Vérités
Par Mustapha LABRAIMI
Après le scrutin du 7 octobre et dans l’attente de la formation du gouvernement, le temps politique s’est chargé de scories dont les producteurs croient que leur effet va faire l’effet escompté par eux sur les esprits des Marocaines et des Marocains. Mensonges avérés, attaques diffamatoires, scribouillards et plumitifs à la solde d’une incohérence du processus démocratique dopée par le profit et par l’opportunisme érigés en pratique politique.
L’une des vérités veut que les uns et les autres déclarent maintenant que les « conseils », que les réunions ont leur confidentialité qui doit être respectée. Cela n’a pas été le cas quand un site s’est permis de donner une information sur un conseil des ministres tenu à Tanger. Cela relevait des coups bas utilisés à dessein en dehors de toute éthique et de tout respect pour le conseil des ministres lui-même. Souffrance assumée dignement sans quelle puisse changer d’un iota la ligne tracée pour la campagne électorale.
Une autre vérité réside dans le fait que la résolution du « conflit démocratique » s’est effectuée sans que la société marocaine ne soit divisée. Elle reste, et restera, unie autour de ses fondamentaux et aspire à la stabilité, à l’émancipation, à la démocratie, au développement et à la justice sociale. Si dans l’esprit de certains, la confrontation avec l’autre ne devrait mener qu’à la guerre civile ; c’est que les tenants de cette approche ne sont pas démocrates. Ils ne peuvent tolérer l’autre et n’envisagent la résolution de la concurrence qui anime le « conflit démocratique » que par la violence. Ils ne peuvent promouvoir la démocratie pour notre peuple. Faut-il rappeler qu’au fil du temps, les élections, aussi disputées soient-elles, n’ont jamais constituées « le jour du dernier jugement » quelles que soient les infractions et les dysfonctionnements observées.
Autre vérité est celle qui ne tolère pas l’amalgame entre le Maroc et la Syrie! Semer la peur et la discorde, ne pas reconnaître les avancées du processus démocratique dans notre pays, sa stabilité, mépriser l’intelligence de ses compatriotes par un comportement électoral régressif dans certaines circonscriptions ; tout cela ne peut susciter amour et fraternité. A tout un chacun d’assumer ses choix et ne peut, pour celles et ceux ayant menés l’entreprise de perturbation du champ politique, vouloir faire table rase de ce qui a été fait pour mettre d’autres à genoux, faisant croire à une bipolarisation virtuelle vivement dénoncée.
Encore une vérité qui ne peut les absoudre pour l’entreprise « de démolition de ce qui a été patiemment construit depuis la marche populaire pour la récupération de nos provinces sahariennes: un processus démocratique qui, malgré sa sinuosité, ne cessait de progresser.». Ce tort fait aux Marocaines et aux Marocains devra être reconnu. La révélation de la vérité ne constitue-t-elle pas une condition nécessaire à la réconciliation ? Ou s’agit-il encore d’un leurre ; d’autant plus que les manœuvres développées dans le but de constituer un front de refus s’est soldé par l’échec.
Si réconciliation il faut comme le prônent certains ; on voudra bien savoir comment seront réparées les souffrances et les injustices subies ? Et ne devra-t-on pas, pour les promoteurs de cette idée-leurre, commencer par présenter des excuses et reconnaître la responsabilité des actes commis contre l’évolution graduelle de notre société vers la citoyenneté universelle.
Contrevérité : le temps est enveloppé dans son universalité alors que l’approche est planétaire afin que l’appel « au vivre ensemble » soit lancé ; comme si notre société n’avait pas encore entamée l’exploration « des meilleures voies possibles » pour assurer sa transition démocratique.
Vérité : La dynamique des réformes engagée doit être poursuivie en faisant preuve d’audace et de sagesse afin « d’opérer des ruptures avec le passé, sur la voie de la modernisation et de la démocratisation, et de mettre un terme au recours à la violence dans la gestion des conflits politiques ».