Rachida Tahiri : pas de justice sociale sans principe d’égalité

un forum de discussion publique s’est tenu jeudi 15 mai à Casablanca sous le thème «Egalité/lutte contre la discrimination et édification d’un Maroc des institutions et de la justice sociale : quels défis ?».

Pour Rachida Tahiri, députée et membre du BP du PPS, la justice sociale ne peut se concevoir sans mettre à l’esprit le principe de l’égalité entre les êtres humains sans discrimination. Pour ce faire, la militante des droits des femmes a insisté dans son intervention sur la nécessité de la mise en place des politiques publiques volontaristes basée essentiellement sur la planification. Cela veut dire, selon elle, que les politiques établies devraient avoir une certaine homogénéité.

Il est certain que le royaume a enregistré des progrès importants en matière de la promotion des droits des femmes, mais les attentes sont énormes, a-t-elle souligné. A l’en croire, il a y a même un recul sur plusieurs niveaux.

S’inspirant du jargon de la «Policy science», l’intervenante a évoqué le concept d’agenda, qui est d’abord un outil indispensable dans l’analyse des politiques publiques. Et de préciser que la question de la femme a été reléguée actuellement au second plan de l’agenda politique. Alors que la question féminine devrait normalement figurer parmi la priorité des priorités, a-t-elle martelé. Pour bien argumenter son exposé, Rachida Tahiri, en se référant à un rapport onusien, a souligné que le coût de la non-intégration de la femme dans le tissu économique du pays s’élève à 42 points de son taux de croissance. Bref, les femmes au Maroc ne jouissent pas pleinement de leurs droits a-t-elle laissé entendre. En fait, dans la région MENA, le Maroc enregistre le taux des femmes le plus faible sur l’ensemble de la population active, avec seulement 24, 7%. S’agissant de la déperdition scolaire, les filles (2,7%) sont les grandes victimes par rapport aux garçons (1,2%). Pour parer à de telles défaillantes, Rachida Tahiri a plaidé par la l’élaboration de nouvelles lois et la mise en place des mesures opérationnelles et applicables permettant l’amélioration de la condition de la femme. D’ailleurs, la Constitution 2011, a tracé les contours de l’élaboration de toute politique dédiée aux femmes. Autrement dit, les articles 19 et 30 et 31 sont «des principes encadrant» de l’action gouvernementale, a-t-elle précisé.

Écrit par Khalid Darfaf