Conférence de presse du B.P du PPS en prévision du 9e congrès national

– L’adoption à l’unanimité de tous les projets de documents du 9e congrès reflète le sentiment de satisfaction quant à l’action globale  du parti

– Le PPS se reconnait dans le programme gouvernemental des réformes et défend dans ce cadre une vision démocratique moderniste et sociale

– Le PPS propose une alternative progressiste pour sortir de la crise

– L’unanimité nationale autour de la question de l’intégrité territoriale est à renforcer pour faire échouer les visées expansionnistes et manœuvres des adversaires

– Toutes les personnes qui le souhaitent peuvent désormais déposer leur candidature pour le secrétariat général du PPS

pps 9 congresTous les membres du Parti du progrès et du socialisme (PPS) qui le souhaitent peuvent désormais présenter leur candidature pour leur élection au secrétariat général du parti, aux termes d’une résolution adoptée à l’unanimité lors de la 14e session du comité central, a affirmé le secrétaire général du PPS, lors d’une conférence de presse organisée lundi soir à Rabat par le Bureau politique du parti en prévision du 9e congrès national du PPS, qui aura lieu du 30 mai au 1er juin à Bouznika sous le mot d’ordre : «Le Maroc des institutions et de la justice sociale». Tous les projets de documents du prochain congrès ont été adoptés à l’unanimité des participants à la 14e session du Comité central du PPS, réuni les 15 et 16 mars dernier à Bouznika, a-t-il rappelé, soulignant que cette unanimité traduit on ne peut plus clairement le sentiment de satisfaction des membres quant à la ligne politique générale poursuivie par le parti à tous les niveaux et la manière démocratique, ouverte et sereine, de gérer les divergences, aussi profondes soient-elles, entre les membres du parti qui, fort de sa cohésion et de l’unanimité de ses membres, va aller à son 9e congrès national pour approfondir le débat autour de tous les documents, réactualiser ses  vues et préciser ses positions.

