Azrou, El Hajeb, Khenifra… «Fazaz An’mass» se met à l’heure du PPS

Nabil Benabdellah : «Notre participation au gouvernement a été un choix nécessaire pour la stabilité de notre pays et pour donner une charge démocratique et sociale à la coalition gouvernementale…».

benabdellah-journee-maroco-suedoise-g2 Le grand raout politique des militants du Parti du progrès et du socialisme (PPS), tenu, durant le week-end dernier, en marge des travaux des congrès provinciaux des instances locales du parti, à la localité de Sidi Addi (15 km d’Azrou), puis à la ville d’El Hajeb et à Tighssaline (province de Khenifra), sous la houlette de Mohamed Nabil Benabdellah, SG du PPS, a été une nouvelle occasion pour les militants de réaffirmer leur unité, leur attachement aux valeurs du parti et leur mobilisation, plus que jamais, «en ordre de marche» pour le prochain congrès avec l’engagement d’en faire un grand moment de démocratie interne et de rayonnement du parti.

Samedi, à la localité de Sidi Addi, à dix minutes d’Azrou, premier relais dans les activités d’une délégation du bureau politique du PPS conduite par le Secrétaire général Nabil Benabdellah prévues au cœur de Fazaz An’mass (littéralement Moyen Atlas en langue amazigh) notamment à Khenifra et à El Hajeb, c’était l’ambiance des grands jours.

Les responsables du PPS ne pourraient en effet espérer mieux pour évoquer, avec vitalité et dans le calme, l’avenir du parti et de la politique en général. Pas moins de 500 militants, sympathisants et congressistes représentant les différentes localités de la province d’Ifrane (Dayt Aoua, Ifrane, Azrou, Ain leuh, Sidi El Mekhfi, etc.), en plus d’un parterre imposant d’invités représentant le landerneau politique local, la société civile et les conseils élus ont répondu à l’invitation des instances locales du parti, initiatrices de ce «meeting politique et historique», organisé en marge des réunions organisationnelles et en préparatif du 9e congrès prévu à la fin du mois courant sous le thème : «Le Maroc des institutions et de la justice sociale».

Ouvrant le bal de ce grand rendez-vous politique, Bouziane Ou Ali, membre du comité central et premier secrétaire de la section provinciale du PPS à la province d’Ifrane, a essayé, dans un discours qui était un mélange continuel de pathétique, de sublime et de dévouement, de jeter la lumière sur le combat incessant que le «PPS a mené et continue à mener dans cette région meurtrie par tant d’années de mépris» et «asphyxiée sous le joug du despotisme», et de jeter aussi un éclairage intéressant sur les différentes questions qui brûlent encore les lèvres aussi bien des militants que ceux de la population locale : manque cruel d’infrastructures de bases, problèmes liés au pillage du cèdre et des essences forestières, aux terres collectives, aux inégalités sociales, à la gouvernance et une litanie d’autres maux dont souffrent les autochtones du Moyen Atlas.

Tant attendue, l’intervention du Secrétaire général du PPS chaleureusement accueilli, vient à point nommé pour faire valoir le sens de l’intérêt général qui anime le rôle incontournable du PPS dans l’échiquier politique national. Décontracté, mêlant plaisanterie et déclarations solennelles, Mohamed Nabil Benabdellah a ouvert un robinet d’eau glaciale pour réveiller les esprits engourdis et apporter des clarifications nécessaires sur «les vertus du PPS». «Un parti qui n’est pas tombé de la dernière pluie et dont le combat depuis 70 ans en faveur de l’équité sociale et l’ordre juste est constant», souligne-t-il.

Pendant un peu moins deux heures, sans ambages et «sans prompteur», le SG du PPS, balayera du revers d’un revers de la main, «les mots gelés» pour aborder, sans tabou, tous les sujets en questions.

Sérieux politique

En réponse aux critiques que suscite la participation du PPS au gouvernement, N. Benabdellah expliquera que «ce choix a été une nécessité pour la stabilité de notre pays, pour l’équilibre du gouvernement et pour donner une charge sociale et démocratique à la coalition gouvernementale», «nous sommes bien armés de vertus et notre ancrage nous impose de rester éveillés pour éventuellement réagir à toutes dérives des valeurs pour lesquelles nous avons longuement luttées», soulignera-t-il avant d’ajouter, que «le PPS est un parti qui regarde la réalité en face et qui, en même temps, veut répondre à l’attente de justice sociale et d’équité territoriale».

Chaleureusement applaudi quand il évoque le combat entamé depuis 40 ans par le PPS pour la reconnaissance de la langue amazighe, le SG du PPS appelle toutefois les acteurs du mouvement amazigh à ne pas tomber dans le piège «des surenchères et les débats stériles», «de ne pas se tromper de cible», et de saisir «cette évolution positive que connait le Maroc pour la mise en œuvre du contenu avancé de la constitution à travers notamment la participation à l’édification d’institutions crédibles.» « l est temps de renouveler les logiciels», ironise pour sa part un militant associatif.

Nabil Benabdellah ne manquera pas, lors de son intervention qualifiée par d’aucuns de «moment de vérité inoubliable»,   de faire un tour d’horizon des engagements et des réalisations réussies au sein du gouvernement par les ministres du PPS et dont la dimension sociale est sans équivoque : baisse des prix des médicaments, augmentation du SMIG et des salaires, restructurations et mise à niveau des villes, etc. Certes comme l’expliquera le SG du PPS en prenant la région du Moyen Atlas comme exemple, les «attentes sont grandes et les disparités sociale et territoriale dont pâtissent des pans entiers de nos citoyens exigent de notre part plus d’efforts et le sérieux politique.»

Nabil Benabdellah, ne manquera pas aussi de rendre un vibrant hommage aux militants du PPS du Moyen Atlas pour leur dévouement exemplaire et notamment ceux qui ont payé au prix fort de leurs vies à travers emprisonnement et tortures leur militantisme et leur engagement avec le PPS.

Oubliés les coups de boutoirs et les attaques ad hominem. Le discours de Nabil Benabdellah amène cette fois, selon d’aucuns, de l’enthousiasme avec du «ton et du fond» nécessaire pour aller aux prochains en ordre de marche. En attendant, les militants du PPS de Fazaz an’mass repartent, eux, avec une conscience plus aiguë des défis à relever. «En conservant dans la rétine cette belle image d’une famille politique unie et rassemblée», comme se félicite un futur congressiste.