La commune d’Agadir sur la sellette !

Saoudi El Amalki

La commune territoriale d’Agadir vient d’adopter, lors de la session de juillet, la liste de plus de quarante noms de villes palestiniennes que porteraient les rues du fameux quartier d’Al Qods de la capitale du Souss. Une décision communale qui a, Ipso facto, provoqué un large tollé parmi la société civile locale, toutes sensibilités politiques et culturelles confondues. Aussi bien sur les réseaux sociaux que les multiples supports médiatiques, les expressions de remous et d’indignation déferlent, à brides abattues. On a même observé un sit-in de protestation contre ces nominations jugées déplacées et abusives, mardi dernier devant le siège de la commune

Certes, on ne s’attendait pas à une telle riposte de la part de l’intelligentsia locale, d’autant plus que les acteurs amazigh s’y mêlent fortement. On peut toujours comprendre qu’un certain nombre raisonnable de rues du quartier en question soit baptisé en noms de cités palestiniennes. Mais, jusqu’à généraliser cette nomination sur la totalité des rues, cette mesure ne peut que susciter des réactions virulentes dans l’opinion publique locale dont la mémoire collective renferme des symboles et des identifications propres à sa culture et son patrimoine identitaire. Surtout que certains noms palestiniens sont bien inconnus dans le répertoire de la vie quotidienne

Il est bien évident que la Palestine et ses multiples ramifications occupent une place de choix dans le cœur et la raison du peuple marocain. Cet attachement historique à la cause palestinienne n’est plus à incarner ni à afficher partout dans le quotidien. Il est bien ancré dans le tréfonds du citoyen qui, sans relâche, manifeste sa sympathie, sa solidarité et sa compassion pour ses homologues palestiniens, soumis aux tueries barbares des tortionnaires israéliens. On n’a donc plus besoin de mettre en évidence cette réalité saillante, en nommant, d’une manière excessive et maladroite, l’ensemble des rues d’un quartier qui porte déjà le nom de l’une des icônes de la Palestine qu’est Al Qods

Il était alors irréfléchi et démesuré de se comporter exagérément avec l’étymologie répertoriée, à la fois émotive et sensible de l’existentiel. Ceci étant, cette situation incohérente risque de dégénérer dans la rue et tend sans doute, à déstabiliser une société, déjà secouée et malmenée par d’autres problématiques plus pressantes, tel que la cherté de la vie, l’injustice sociale, le renchérissement des rentiers, la carence des investissements publics…On ne peut alors se hasarder à rajouter de l’huile sur le feu par des bavures d’appréciation de la sorte. On ne badine jamais avec l’identité, le patrimoine et l’histoire d’un peuple !