi une manière de dire ce que nous voulons pour notre pays, pour nos services publics, pour notre jeunesse, pour notre économie et pour la place du citoyen dans la vie publique.

Osons lire les programmes. Celui du PPS ne se réduit pas à quelques slogans. Il propose une alternative structurée autour d’engagements et de mesures qui touchent directement les conditions de vie des citoyens : emploi, pouvoir d’achat, services publics, protection sociale, réduction des inégalités, souveraineté productive et développement économique. Parmi ses objectifs figurent notamment la création d’un million d’emplois nets et le renforcement des services publics.

Osons parler de l’école et de l’hôpital. Ce sont deux services publics qui déterminent largement la qualité de la vie et l’égalité réelle entre les citoyens. Le programme du PPS met l’accent sur le recrutement dans l’éducation, le renforcement du système de santé et l’accès effectif aux soins. Il ne suffit pas de construire des établissements : encore faut-il disposer des femmes et des hommes capables de les faire fonctionner et de garantir un service public de qualité.

Osons parler de la jeunesse. Un pays qui laisse une partie importante de sa jeunesse à l’écart de l’emploi, de la formation et de la participation économique compromet une partie de son avenir. La question n’est donc pas seulement de créer des emplois, mais de permettre aux jeunes de construire leur autonomie et leur dignité.

Osons parler aussi des retraités. Une politique sociale ne peut pas s’arrêter au moment où le salarié quitte la vie active. Les retraités ont droit à une pension qui leur permette de vivre dignement. C’est pourquoi la proposition du PPS de porter la pension minimale à 3 000 dirhams mérite d’être connue et discutée. Derrière les chiffres des régimes de retraite, il y a des femmes et des hommes qui ont travaillé pendant des décennies et qui doivent pouvoir vivre leur vieillesse dans la dignité.

Osons parler des libertés et de la gouvernance. Le développement ne se mesure pas seulement aux infrastructures, aux investissements ou au taux de croissance. Il se mesure également à la qualité des institutions, au respect des libertés, à l’effectivité des droits et à la confiance des citoyens dans l’action publique. Le PPS inscrit son projet dans la consolidation de l’État de droit, le renforcement des droits et libertés, l’élargissement de l’espace démocratique et l’amélioration de la gouvernance. Une société qui veut progresser durablement a besoin d’institutions fortes, responsables et contrôlables, mais aussi d’un débat politique ouvert.

Osons regarder les femmes et les hommes qui se présentent devant les électeurs. Un programme n’est jamais abstrait. Il est porté par des candidats qui devront demain le défendre et le traduire en propositions. Les candidatures du PPS présentent des profils diversifiés : militants, élus, universitaires, syndicalistes, acteurs associatifs, professionnels, jeunes et femmes. Cette diversité mérite d’être connue et examinée.

Osons aussi regarder l’expérience. Le PPS n’entre pas dans le débat gouvernemental sans passé ni expérience. Au fil de différentes expériences gouvernementales, ses responsables ont exercé des responsabilités dans des secteurs directement liés à la vie quotidienne : éducation nationale, agriculture, recherche scientifique, famille et solidarité, santé, eau, habitat et urbanisme, culture, emploi et affaires sociales.

Ce qui compte n’est donc pas seulement le nombre d’anciens ministres. C’est surtout la nature des responsabilités exercées. Pendant des années, des responsables du Livre ont été confrontés aux problèmes concrets de l’école, de l’hôpital, de l’emploi, du logement, de la culture, de l’eau, de la recherche et de la protection sociale.

Osons regarder également la carte du Maroc. Le PPS présente des listes dans les 92 circonscriptions locales et les 12 circonscriptions régionales. Il fait ainsi partie des quatre formations qui couvrent l’ensemble de ces circonscriptions. Cette présence nationale signifie que le parti soumet son projet au jugement des électeurs dans toutes les régions du Royaume.

Osons enfin regarder le bilan du gouvernement sortant. Le Maroc a incontestablement avancé dans certains domaines au cours des dernières années. Mais ces avancées restent insuffisamment ressenties par une grande partie de la population. Le chômage, particulièrement celui des jeunes, le pouvoir d’achat, la qualité des services publics, les inégalités et les difficultés d’accès à l’emploi continuent de peser lourdement sur la vie quotidienne. Entre les engagements de 2021 et les attentes des citoyens, le décalage est devenu trop important pour être ignoré.

Osons tirer les leçons de cette expérience. Une élection est aussi un moment de responsabilité. Elle permet aux citoyens de regarder les engagements, les résultats, les équipes et les projets, puis de décider de la voie qu’ils souhaitent pour les prochaines années. Il ne s’agit ni de distribuer des bons ni des mauvais points, mais de choisir en connaissance de cause.

Osons donc comparer. Osons sortir des habitudes, des réflexes et des fidélités automatiques. Osons considérer que l’élection peut être l’occasion de donner davantage de poids à certaines priorités : la justice sociale, les services publics, l’emploi, la jeunesse, la dignité du travail, la réduction des inégalités, les libertés et une économie davantage tournée vers la production et la souveraineté.

Osons surtout participer. L’abstention laisse toujours les autres décider. Voter, c’est prendre sa part de responsabilité dans la direction que prendra le pays.

Après avoir analysé les programmes des différents partis en observateur, je choisis aujourd’hui de parler en militant. Mais je veux continuer à convaincre par les faits, par les propositions et par l’expérience. C’est aussi cela, faire de la politique autrement : assumer ses convictions sans renoncer à l’exigence de vérité.

Le PPS a placé sa campagne et son programme sous un mot d’ordre simple : « Osons ! »

Alors, au moment de faire son choix, osons regarder, osons comparer, osons réfléchir et osons participer.