La thèse politique, un document dans lequel tous les militants se reconnaissent

C’est ainsi que la thèse politique a consacré son premier chapitre à la dimension théorique et au patrimoine militant du parti pour s’arrêter en premier lieu sur l’identité du parti ainsi que sur la dialectique de lutte et du consensus avec tout ce qui suit le traitement de la question des alliances. Dans un deuxième chapitre, le document traite des grands changements en cours dans la région arabe et maghrébine dans le cadre de ce qu’on appelle le «printemps démocratique» et ses effets sur le Maroc, qui a développé une expérience distinguée en matière de gestion avec ses propres moyens de cette étape tourmentée. Le pays s’est doté d’une nouvelle Constitution et d’un gouvernement issu des élections, dirigé par un parti politique à référentiel religieux et avec la participation d’un parti politique progressiste. Le troisième chapitre est consacré à la situation économique, sociale et culturelle, aux droits de l’homme et libertés. Il jette la lumière sur les contraintes économiques et les équilibres sociaux et propose une politique sociale participative et intégrée. Il accorde aussi une place de choix à la question culturelle et apporte des précisions au sujet de l’évolution du chantier concernant l’amazighité. Le quatrième chapitre aborde la question de l’intégrité territoriale et plus particulièrement à sa gestion sur le terrain concernant l’action diplomatique. Le cinquième chapitre examine le contexte international et son impact sur la vie politique du pays. Tous les documents proposés montrent qu’au cours de toutes les étapes de maturation vécues (PCM, PLS, PPS), le PPS est resté un parti ancré dans la nation, de gauche, progressiste et intimement attaché aux classes et couches laborieuses et démunies. De ce fait, les empreintes sociales sont fortement présentes dans l’identité du parti, qui fait de la question des droits sociaux, politiques, économiques, culturels, civils et environnementaux une de ses préoccupations majeures. Dans le cadre de son œuvre d’édification au quotidien, le parti se réfère à son expérience et à ses réalisations accomplies au terme de sept décennies de lutte, qui lui enseignent de rejeter les dérives opportunistes, la rigidité intellectuelle et le dogmatisme stérile pour rester attaché à ses composantes identitaires et à une pratique ouverte sur autrui, tant qu’elle ne dévie pas des grandes causes de la nation et du peuple. Partant de ses convictions, le parti a renouvelé l’engagement de défendre les droits politiques, socioéconomiques et culturels des larges couches populaires dont en premier les classes laborieuses démunies, d’être à l’avant-garde pour la défense de l’intégrité territoriale et de la souveraineté nationale, et d’œuvrer pour la poursuite des réformes en cours dans tous les domaines. Selon le SG du PPS, la transition démocratique en cours se poursuit dans un contexte national et international très complexe qui impose de grands défis au parti, lequel ne doit jamais perdre de vue l’objectif suprême qu’il cherche à atteindre à savoir l’édification du des institutions et de la justice sociale. Il a estimé dans ce cadre que l’adoption de la Constitution de 2011 et la formation du nouveau gouvernement dirigé par le PJD et avec la participation du PPS  constituent les principaux événements marquant de la période située entre les 8èmes et 9e congrès nationaux du PPS. Pour approfondir la réflexion sur ces événements, la thèse politique du 9e congrès a  tenu à examiner en profondeur et en toute objectivité les événements survenus en 2011 au Maroc dans le cadre du printemps démocratique dans la région arabe et maghrébine et ce à travers l’évaluation du processus de réforme des partis politiques démocratiques et progressistes, et de la plus value apportée par le mouvement du 20 février, tout en soulignant la singularité du Maroc, qui a su négocier intelligemment cette étape et s’est doté d’une nouvelle  Constitution au contenu très avancé. De ce fait, a-t-il dit, l’actuelle coalition gouvernementale a vu le jour à l’issue des élections législatives de novembre 2011, les plus régulières, jamais organisées au Maroc. Cette coalition a été formée sur la base d’un programme commun de réformes et non sur l’abolition des divergences idéologiques, a-t-il noté, soulignant que le PPS rejette l’idée, selon laquelle l’on a affaire à un «gouvernement conservateur» qu’il faut combattre sur le plan idéologique. Le gouvernement est formé sur la base d’un programme de réformes avancées, convenu entre les composantes de la Majorité et dans lequel le PPS se reconnait, a-t-il dit. C’est pourquoi, le parti tient à la réussite de cette expérience à travers la mise en œuvre saine et  complète des dispositions de la Constitution et l’adoption de toutes les lois organiques prévues pour répondre aux aspirations du pays et du peuple. Tout en enregistrant la consécration par la Constitution de tous les droits et libertés visant le renforcement de l’Etat de droit et des institutions, outre l’élargissement de l’exercice de ces droits et libertés individuelles et collectives, le PPS se félicite aussi de l’adhésion du Maroc à la nouvelle génération des droits économiques, sociaux, politiques, culturels, civils et environnementaux universels. Il appelle à la poursuite de cet effort et à la mise en œuvre de politiques publiques intégrées pour la consécration des dispositions constitutionnelles rénovées comme il a accueilli favorablement la décision du Maroc d’adopter le principe de la liberté de croyance et de religion. Le parti apprécie aussi hautement les nouvelles dispositions prévues dans la Constitution relatives à l’égalité homme-femme et à la parité, et renouvelle l’engagement de ne ménager aucun effort pour une interprétation démocratique de ces dispositions comme c’est le cas actuellement à l’occasion du débat en cours au sujet de la fixation de l’âge légal du mariage de la jeune fille, que d’aucuns cherchent à faire descendre à 16 ans. Il œuvre aussi pour la préservation des droits de la femme et sa protection contre toutes les formes de violence et de discrimination et l’application de l’approche du genre à tous les niveaux.

Le programme économique : Alternative progressiste pour sortir de la crise

Quant au programme économique, social et culturel, adopté par le CC pour le 9e congrès national du parti, il décrit en détail «l’alternative progressiste pour sortir de la crise» et faire face aux déficits qu’accuse le pays au plan social et aux  niveaux des équilibres macroéconomiques. C’est ainsi que le PPS ne cesse de réclamer au sein de la coalition gouvernementale de préserver le pouvoir d’achat des populations et de promouvoir l’économie du pays. Au-delà des mesures qu’il propose pour corriger les effets immédiats de la crise, le PPS estime désormais nécessaire de remettre en cause et de faire une nouvelle lecture du modèle marocain de développement, qui a montré ses limites, de l’avis même de nombre d’acteurs.  Il appelle pour ce faire à l’adoption d’une approche globale qui s’attaque aux sources du mal et qui ne se contente pas de traiter les manifestations et aspects de la crise. Le nouveau modèle à rechercher devra rétablir le rôle de l’Etat dans la planification de l’économie, selon une vision fondée sur le développement durable, l’aménagement du territoire et la régionalisation. Le plan préconisé par le PPS devra être souple, incitatif consacrant une démarche fondée sur la concertation et la démocratie participative et un moyen de renforcer la régionalisation. Il devra également donner plus de visibilité aux choix et priorités de la politique économique et sociale, devenir un moyen de renforcer l’inter-ministérialité et l’intégration des projets de développement, et permettre de faire converger l’ensemble des politiques publiques vers des objectifs de développement humain pour combler tous les déficits en termes d’emploi, de santé, d’éducation, de culture, d’accès aux services publics et de promotion de la femme.  Le PPS appelle à une refonte générale des politiques sociales, étant donné que malgré l’ampleur des moyens mis en œuvre, les politiques sociales poursuivies n’ont pas permis d’éliminer les déficits qui demeurent importants au niveau des services sociaux de base (éducation, santé, logement, routes, électrification, eau potable, assainissement, etc.) et de l’insertion économique et sociale. La réforme proposée devra permettre aux citoyens de jouir de tous les droits consacrés par la Constitution dont en premier lieu l’égalité homme-femme et la parité, et les droits des citoyens à l’éducation, la santé, l’emploi, la culture, le sport, tout en veillant à lutter contre la pauvreté et l’exclusion, et à accorder aux personnes aux besoins spécifiques l’intérêt requis. Pour le PPS, a-t-il noté, les politiques d’austérité poursuivies au détriment des droits populaires n’ont jamais été performantes. Elles ont souvent aggravé les disparités sans résoudre nombre de problèmes afférents à la couverture sociale, à l’injustice fiscale, etc.

Renforcer davantage l’unanimité nationale autour de la question de l’intégrité territoriale du pays

Il ne fait pas de doute, a dit le SG du PPS, que la question de l’intégrité territoriale jouit d’une unanimité nationale irréfragable, unanimité qu’il faut davantage consolider pour faire échouer les visées expansionnistes et les manœuvres des ennemis de l’intégrité territoriale du Maroc. C’est au-delà de cette mobilisation que l’appel «la nation est clémente et miséricordieuse» va prendre toute sa signification, a-t-il dit, soulignant toutefois la nécessité de revenir sur la manière de gestion de ce dossier durant les trois dernières décennies et de son impact sur le développement des provinces du sud. Pour le PPS, il est temps de redresser la situation et de corriger les éventuels dysfonctionnements en accordant aux attentes des habitants de la région toute l’importance requise au niveau social, lesquelles aspirations sont instrumentalisées par les séparatistes pour semer la discorde et  raviver les tensions, exploitant en cela le climat de liberté qui règne au Maroc. En un mot, il s’agit d’améliorer la gouvernance du dossier tout en axant la lutte contre tous les phénomènes de rente qui profitent à une minorité au détriment de la majorité des habitants, le détournement des deniers publics, et la répartition inéquitable des richesses et ce dans le cadre d’une politique d’intégration dans tous les domaines, loin de tout tribalisme ou distinction régionale. Autrement dit, la gestion du dossier de l’intégrité nationale ne doit pas se limiter à l’approche sécuritaire, somme toute indispensable pour la protection des habitants et de leurs biens. Mieux encore, il est nécessaire d’adopter une approche politique d’intégration globale sur tous les plans socioéconomique, de développement, des droits de l’homme, de la culture, de l’environnement et de la communication, une approche fondée sur une vision complémentaire visant à assurer aux habitants de la région et aux jeunes les conditions requises pour vivre dans la dignité et la confiance en l’avenir.

Le SG du PPS a par la suite présenté les programmes des fora de discussions publiques des documents du 9e congrès national du parti et répondu aux questions des journalistes de la presse nationale venus nombreux à cette conférence de presse, qui s’est déroulée en présence des membres du Bureau politique et du président et membres du conseil de la présidence du PPS. Cinq fora sont programmés par le BP pour débattre surtout du thème du congrès national « le Maroc des institutions et de la justice sociale », du modèle de développement proposé pour sortir de la crise, du système de l’éducation et de la formation, de la gestion locale et de la démocratie participative et de la question de l’égalité homme-femme et de la parité. Les documents du congrès seront également examinés en public aussi bien au sein des structures régionales et locales du parti ainsi que par les organisations et secteurs parallèles du PPS.

ALBAYANE